jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202059 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CHATON GRILLON BROCARD GIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 août 2022 et le 12 janvier 2023, M. A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'avis de sommes à payer émis par la commune de Dirol le 25 avril 2022 pour un montant de 200 euros ;
2°) d'annuler la décision du 11 juillet 2022 par laquelle le maire a rejeté le recours gracieux formé contre ce titre exécutoire ;
3°) de condamner la commune de Dirol à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation du préjudice moral subi.
Il soutient que :
- il n'a pas eu information ou communication de l'arrêté du 16 novembre 2005 du maire de Dirol de sorte qu'on ne peut lui reprocher de ne pas le respecter ;
- l'avis de sommes à payer ne précise pas les parcelles concernées ; parmi les photographies communiquées par le maire en réponse à ses interrogations, certains concernent des haies appartenant à un autre propriétaire ; les autres photographies ne permettent pas de démontrer que le broyage n'a pas été réalisé correctement ;
- les dispositions du 1er alinéa de l'article D. 161-24 du code rural et de la pêche maritime ne sont pas applicable dès lors qu'il s'agit d'une haie et non d'arbres ;
- l'alinéa 2 de ces dispositions a été respecté ;
- aucune mise en demeure ne lui a été adressée en méconnaissance de l'alinéa 3 de ces dispositions ;
- la voie communale concernée par les photos produites n'est pas un chemin rural, de sorte que les dispositions de l'article D. 161-24 du code rural et de la pêche maritime et l'arrêté du 16 novembre 2005 ne s'appliquent pas ;
- le défaut d'entretien ne lui est pas imputable dès lors que la parcelle bordant la voie communale C5 sur la photographie ne lui appartient pas.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2022, la commune de Dirol, représentée par la SCP Chaton, Grillon, Brocard, Gire, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'alinéa 2 de l'article D. 161-24 du code rural et de la pêche maritime prévoit que les haies doivent être conduites à l'aplomb de la limite des chemins ruraux ;
- la haie appartenant à M. B déborde largement sur le chemin rural ;
- le maire peut, dans le cadre de ses pouvoirs de police mentionnés à l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, imposer aux riverains de procéder à l'élagage ou à l'abattage des haies dès lors que cela porte atteinte à la commodité du passage ;
- la lettre du 25 novembre 2021 constitue une mise en demeure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Hascoët,
- les conclusions de M. Thierry Bataillard rapporteur public,
- et les observations de Me Gire, représentant la commune de Dirol.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, propriétaire de parcelles agricoles donnés à bail sur le territoire de la commune de Dirol, a reçu un avis de sommes à payer émis par la commune le 25 avril 2022, pour un montant de 200 euros, en raison d'une méconnaissance de l'obligation d'élaguer les haies. Par sa requête, il en demande l'annulation ainsi que l'annulation de la décision du 11 juillet 2022 rejetant son recours gracieux du 6 juillet 2022 et la condamnation de la commune à lui verser une indemnité de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Une collectivité territoriale ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre de perception lui-même, soit par une référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge du débiteur.
3. Le titre exécutoire en litige se borne à indiquer " broyage des haies suite au non-respect de l'arrêté du 16 novembre 2005 " et un montant dû de 200 euros. M. B est ainsi fondé à soutenir que le titre n'est pas suffisamment motivé pour lui permettre de savoir quelles sont les haies concernées par un manquement à l'obligation d'élagage, alors qu'il n'est pas contesté qu'il est propriétaire de plusieurs parcelles sur le territoire de cette commune et que le litige porte notamment sur l'identification des haies concernées par le défaut d'élagage. La circonstance que la commune aurait ultérieurement précisé quelles étaient les haies concernées, en réponse aux interrogations de M. B, est sans incidence sur la régularité du titre. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation du titre exécutoire est fondé.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, le titre exécutoire émis le 25 avril 2022 par la commune de Dirol doit être annulé. La décision du 11 juillet 2022 rejetant le recours gracieux formé par M. B à l'encontre de cet arrêté, qui n'est pas plus motivée que le titre exécutoire, doit également être annulé par voie de conséquence.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. M. B demande la condamnation de la commune de Dirol à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral. Toutefois, il n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de ce préjudice. Par suite, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. B, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par la commune de Dirol et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'avis des sommes à payer n° 11700-2022-24, émis le 25 avril 2022 par la commune de Dirol, est annulé.
Article 2 : La décision du 11 juillet 2022, par laquelle le maire de Dirol a rejeté le recours gracieux de M. B, est annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Dirol sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Dirol.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Nicolet, président,
Mme Pauline Hascoët, première conseillère,
M. Hamza Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
La rapporteure,
P. Hascoët
Le président,
P. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026