jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202264 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ADIDA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 août 2022 et des mémoires enregistrés le 8 mars et le 22 mai 2023, Mme D A épouse C demande au tribunal d'annuler :
- la décision du 28 avril 2022 par laquelle le maire de L'Abergement-Sainte-Colombe lui a délivré un certificat d'urbanisme déclarant non réalisable l'opération projetée, consistant en la création de trois terrains à bâtir sur un terrain cadastré OD-0015 et OD-0017 situé au lieu-dit Champ de Bazin ;
- l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire de L'Abergement-Sainte-Colombe s'est opposé à la déclaration préalable déposée en vue de la division de ce même terrain en vue de la création de trois lots à bâtir ;
- la décision du 3 août 2022 par laquelle le maire de L'Abergement-Sainte-Colombe a rejeté son recours gracieux contre ces décisions.
Elle soutient que :
- elle a déposé en 2020 de précédentes demandes alors que le plan d'occupation des sols (POS) était en vigueur, et un refus infondé lui a été opposé, ce qui l'a conduite à déposer de nouvelles demandes alors que le POS n'était plus en vigueur, ce qui est imputable au comportement de la commune ;
- le maire a considéré à tort que les terrains étaient situés en dehors des parties urbanisées de la commune ;
- la décision est contraire au principe d'égalité de traitement, le maire ayant émis un avis favorable à un projet de construction à proximité de son terrain ;
- le plan local d'urbanisme (PLU) évoqué par le maire dans sa réponse à son recours gracieux n'est pas encore applicable ;
- l'arrêté du 3 mai 2022 est entaché d'un vice de forme ; le maire a altéré l'avis du préfet en y ajoutant des éléments.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2023, la commune de L'Abergement-Sainte-Colombe, représentée par Me Buisson conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme A la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre le certificat d'urbanisme ne sont pas recevables, ce certificat n'ayant pas le caractère d'une décision de refus ;
- la commune est en situation de compétence liée du fait de l'existence d'un avis conforme défavorable du préfet, les moyens dirigés contre la décision du maire et non contre l'avis du préfet sont inopérants, qu'ils soient d'illégalité externe ou d'illégalité interne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,
- les observations de Me Buisson, représentant la commune de L'Abergement-Sainte-Colombe.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire de deux parcelles cadastrées OD-0015 et OD-0017 situées au lieu-dit Champ de Bazin dans la commune de L'Abergement-Sainte-Colombe. Par décision du 28 avril 2022 le maire de L'Abergement-Sainte-Colombe lui a délivré un certificat d'urbanisme déclarant non réalisable l'opération projetée, consistant en la création de trois lots à bâtir sur ce terrain. Puis, par arrêté du 3 mai 2022, il s'est opposé à la déclaration préalable déposée en vue de la division de ce même terrain pour la création de trois lots à bâtir, après avis conforme défavorable du préfet de Saône-et-Loire ; enfin, par décision du 3 août 2022, le maire de L'Abergement-Sainte-Colombe a rejeté le recours gracieux formé par la requérante contre ces décisions. Mme A doit être regardée, par ses écritures, comme demandant l'annulation de ces trois décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente () pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu (). Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif () ". Selon l'article L. 422-5 du même code : " Lorsque le maire () est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu () ".
3. Il ressort de ces dispositions que la commune conserve sa compétence en matière d'autorisation de construire dès lors qu'elle s'est dotée d'un plan d'occupation des sols, même si celui-ci est devenu caduc, comme c'est le cas en l'espèce, le plan d'occupation des sols de la commune de L'Abergement-Sainte-Colombe n'étant plus applicable depuis le 1er janvier 2021. Dans un tel cas, le maire doit saisir le préfet pour avis conforme, ce qui le place en situation de compétence liée. Le moyen tiré du vice de forme qui entacherait l'arrêté du 3 mai 2022 est par suite inopérant.
4. En deuxième lieu, Mme A ne peut utilement se fonder, pour demander l'annulation des décisions attaquées, sur les circonstances dans lesquelles de précédents refus ont été opposés à des demandes de certificat d'urbanisme puis de permis de construire, déposées en mai et juin 2020 pour la réalisation de l'opération envisagée, quand bien même ces décisions de refus auraient été illégales.
5. En troisième lieu, les vices propres dont est susceptible d'être affectée la décision du 3 août 2022 rejetant le recours gracieux de Mme A ne peuvent être utilement invoqués.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ". Ces dispositions interdisent en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions implantées en dehors des " parties urbanisées de la commune ", c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4 du même code, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune.
7. En l'espèce, les deux parcelles sur lesquelles Mme A entend construire trois maisons se situent en bordure d'une voie publique le long de laquelle existent quinze à vingt habitations, dont la plupart sont toutefois de l'autre côté de la voie. Ces parcelles prennent place dans un vaste compartiment de terrain à l'écart du bourg, très peu construit et à vocation essentiellement agricole. Les parcelles en cause ne peuvent dès lors, quand bien même elles sont desservies par les réseaux, être regardées comme incluses dans les parties urbanisées de la commune. Par suite, les décisions en litige ne font pas une inexacte application des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme.
8. Enfin, si Mme A soutient qu'un projet similaire au sien a été accepté en début d'année 2022 dans une autre zone de la commune, une telle circonstance ne permet pas de révéler par elle-même une rupture illégale du principe d'égalité de traitement.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions en annulation de
Mme A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de
Mme A la somme que demande la commune de L'Abergement-Sainte-Colombe au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de L'Abergement-Sainte-Colombe au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A épouse C, à la commune de L'Abergement-Sainte-Colombe et au préfet de Saône-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
M. Irénée Hugez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026