jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202277 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LEGIPLANET AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 août 2022, M A C représenté par
Me Abramowitch, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision révélée le 4 juillet 2022 de la communauté de communes Grand Autunois Morvan de procéder au défrichement de la parcelle cadastrale n°0508 sise sur la commune de Dracy-Saint-Loup ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes Grand Autunois Morvan une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arbres en bordure de sa propriété ont été marqués à la peinture orange, ce qui indique qu'ils vont être abattus de manière imminente ;
- la décision portant abattage des arbres a été prise au terme d'une procédure irrégulière faute d'avoir été précédée d'une évaluation environnementale, d'une étude d'incidence Natura 2000 et d'une enquête publique ;
- aucune autorisation de défrichement n'a été accordée ni affichée sur le terrain.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2024, la communauté de communes Grand Autunois Morvan demande au tribunal de rejeter la requête et de mettre à la charge de
M. C une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le requérant ne démontre pas son intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code forestier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont seuls été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de Mme B, les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C exploite une activité d'hébergement et restauration installée dans l'ancienne gare de Dracy-Saint-Loup, (71) et sur les parcelles 509 à 512. La parcelle 508, située juste en face de cette exploitation, est une dépendance du domaine public ferroviaire, et a été mise à disposition de la communauté de communes Grand Autunois Morvan par SNCF Réseau dans le cadre d'un projet de création d'une voie verte le long du tronçon de voie ferrée d'Autun à Avallon. M. C a été informé par le maire de Dracy-Saint-Loup que, pour la mise en œuvre de ce projet, des arbres du bosquet se trouvant sur la parcelle 508 seraient abattus afin de pouvoir aménager une piste cyclable. M. C demande l'annulation de la décision " révélée le 4 juillet 2022 de la communauté de communes Grand Autunois Morvan de procéder au défrichement de la parcelle cadastrale n°508 ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, contrairement à ce qui est soutenu, la parcelle 508 de Dracy-Saint-Loup ne se trouve pas au sein de la zone Natura 2000 " Gîtes et habitats à chauves-souris en Bourgogne ", dont la limite la plus proche se trouve à plusieurs kilomètres. En outre, selon l'étude réalisée à la demande de la communauté de communes pour l'ensemble du tracé de la voie verte, l'impact sur la biodiversité de ce projet ne sera pas significatif. Par suite, le moyen tiré de la nécessité d'une évaluation des incidences Natura 2000 en application de l'article L. 414-4 du code de l'environnement doit être écarté.
3. En deuxième lieu, selon le tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement, ne sont soumis à évaluation environnementale de manière systématique que les seuls défrichements de plus de 25 ha ; en outre, relèvent d'un examen au cas par cas les défrichements de plus de 0,5 ha. En l'espèce, les arbres à couper ne représentent qu'une petite partie de la végétation présente sur la parcelle, soit un peu moins de 2 000 mètres carrés sur une parcelle d'environ 2 hectares. Le moyen de la nécessité d'une évaluation environnementale et par voie de conséquence d'une enquête publique, ou d'une décision dispensant d'une telle évaluation après examen au cas par cas, ne peut qu'être écarté, dans toutes ses branches.
4. En dernier lieu, selon l'article L. 214-13 du code forestier : " Les collectivités et autres personnes morales mentionnées au 2° du I de l'article L. 211-1 ne peuvent faire aucun défrichement dans leurs bois et forêts, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, sans autorisation de l'autorité administrative compétente de l'Etat. Les articles L. 341-1 et L. 341-2 leur sont applicables ". Et selon l'article L. 341-1 du même code : " Est un défrichement toute opération volontaire ayant pour effet de détruire l'état boisé d'un terrain et de mettre fin à sa destination forestière. Est également un défrichement toute opération volontaire entraînant indirectement et à terme les mêmes conséquences, sauf si elle est entreprise en application d'une servitude d'utilité publique ".
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'opération en litige ne consiste pas à abattre tous les arbres du bosquet présent sur la parcelle 508 mais seulement ceux qui se trouvent sur le tracé de la voie verte, qui occupera environ 10% de la surface totale de la parcelle. Ce bosquet est au demeurant constitué d'une végétation récente, qui n'existait pas en 1985 et ne constitue pas davantage une partie d'un ensemble boisé. Par suite, cette opération ne constitue pas une opération de défrichement au sens de l'article L. 341-1 du code forestier. Les moyens tirés de l'absence d'autorisation de défrichement et d'affichage d'une telle autorisation sur le terrain doivent dès lors être écartés.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la communauté de communes Grand Autunois Morvan, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. C de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C la somme que demande la communauté de communes Grand Autunois Morvan au titre des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes Grand Autunois Morvan au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et la communauté de communes Grand Autunois Morvan.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
N°2202277
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026