mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202403 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 septembre 2022 et 11 avril 2023, Mme A D, représentée par la SCP Clémang, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a implicitement rejeté sa demande tendant à la modification de l'état civil mentionné sur sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer une carte de résident établie sous sa véritable identité dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Elle soutient que :
- en l'absence de communication des motifs de la décision implicite litigieuse, celle-ci doit être regardée comme n'étant pas motivée ;
- elle a communiqué à l'administration les documents de nature à établir son état civil, notamment un acte de naissance apostillé et un passeport délivré par les autorités arméniennes et souhaite que sa véritable identité soit rétablie ;
- une erreur a été commise dans la transcription de son nom patronymique ;
- aucune circonstance ne fait obstacle à ce que l'administration lui délivre un titre de séjour mentionnant son identité réelle ;
- la décision attaquée est ainsi entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet ne peut lui opposer, pour rejeter sa demande tendant à la modification de l'état civil porté sur son titre de séjour, la circonstance que ce titre de séjour a été obtenu frauduleusement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée ne peut qu'être écarté dès lors que le titre de séjour dont Mme D est titulaire a été obtenu par fraude ;
- le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut être invoqué à l'égard d'une décision implicite ;
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 31 mars 2023 la clôture d'instruction a été fixée au 14 avril 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique,
- le rapport de Mme Zeudmi Sahraoui, rapporteure,
- et les observations de Me Clemang représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. La requérante est entrée en France, selon ses déclarations, le 30 janvier 2008 sous l'identité de Mme A E née B, ressortissante azerbaïdjanaise. Elle a obtenu la délivrance d'un titre de séjour à compter du 20 juillet 2010 et est actuellement titulaire d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " valable du 15 décembre 2017 au 14 décembre 2027. Par un courrier du 30 décembre 2021, la requérante a informé le préfet de Saône-et-Loire de que sa véritable identité était Mme A D née C et qu'elle était de nationalité arménienne. Elle sollicitait alors la modification de l'état civil mentionné sur sa carte de résident et la délivrance d'une nouvelle carte de résident établie sous sa véritable identité. Par sa requête, l'intéressée demande l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de faire droit à sa demande.
Sur la légalité de la décision attaquée et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
2. Aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil. ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. () ".
3. Le préfet de Saône-et-Loire a refusé de procéder à la rectification sollicitée au motif que la requérante avait commis une fraude en déclarant une fausse identité à l'appui de sa demande de titre de séjour. Mme D, qui soutient que le préfet ne pouvait lui opposer l'existence d'une fraude dès lors qu'elle s'est dénoncée spontanément et que l'administration n'a entrepris aucune démarche pour procéder au retrait de sa carte de résident, doit être regardée comme soutenant que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit. Il est en effet constant que le préfet de Saône-et-Loire n'a pas retiré la carte de résident dont Mme D est actuellement titulaire. Il lui appartenait ainsi d'apprécier l'authenticité des pièces produites par l'intéressée à l'appui de sa demande tendant à la modification de son état civil et ne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, lui opposer la circonstance que son titre de séjour a été obtenu par fraude.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande tendant à la modification de l'état civil mentionné sur sa carte de résident.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement implique seulement que le préfet de Saône-et-Loire réexamine la demande de Mme D. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de modifier l'état civil porté sur la carte de résident de Mme D est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Saône-et-Loire de réexaminer la demande de Mme D dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au préfet de Saône-et-Loire.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.
La rapporteure,
N. ZEUDMI SAHRAOUI
Le président,
Ph. NICOLET La greffière,
L. CUROT
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026