mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202455 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2022, Mme C B A, représentée par Me Grenier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus opposée par le préfet de la Côte-d'Or à sa demande de renouvellement de son titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de faire injonction au préfet de la Côte-d'Or de statuer sur sa demande dans les quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance à venir et de lui remettre, dans le même délai, un document provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence, qui est d'ailleurs présumée en la matière, est caractérisée, dès lors que la décision attaquée le place dans une situation d'extrême précarité, ce d'autant que le récépissé qui lui a été remis ne l'autorise pas à travailler ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, laquelle :
•méconnaît les articles L. 423-7 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
•subsidiairement, est entachée d'un défaut de motivation, le préfet n'en ayant pas communiqué les motifs en dépit d'une demande en ce sens présentée le 1er juin 2022.
La requête a été communiquée au préfet de la Côte-d'Or, qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2201801, enregistrée le 11 juillet 2022.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lelong, greffière d'audience :
- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;
- les observations de Me Grenier, pour Mme B A, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans la requête, sollicitant en outre le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B A, née en 1995 et de nationalité angolaise, est entrée en France en 2011 et, après avoir obtenu de ce tribunal l'annulation de deux mesures d'éloignement, par jugements n° 1600688 du 22 juillet 2016 et n° 1803355 du 5 mars 2019, cela pour des motifs de fond, s'est vu délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 24 août 2021. Elle demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus opposée par le préfet de la Côte-d'Or à sa demande de renouvellement de ce titre de séjour.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu d'admettre Mme B A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 11 juillet 1990 visée ci-dessus.
Sur la demande de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article R. 522-1 du même code dispose, en son premier alinéa : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
4.En premier lieu, il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Toutefois, cette condition d'urgence doit en principe être constatée dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait de titre de séjour.
5.En l'espèce, et alors, au surplus, que le préfet de la Côte-d'Or n'a pas présenté d'observations écrites ni dépêché un représentant à l'audience publique, l'examen des pièces du dossier ne fait pas apparaître l'existence de circonstances particulières de nature à faire échec à la présomption d'urgence rappelée au point précédent. La condition d'urgence est donc remplie.
6. En second lieu, les moyens tirés du défaut de motivation, de la méconnaissance de l'article L. 421-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du même code se révèlent propres à susciter, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme B A est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus opposée à sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. L'article L. 911-1 du code de justice administrative prévoit en son premier alinéa que le juge, saisi de conclusions en ce sens, prescrit les mesures d'exécution qu'implique nécessairement sa décision. Le second alinéa du même texte lui permet cependant, en tant que de besoin, de prescrire d'office de telles mesures.
9. En l'espèce, si Mme B A sollicite seulement que le préfet de la Côte-d'Or statue par une nouvelle décision sur sa demande de titre de séjour, les moyens retenus au point 6 comme étant de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée permettent, eu égard à leur portée et alors que la situation de la requérante est demeurée inchangée, de dicter d'office le sens de cette décision et, par conséquent, de faire injonction au préfet de la Côte-d'Or de délivrer à Mme B A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable pendant la durée de l'instance au fond n° 2201801. Il y a lieu d'impartir au préfet de la Côte-d'Or un délai d'un mois pour satisfaire à cette injonction. La présente ordonnance implique également que Mme B A soit munie sous huitaine, dans l'attente de la remise effective de son titre de séjour, d'un récépissé l'autorisant à exercer une activité professionnelle, conformément aux dispositions de l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative combiné avec l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision implicite de refus opposée par le préfet de la Côte-d'Or à la demande de titre de séjour de Mme B A est suspendue.
Article 3 : Il est fait injonction au préfet de la Côte-d'Or de délivrer à Mme B A un titre de séjour " vie privée et familiale " valable jusqu'à ce que le tribunal statue sur la requête au fond n° 2201801, cela dans le mois suivant la notification de la présente ordonnance et, en attendant, dans le délai de huit jours, de munir l'intéressée d'un récépissé valant autorisation provisoire de séjour avec mention du droit à l'exercice d'une activité professionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B A, à Me Grenier, au préfet de la Côte-d'Or et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Dijon, le 5 octobre 2022.
Le juge des référés,
David Zupan
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026