vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202544 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | CH 1 JU |
| Avocat requérant | TUPINIER ALEXIS |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 29 septembre 2022, la présidente de la 1ère chambre du tribunal administratif de Lille a transmis, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le dossier de la requête enregistrée au greffe de cette juridiction le 27 juillet 2022 sous le n° 2205720, présentée par M. B A.
Par cette requête, désormais enregistrée sous le n° 2202544, M. B A, représenté par Me Tupinier, a demandé au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel la sous-préfète de Calais a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui restituer, sans délai, son permis de conduire sous astreinte de 1 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle ne satisfait pas à l'obligation d'une motivation personnalisée ;
- elle a été prise plus de cent-vingt heures après avoir procédé à la rétention de son permis de conduire en méconnaissance de l'article L. 224-2 du code de la route ;
- la mesure contestée est disproportionnée et ne tient aucun compte de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît le principe de la présomption d'innocence ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le procès-verbal n'est pas joint à la procédure, qu'il n'a pas été entendu et que les résultats de l'analyse biologique ne lui ont pas été notifiés conformément aux articles L. 235-2 et R. 235-5 du code de la route.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Seul le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 mai 2022, M. A a été intercepté lors d'un contrôle routier de gendarmerie. Testé positif au cannabis au moyen d'un prélèvement salivaire, il a fait l'objet d'une rétention immédiate de son permis de conduire. Par un arrêté du 20 juin 2022, la sous-préfète de Calais a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois. Par la présente requête M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. M. A soutient que M. Roeschert, secrétaire général de la sous-préfecture de Calais, était incompétent pour signer l'arrêté attaqué.
3. D'une part, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier.
4. D'autre part, aux termes de l'article 1er de l'arrêté préfectoral n° 2021-11-60 du 4 novembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Délégation est donnée à Mme F G, sous-préfète de Calais, à l'effet de signer, au titre des missions dévolues à l'administration préfectorale dans les limites de son arrondissement sauf exceptions expressément définies, tous arrêtés, décisions et documents dans les matières suivantes : / () / B. Police générale : / () / 8° Arrêtés de suspension provisoire immédiate ou non du permis de conduire pour une durée maximale d'un an en application des articles L. 224-1, alinéa 6, et L. 224-2, alinéas 5 et 6, du code de la route pour les arrondissements de Calais et de Saint-Omer et le traitement des recours gracieux ". Aux termes de l'article 3 l'arrêté précité : " délégation est accordée à M. D E, attaché hors classe, secrétaire général de la sous-préfecture de Calais, à l'effet de signer toutes pièces entrant dans le champs d'application de la délégation de signature conférée à Mme F G, sous-préfète de Calais / () ".
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du mémoire en défense du préfet du Pas- de-Calais, que la mesure de suspension du permis de conduire en litige a été édictée en application de l'article L. 224-7 du code de la route. Or il résulte de l'article 1er de l'arrêté préfectoral n° 2021-11-60 du 4 novembre 2021 cité au point 4 que les décisions de suspension provisoire de permis de conduire prises sur le fondement de l'article L. 224-7 du code de la route n'entraient pas dans le champ d'application de la délégation consentie par le préfet du Pas-de-Calais à la sous-préfète de Calais. Dans ces conditions, et dès lors que M. E ne pouvait légalement, en vertu de l'article 3 du même arrêté du 4 novembre 2021, signer une décision pour laquelle la sous-préfète de Calais n'était titulaire d'aucune délégation, M. A est fondé à soutenir que l'arrêté du 20 juin 2022 attaqué est entaché d'incompétence et à en demander l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. L'exécution de ce jugement implique nécessairement que son permis de conduire soit restitué à M. A. Il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder à cette restitution dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 20 juin 2022 par lequel la sous-préfète de Calais a suspendu la validité du permis de conduire de M. A pour une durée de six mois est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Pas-de-Calais de restituer son permis de conduire à M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Pas-de-Calais et, conformément à l'article R. 751-10 du code de justice administrative, au procureur de la république près le tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
O. CLa greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026