mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202636 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | GRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2022, M. A D, représenté par Me Grenier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en violation de son droit d'être entendu prévu par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est en outre entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est en outre entachée d'une erreur d'appréciation ;
- la décision d'interdiction de retour a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est en outre entachée d'une erreur d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté d'assignation à résidence " est illégal ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boissy, président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 12 octobre 2022 à 9h30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Grenier, représentant M. D, qui a développé oralement les moyens invoqués dans la requête et présenté des nouveaux moyens en faisant valoir que la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'un défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé, d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de fait, que la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur de fait, que la décision d'interdiction de retour est entachée d'une erreur de fait et que l'arrêté d'assignation à résidence a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est disproportionné.
- les observations de M. C, représentant le préfet, qui soutient que les nouveaux moyens soulevés par M. D à l'audience ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant congolais né en 1996 est entré irrégulièrement en France, selon ses déclarations, le 22 février 2018, a présenté une demande de protection internationale qui a été successivement rejetée, selon la procédure accélérée, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) les 31 mai 2019 et 27 septembre 2019. Par un arrêté du 13 août 2019, le préfet de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi. L'intéressé n'a toutefois pas exécuté cette mesure d'éloignement et s'est ensuite maintenu irrégulièrement sur le territoire national. Par un arrêté du 5 octobre 2022, pris à la suite de son interpellation survenue le même jour, le préfet de la Côte-d'Or a obligé M. D à quitter le territoire sans délai en fixant le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Côte-d'Or a par ailleurs assigné l'intéressé à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours. M. D demande l'annulation de ces deux arrêtés du 5 octobre 2022.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. La présente requête présente les caractéristiques de l'urgence prévue par les dispositions citées au point 2. Il y a donc lieu d'admettre, à titre provisoire, M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".
5. S'il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que l'article 41 s'adresse, non pas aux Etats membres, mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union, de sorte que le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant, il résulte cependant de cette même jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, et qu'il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. D, préalablement à l'édiction de la décision d'éloignement prise à son encontre, a été entendu par les services du commissariat de Chenôve et que le procès-verbal d'audition a été communiqué au préfet de la Côte-d'Or. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier des mentions figurant sur le procès-verbal d'audition du 5 octobre 2022, que M. D aurait fait part des démarches qu'il a effectuées à l'été 2021 auprès des services de la préfecture de Saône-et-Loire et sur la plateforme dédiée du ministère de l'intérieur tendant à obtenir un titre de séjour en qualité de salarié. En ne tenant pas compte de démarches qui n'avaient pas été portées à sa connaissance et qui, au demeurant, ayant été accomplies plus d'un an auparavant, étaient nécessairement restées infructueuses compte tenu de l'écoulement des délais, le préfet de la Côte-d'Or n'a ainsi pas entaché sa décision d'un défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé.
8. En troisième lieu, la décision d'éloignement comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle n'a dès lors pas méconnu les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
9. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier des termes mêmes de la décision attaquée, que le préfet de la Côte-d'Or, en ne faisant pas état d'une décision implicite rejetant une demande de titre de séjour présentée devant le préfet de Saône-et-Loire au cours de l'été 2021, aurait entaché sa décision d'une erreur de fait.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier que M. D n'a été autorisé à se maintenir sur le territoire français que le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile et n'a ensuite pas tiré les conséquences du refus de protection internationale ni exécuté la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet en août 2019 et qu'il s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français depuis lors. En décidant de construire puis de poursuivre une vie familiale en France alors qu'il était présent sur le territoire national de manière irrégulière, le requérant a fait un choix personnel dont il ne peut pas aujourd'hui se prévaloir pour mettre l'Etat devant le fait accompli.
12. Ensuite, le requérant, qui a vécu la majeure partie de sa vie au Congo, n'apporte pas d'éléments sérieux de nature à prouver qu'il serait inséré personnellement, socialement et professionnellement, de manière significative, au sein de la société française.
13. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier que M. D a eu avec sa compagne, Mme E, de nationalité congolaise et qui séjourne de manière irrégulière sur le territoire national, deux enfants nés les 30 juillet 2020 et 16 septembre 2022 et que sa compagne a par ailleurs eu d'une précédente union un fils, né le 27 octobre 2018, qui présenterait des " troubles ", il n'existe cependant, à la date du présent jugement, aucun élément sérieux faisant obstacle à ce que l'ensemble de la cellule familiale se reconstitue au Congo.
14. Compte tenu de l'ensemble de ce qui vient d'être dit aux points 11 à 13, la décision d'éloignement n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Le préfet de la Côte-d'Or n'a pas davantage, dans les circonstances particulières de l'espèce, entaché cette décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
16. Compte tenu de ce qui vient d'être dit au point 13, la décision d'éloignement n'implique pas nécessairement que les deux enfants du couple soient séparés de l'un ou de l'autre de leurs parents. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
17. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 9 à 16, et en tout état de cause, les moyens tirés de l'erreur de fait, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la violation des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
18. En second lieu, en vertu des dispositions combinées du 3° de l'article L. 612-2 et du 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire lorsqu'il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. Sauf circonstance particulière, un tel risque est établi lorsque l'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement.
19. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 1 et 11 à 13, le préfet de la Côte-d'Or n'a en l'espèce pas commis d'erreur d'appréciation en refusant d'accorder à M. D un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi :
20. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
21. M. D, dont la demande de protection internationale a été successivement rejetée par l'OFPRA et la CNDA, ainsi qu'il a été dit au point 1, n'établit pas, par les seuls documents qu'il a produits, la réalité ou l'actualité de risques qu'il serait susceptible d'encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision d'interdiction de retour :
22. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 9 à 16, et en tout état de cause, les moyens tirés de l'erreur de fait, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la violation des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
23. En second lieu, en vertu des articles L. 613-2, L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger et sauf si des circonstances humanitaires y font manifestement obstacle, l'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de sa notification, en tenant compte, pour fixer la durée de cette interdiction de retour, de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.
24. Il ne ressort pas des pièces du dossier et de ce qui a été dit aux points 8 et 10 que le préfet de la Côte-d'Or, en estimant qu'il n'existait pas de considérations humanitaires propres à justifier que la mesure d'éloignement prononcée à l'encontre de M. D ne soit pas assortie d'une interdiction de retour, aurait commis une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté d'assignation à résidence :
25. En premier lieu, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'égard de l'arrêté d'assignation à résidence et doit dès lors être écarté pour ce motif.
26. En second lieu, aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".
27. M. D, assigné à résidence dans le département de la Côte-d'Or, sur le territoire de la commune de Talant, où il réside, n'a produit aucun élément sérieux de nature à établir qu'il serait dans l'impossibilité de se rendre au commissariat de police situé 2 place Suquet, à Dijon, chaque jour -sauf les dimanche et jours fériés- entre 8 heures et 9 heures. Les modalités d'application de la mesure d'assignation ne sont dès lors pas disproportionnées.
28. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
29. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. D au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de la Côte-d'Or.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
L. BLa greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026