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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2202719

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2202719

jeudi 16 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2202719
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2022, M. C A, représenté par Me Nourani, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2022 par lequel le préfet de l'Yonne a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Yonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. A soutient que :

- la décision de refus de séjour est entachée d'incompétence, d'une insuffisance de motivation en fait et en droit, d'un vice de procédure en l'absence de consultation de la commission du titre de séjour, d'une méconnaissance du droit d'être entendu et des droits de la défense, d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle alors qu'il remplit les conditions d'une admission exceptionnelle au séjour et d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence, d'une insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours est entachée d'incompétence, d'une insuffisance de motivation, d'un défaut de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'incompétence, d'une insuffisance de motivation, d'un défaut de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 novembre 2022 et 7 février 2023, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure avocats, conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail ;

- le protocole relatif à la gestion concertée des migrations signé le 28 avril 2008 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République tunisienne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Nourani, représentant M. A,

- et les observations de Me Rannou, représentant le préfet de l'Yonne.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant de nationalité tunisienne né le 3 février 1971, déclare être entré en France en 2006, via l'Italie. Par un arrêté du 17 juin 2008, le préfet des Alpes-Maritimes a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Par un arrêté du 26 mars 2016, le préfet de Seine-Saint-Denis a pris un arrêté portant obligation de quitter le territoire sans délai assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Le 9 mars 2021, M. A a formé une demande d'admission exceptionnelle au séjour en se prévalant de sa présence en France depuis 2006. Par un arrêté du 15 septembre 2022, le préfet de l'Yonne a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 6 janvier 2023, ses conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

3. En premier lieu, en vertu d'un arrêté du 25 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 26 août suivant, le préfet de l'Yonne a donné délégation à Mme D E, sous-préfète, secrétaire générale de la préfecture de l'Yonne, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

4. En second lieu, l'arrêté attaqué vise les textes internationaux et nationaux applicables et énonce les éléments de fait, propres à la situation personnelle de M. A, sur lesquels le préfet de l'Yonne a fondé sa décision. Cet arrêté, dont la rédaction n'est pas stéréotypée, comporte ainsi l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision de refus de séjour :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " () Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

6. M. A se prévaut d'une résidence habituelle en France depuis seize ans. Toutefois, alors que l'intéressé, ainsi qu'il a été dit au point 1, a fait l'objet de mesures d'éloignement du territoire français en 2008 et 2016, les pièces produites à l'appui de sa requête sont trop ponctuelles ou sporadiques pour établir une résidence habituelle sur le territoire français au titre de la période 2012 à 2018 et, surtout, ne permettent pas de justifier d'une résidence en France avant le mois de novembre au titre de l'année 2019, ni au titre de la période juin à novembre 2020. Dans ces conditions, le requérant, qui ne justifie pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée, n'est pas fondé à soutenir que le préfet était tenu de soumettre sa demande pour avis à la commission du titre de séjour. Par suite, le vice de procédure allégué doit être écarté.

7. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

8. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A, qui a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour, aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de présenter spontanément des observations avant que ne soit prise la décision en litige ni même, au demeurant, qu'il disposait d'autres éléments pertinents tenant à sa situation personnelle que ceux déjà indiqués à l'autorité préfectorale et qui, s'ils avaient pu être communiqués à temps, auraient été susceptibles d'influer sur le sens de la décision prise. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé du droit d'être entendu.

9. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, motivée ainsi qu'il a été dit au point 4, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. A préalablement à l'édiction de la décision de refus de séjour.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Aux termes de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien visé ci-dessus : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" ". Aux termes de l'article 11 de ce même accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. / Chaque État délivre notamment aux ressortissants de l'autre État tous titres de séjour autres que ceux visés au présent Accord, dans les conditions prévues par sa législation ".

11. Si l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et le protocole du 28 avril 2008 régissent de manière intégrale la situation des ressortissants tunisiens au regard de leur droit au travail, et par suite, de la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité de salarié de telle sorte que les dispositions de l'article L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la régularisation exceptionnelle par le travail ne trouvent pas à s'appliquer, il n'en va toutefois pas de même des dispositions du même article relatives à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour pour laquelle ni les stipulations de l'accord franco-tunisien ni celles du protocole précités ne prévoient de dispositions spécifiques applicables à ces ressortissants.

12. En l'espèce, M. A se prévaut de sa présence en France depuis seize ans. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 6, les pièces produites par l'intéressé, qui a fait l'objet de mesures d'éloignement en 2008 et 2016, attestent d'une présence ponctuelle ou intermittente entre 2012 et 2018 et ne permettent pas de justifier de sa présence en France avant le mois de novembre au titre de l'année 2019, ni pour la période de juin à novembre 2020. En outre, l'intéressé se prévaut de son insertion professionnelle au cours de cette période en faisant valoir qu'il travaille dès qu'il le peut dans les secteurs du bâtiment et de la restauration. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 11, le requérant, ressortissant tunisien dont la situation est intégralement régie dans ce domaine par l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et le protocole du 28 avril 2008, ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour demander une régularisation exceptionnelle par le travail. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A, célibataire et sans charge de famille, n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents. Dans ces conditions, le requérant, qui ne justifie ni de considérations humanitaires ni de motifs exceptionnels, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. M. A fait valoir qu'il vit sur le territoire français depuis seize ans, qu'il a tissé des liens sociaux et amicaux en France où se situent désormais le centre de ses intérêts. Toutefois, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, la présence habituelle en France de l'intéressé n'est établie, pour la période récente, qu'à compter de la fin de l'année 2019. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, qui ne comporte aucun élément récent dans ce domaine, que le requérant justifierait d'une intégration professionnelle particulière. Enfin, alors que les liens sociaux et amicaux allégués en France ne sont pas démontrés, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A, célibataire et sans enfant à charge sur le territoire français, serait isolé dans son pays d'origine où résident ses parents. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, motivée ainsi qu'il a été dit ci-dessus, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. A préalablement à l'édiction de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

16. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le requérant n'établit pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire.

18. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, motivée ainsi qu'il a été dit ci-dessus, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. A préalablement à l'édiction de la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours.

19. En dernier lieu, le requérant, qui ne fait état d'aucune circonstances particulières de nature à justifier l'octroi d'un délai de départ volontaire d'une durée supérieure, n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de renvoi :

20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le requérant n'établit pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi.

21. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2022, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de l'Yonne et à Me Nourani.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 23 février 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- M. Blacher, premier conseiller,

- Mme Desseix, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.

Le rapporteur,

S. BLe président,

L. Boissy

La greffière,

E. Herique

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier

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