LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2202841

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2202841

jeudi 25 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2202841
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantPOTIER MURIEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 octobre 2022 et 27 avril 2023, Mme C A, représentée par Me Potier, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de l'agglomération de Nevers à lui verser une indemnité de 175 204,37 euros au titre des préjudices subis à la suite d'une intervention chirurgicale réalisée le 22 octobre 2015 ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de l'agglomération de Nevers le versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- en laissant plus de deux ans une pince chirurgicale dans son abdomen à l'issue de l'opération pratiquée le 22 octobre 2015 et en procédant ensuite à l'extraction de cette pince hors milieu aseptisé et sans son consentement éclairé, le centre hospitalier de l'agglomération de Nevers a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité ;

- elle a subi des préjudices évalués à une somme globale de 175 204,37 euros résultant des complications post-opératoires infectieuses.

Par un mémoire enregistré le 17 novembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Côte-d'Or demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de l'agglomération de Nevers à lui verser une somme de 398 100,99 euros au titre des prestations médicales de son assurée Mme A, outre la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

La CPAM de la Côte-d'Or soutient que :

- en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, elle a droit au remboursement des prestations qu'elle a servies à son assurée sociale dès lors que celle-ci a été victime d'une faute médicale engageant la responsabilité du centre hospitalier de l'agglomération de Nevers ;

- les débours qu'elle a exposés et qui sont en lien direct avec la faute commise s'élèvent à 398 100,99 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2023, le centre hospitalier de l'agglomération de Nevers, représenté par Me Geslain, demande au tribunal de réduire les prétentions de Mme A et de la CPAM de la Côte-d'Or.

Le centre hospitalier soutient que :

- l'évaluation des préjudices de Mme A doit faire application d'un taux de perte de chance de 90 % ;

- le montant de sa condamnation ne doit pas excéder 60 580,12 euros ;

- le montant des débours de la CPAM doit être évalué à 339 425,60 euros, outre une somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bois,

- les conclusions de M. B,

- et les observations de Me Dandon pour le centre hospitalier de l'agglomération de Nevers.

Considérant ce qui suit :

1. Le 17 février 2015, Mme A a été opérée pour une cure d'éventration. En raison d'une récidive, elle a dû subir une nouvelle intervention chirurgicale le 22 octobre 2015 au centre hospitalier de l'agglomération de Nevers. Une échographie réalisée le 18 septembre 2017 a révélé un abcès et la présence d'un corps étranger, en l'occurrence une pince chirurgicale, au niveau du foyer opératoire. Ce corps étranger a été extrait par le chirurgien, lors d'une consultation, le 11 octobre 2017. L'état général de Mme A s'est ensuite dégradé et un scanner thoraco-abdomino-pelvio a révélé une péritonite qui a nécessité une intervention en urgence le 13 octobre 2017 pour laparotomie, résection d'anastomoses du grêle et fermeture de hernie du flanc gauche. L'intéressée a, après une hospitalisation au centre hospitalier d'Auxerre pour un choc septique en post-opératoire, présenté une fistule entéro-cutanée persistante puis a été transférée au centre hospitalier de Clermont-Ferrand où elle est restée jusqu'au 29 mai 2018 et où elle a subi deux nouvelles interventions chirurgicales les 29 octobre 2017 et 1er mai 2018. Estimant avoir été victime de fautes médicales du centre hospitalier de l'agglomération de Nevers, Mme A a d'abord sollicité une expertise, ce à quoi il a été fait droit par ordonnance du juge des référés de ce tribunal n° 2001166 du 10 juin 2020, puis, au vu des conclusions de l'expert, qui a déposé son rapport le 1er février 2022, a saisi le centre hospitalier de l'agglomération de Nevers, le 1er juillet 2022, d'une réclamation indemnitaire à laquelle ce dernier a opposé une décision implicite de refus. Mme A demande dès lors la condamnation de cet établissement à lui verser une indemnité totale de 175 204,37 euros en réparation des conséquences dommageables de sa prise en charge médicale. La CPAM de la Côte-d'Or, à laquelle elle est affiliée, réclame pour sa part le remboursement de prestations chiffrées à 398 100,99 euros, outre 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Sur la responsabilité :

En ce qui concerne l'existence de fautes :

2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

3. Il résulte de l'instruction que Mme A été opérée le 20 mars 2014 d'une stigmoïdectomie avec fermeture du bout d'aval et confection d'une colostomie iliaque gauche terminale. Le 17 décembre 2014, lors d'une consultation, elle présentait une éventration importante sur l'ancienne colostomie iliaque gauche. Le 17 février 2015, elle a été opérée pour une cure d'éventration et une nouvelle intervention de même nature a été pratiquée huit mois plus tard, le 22 octobre 2015. Le 22 mai 2017, face au constat d'une induration sus-omibilicale douloureuse, une première échographie de paroi a été réalisée, qui a révélé un abcès. Une seconde échographie pratiquée le 18 septembre 2017 a permis de détecter la présence d'un corps étranger, une pince chirurgicale. Le chirurgien qui avait effectué les précédentes opérations a alors pris l'initiative de procéder à l'extraction de cette pince chirurgicale dans le cours d'un simple rendez-vous de consultation, le 11 octobre 2017. L'état de Mme A s'est ensuite dégradé au point qu'une intervention d'urgence a été pratiquée le 13 octobre 2017 pour laparotomie, résection anastomoses du grêle, fermeture de hernie du flanc gauche étranglé en présence d'une péritonite. Transférée dans un premier temps au centre hospitalier d'Auxerre pour un choc septique post-opératoire, elle a présenté une fistule cutanée persistante et a été dirigée vers le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, où elle est restée jusqu'au 29 mai 2018 et où ont été pratiquées à nouveau deux laparotomies, les 29 octobre 2017 et 1er mai 2018. Le 29 mai 2018, Mme A a été ramenée au centre hospitalier de Nevers, où elle est demeurée jusqu'au 7 juin avant d'être finalement admise dans le service de soin de suite et de rééducation de la clinique Les Portes du Nivernais, jusqu'au 2 juillet 2018.

4. L'expert relève sans être contredit que les praticiens du centre hospitalier de l'agglomération de Nevers ont commis plusieurs fautes à l'origine des complications post-opératoires subies par Mme A. Tout d'abord, l'équipe du bloc opératoire a oublié au cours de l'intervention chirurgicale du 22 octobre 2015 une pince chirurgicale dans l'abdomen de l'intéressée. La présence de ce corps étranger n'a été tardivement révélée que par une échographie réalisée le 18 septembre 2017, alors que les infirmières de Mme A avaient souligné la lenteur anormale de sa cicatrisation, avec des " écoulements continus " nécessitant de fréquents changements de pansements, et en avaient alerté à plusieurs reprises les services du centre hospitalier. Ensuite, l'extraction de la pince chirurgicale a été réalisée par le chirurgien au cours d'une simple consultation, alors qu'une telle opération, qui a duré environ deux heures, aurait dû, selon les règles de l'art, être réalisée dans un bloc opératoire et un milieu aseptisé. Dans les suites immédiates de cette intervention, Mme A a fait un choc septique et a subi de graves complications infectieuses. Enfin, le médecin de Mme A ne l'a pas correctement informée de l'oubli, dans son abdomen, d'une pince chirurgicale, seule la présence d'agrafes ayant été concédée, et des conditions dans lesquelles il serait procédé à l'extraction de cet objet. Cette accumulation de fautes engage la responsabilité du centre hospitalier de l'agglomération de Nevers.

En ce qui concerne la perte de chance :

5. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

6. L'expert relève dans son rapport, sans que cela soit contesté en défense, que si aucune pince chirurgicale n'avait été oubliée ou si son extraction avait été rapide et conforme aux règles de l'art, le risque de complications infectieuses post-opératoires serait demeuré faible, de l'ordre de 10 %. Il y a dès lors lieu de fixer la perte de chance pour Mme A d'éviter les graves complications post-opératoires survenues après le 22 octobre 2015 à 90 %.

Sur la réparation due à Mme A :

En ce qui concerne le préjudice patrimonial :

7. Il n'est pas contesté que, comme le relève l'expert, Mme A a besoin d'une assistance à tierce personne non spécialisée à raison de deux heures par semaine pour effectuer des tâches ménagères. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, la requérante estimant par ailleurs à cinq ans son espérance de vie après le 1er janvier 2019, date de consolidation fixée par l'expert, en l'évaluant à 7 000 euros, soit 6 300 euros après application du taux de perte de chance défini au point 6.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :

S'agissant des préjudices temporaires :

8. En premier lieu, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire de Mme A en l'évaluant, sur la base de 16 euros par jour pendant 240 jours avec un taux de déficit fonctionnel de 100 %, 874 jours avec un taux de déficit fonctionnel de 50 % et 54 jours avec un taux de déficit fonctionnel temporaire de 75 %, à la somme totale de 11 480 euros. Compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 6, le montant de la réparation incombant à ce titre au centre hospitalier de l'agglomération de Nevers s'élève ainsi à 10 332 euros.

9. En second lieu, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par Mme A, évaluées par l'expert à 6 sur une échelle de 7 en les évaluant à 27 000 euros, soit 24 300 euros après l'application du taux de perte de chance de 90 %.

S'agissant des préjudices permanents :

10. En premier lieu, l'expert a évalué dans son rapport définitif une incapacité permanente partielle de 35 % à la date de la consolidation de l'état de santé de Mme A, soit le 1er janvier 2019. Ce taux, de 10 points supérieur à celui que retenait le pré-rapport présenté aux parties, intègre les " souffrances endurées de nature permanente ". Cet état douloureux chronique peut valablement être retenu dans la détermination de l'incapacité permanente partielle. Mme A ayant plus de 74 ans à la date du 1er janvier 2019, il y a lieu d'évaluer son déficit fonctionnel permanent à la somme de 48 000 euros, soit 43 200 euros après application du taux de perte de chance.

11. En deuxième lieu, Mme A reconnaît elle-même qu'elle est moins en mesure de pratiquer ses activités de loisir habituelles depuis 2014, autrement dit depuis sa première intervention chirurgicale, laquelle n'est pas à l'origine des complications opératoires imputables au centre hospitalier et est sans lien avec les fautes identifiées au point 4. Dans ces conditions, et alors, au demeurant, que Mme A ne produit aucun justificatif du préjudice d'agrément allégué, elle n'est pas fondée à demander à ce titre une indemnisation.

12. En troisième lieu, l'expert a évalué sans être contesté à 5/7 le préjudice esthétique permanent subi par Mme A, résultant de la présence de deux cicatrices importantes, dont une de 33 centimètres de longueur et 19 centimètres de largeur. Il y a lieu d'évaluer ce préjudice à 10 000 euros, montant qui détermine, après application du taux de perte de chance, une indemnisation à hauteur de 9 000 euros.

13. Enfin, Mme A fait valoir qu'elle subit un préjudice psychologique résultant de crises d'angoisse. Toutefois, alors que les " souffrances endurées " à titre temporaire font l'objet d'une indemnisation au titre d'un préjudice particulier et que les " souffrances pérennes " sont intégrées au taux de déficit fonctionnel permanent, les troubles de nature psychologique ne peuvent faire l'objet d'une indemnisation au titre d'un chef de préjudice distinct. Au demeurant, Mme A n'établit pas subir des souffrances psychiques particulières de nature permanente.

14. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de l'agglomération de Nevers doit être condamné à verser une somme de 93 132 euros à Mme A.

Sur les droits la CPAM de la Côte-d'Or :

En ce qui concerne les débours :

15. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " Lorsque, sans entrer dans les cas régis par les dispositions législatives applicables aux accidents du travail, la lésion dont l'assuré social ou son ayant droit est atteint est imputable à un tiers, l'assuré ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre ou du livre Ier. / Les caisses de sécurité sociale sont tenues de servir à l'assuré ou à ses ayants droit les prestations prévues par le présent livre et le livre Ier, sauf recours de leur part contre l'auteur responsable de l'accident dans les conditions ci-après. / Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel ".

16. Il résulte de l'instruction, et en particulier de l'attestation d'imputabilité établie par son médecin conseil le 25 juillet 2022, que la CPAM de la Côte-d'Or a exposé, pour le compte de son assurée, Mme A, des frais hospitaliers, des frais médicaux, des frais pharmaceutiques, des frais d'appareillage et des frais de transport pour un montant total de 398 100,99 euros.

17. Toutefois, les frais de l'hospitalisation de Mme A entre le 22 octobre 2015 et le 30 octobre 2015, d'un montant de 8 872,40 euros, auraient dû être acquittés par la CPAM de la Côte-d'Or en l'absence même de faute médicale et ne sauraient par conséquent être mis à la charge du centre hospitalier de l'agglomération de Nevers.

18. Ensuite, il résulte de l'instruction que Mme A a séjourné dans le service de soins de suite et de rééducation de la clinique des Portes du Nivernais entre le 7 juin 2018 et le 2 juillet 2018, cela au titre de la prise en charge des complications infectieuses dues aux fautes commises par les praticiens du centre hospitalier de l'agglomération de Nevers. La CPAM de la Côte-d'Or est donc fondée, contrairement à ce que soutient cet établissement, à solliciter le remboursement des frais afférents à ce séjour en clinique, soit 3 436,79 euros.

19. Enfin, le restant des frais avancés par la CPAM de la Côte-d'Or, qui est détaillé par catégorie de prestations et par dates, qui ne sont pas sérieusement contestés par le centre hospitalier, résultent d'une attestation d'imputabilité réalisée par le médecin conseil de l'assurance maladie, laquelle est suffisamment probante et ne nécessite pas la production de pièces justificatives supplémentaires.

20. Il résulte de ce qui a été énoncé aux points 16 à 19 ci-dessus que la CPAM de la Côte-d'Or est fondée à demander la condamnation du centre hospitalier à lui verser, au titre de ses débours et compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 6, la somme totale de 350 305,73 euros.

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

21. En application de l'article L. 371-1 du code de la sécurité sociale et de l'article visé ci-dessus, il y a lieu d'allouer à la CPAM de la Côte-d'Or la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne les dépens :

22. Compte tenu de l'ensemble de ce qui a été dit ci-dessus, il y a lieu de mettre définitivement les frais d'expertise, qui ont été taxés et liquidés à la somme de 2 500 euros TTC par une ordonnance du 3 février 2022 du vice-président du tribunal administratif de Dijon, à la charge du centre hospitalier de l'agglomération de Nevers.

En ce qui concerne les frais exposés par les parties et non compris dans les dépens :

23. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 43 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique que le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne peut demander au juge de condamner à son profit la partie perdante qu'au paiement des seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée à son avocat.

24. En l'espèce, Mme A n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée par une décision du 16 août 2022. Ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent dès lors être accueillies.

DECIDE :

Article 1er : Le centre hospitalier de l'agglomération de Nevers est condamné à verser à Mme A une indemnité de 93 132 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier de l'agglomération de Nevers est condamné à verser à la CPAM de la Côte-d'Or la somme de 350 305,73 euros en remboursement de ses frais ainsi que la somme de 1191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 500 euros, sont mis à la charge du centre hospitalier de l'agglomération de Nevers.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête et le surplus des conclusions de la CPAM de la Côte-d'Or sont rejetés.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, au centre hospitalier de l'agglomération de Nevers et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte-d'Or.

Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Zupan, président,

- Mme Desseix, première conseillère,

- Mme Bois, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.

La rapporteure,

C. BoisLe président,

D. Zupan

La greffière,

E. Herique

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions