jeudi 16 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202911 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BELCOLORE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Belcolore, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2022 par lequel le maire de Villiers-sur-Yonne a refusé, au nom de l'Etat, de lui accorder un permis de construire pour l'édification d'une maison individuelle sur un terrain sis rue de la Verly lieudit " Lebourg ".
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance du certificat d'urbanisme positif délivré le 8 avril 2004 pour une construction à usage d'habitation sur la parcelle objet du litige, alors qu'elle statue sur la régularisation de l'édification d'une maison intervenue en 2004-2005 ;
- cette décision se fonde à tort sur le classement de la parcelle objet du litige en zone rouge de la zone inondable du plan de prévention des risques naturels d'inondation (PPRI) de l'Yonne, alors qu'en 2004, ce document et son zonage n'existaient pas ;
- d'autres parcelles contigües faisant l'objet du même classement sont urbanisées.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 janvier 2023, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 novembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
25 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Frey, rapporteure, a été seul entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité, le 5 août 2022, un permis de construire concernant un projet d'extension d'une maison individuelle sur la parcelle cadastrée B. 331, d'une contenance totale de 3 311 mètres carrés, située à Villiers-sur-Yonne, au lieudit Lebourg. Cette démarche a pour objet de régulariser une construction intervenue sur ce terrain en 2004 et 2005, sans autorisation d'urbanisme. Par l'arrêté attaqué, en date du 13 septembre 2022, le maire de Villiers-sur-Yonne a refusé, au nom de l'Etat, de lui délivrer ce permis de construire.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du Code de l'urbanisme dans sa version applicable en 2004 : " Le certificat d'urbanisme indique les dispositions d'urbanisme et les limitations administratives au droit de propriété et le régime des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. / Lorsque la demande précise l'opération projetée, en indiquant notamment la destination des bâtiments projetés et leur superficie de plancher hors œuvre, le certificat d'urbanisme précise si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération. () Si la demande formulée en vue de réaliser l'opération projetée sur le terrain, notamment la demande de permis de construire prévue à l'article L. 421-1 est déposée dans le délai d'un an à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme et respecte les dispositions d'urbanisme mentionnées par ledit certificat, celles-ci ne peuvent être remises en cause. Il en est de même du régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que des limitations administratives au droit de propriété applicables au terrain, à l'exception de celles qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. / Dans le cas visé au deuxième alinéa ci-dessus, le délai visé à l'alinéa précédent peut être majoré ; il est alors fixé par le certificat d'urbanisme ".
3. M. B se prévaut de l'obtention pour la parcelle litigieuse d'un certificat d'urbanisme positif délivré le 8 avril 2004 pour la construction de deux maisons d'habitation d'une surface chacune de 100 mètres carrés. Toutefois, s'il joint à ses écritures une demande de certificat d'urbanisme déposée à la mairie de Villiers-sur-Yonne le 8 avril 2004, il ne fournit aucun arrêté de certificat d'urbanisme. En tout état de cause, même si un certificat d'urbanisme lui avait été délivré à cette date, sa durée de validité aurait été d'un an, voire aurait été majorée mais n'aurait pu en aucun cas perdurer jusqu'en 2022. Ainsi, le requérant ne peut, sur le fondement des dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, se prévaloir d'un droit acquis au bénéfice de dispositions d'urbanisme figurant dans un certificat d'urbanisme dont, à le supposer existant, la durée de validité était expirée. Par suite, sans que puisse être utilement joint à la requête un certificat de domicile délivré le 30 novembre 2008, le moyen doit être écarté.
4. En second lieu, l'autorité administrative compétente pour délivrer le permis de construire est tenue de statuer sur la demande dont elle est saisie en faisant application de la réglementation en vigueur à la date à laquelle elle prend sa décision et non à celle à laquelle la construction a été effectivement édifiée.
5. Par un arrêté du 18 juin 2009, le préfet de la Nièvre a approuvé le " plan de prévention des risques naturels d'inondation (PPRI) de l'Yonne sur le secteur de Clamecy sur le territoire des communes de Armes, Breves, Chevroches, Clamecy, Dornecy, Pousseaux, Surgy et Villiers-sur-Yonne ". Ce plan définit une zone rouge qui est " à préserver de toute urbanisation nouvelle soit pour des raisons de sécurité des biens et des personnes (zones d'aléas les plus forts) soit pour la préservation des champs d'expansion et d'écoulement des crues ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle litigieuse a été classée en zone rouge par le PPRI précité. Ainsi, en statuant le 13 septembre 2022 sur la demande de certificat d'urbanisme de M. B, le maire de Villiers-sur-Yonne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, tenir compte de ce classement pour rendre sa décision défavorable, la circonstance que des parcelles alentours soient construites étant à cet égard indifférente.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 septembre 2022 du maire de Villiers-sur-Yonne.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.
Copie en sera adressé à la préfète de la Nièvre et à la commune de Villiers-sur-Yonne.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère,
Mme Céline Frey, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2025.
La rapporteure,
C. FreyLe président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
No 2202911
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026