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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2202985

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2202985

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2202985
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantGOURINAT DAVID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2022 sous le n° 2202985, Mme F E, représentée par Me Grenier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon-Bourgogne a rejeté sa demande " de reconnaissance d'imputabilité au service de ses arrêts de travail ".

2°) d'enjoindre au CHU Dijon-Bourgogne de " procéder à la reconnaissance de l'imputabilité au service de ses arrêts de travail " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 300 euros par jour de retard et, à défaut, dans le même délai et sous la même astreinte, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge du CHU Dijon-Bourgogne une somme de 2 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme E soutient que :

- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la commission de réforme, en méconnaissance de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars1986, a émis un avis sans la présence d'un médecin spécialiste et l'a ainsi privée d'une garantie ;

- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors, d'une part, que la commission de réforme, à la suite de la séance qui s'est tenue le 2 février 2022, a rendu deux avis divergents et, d'autre part, que le conseil médical a statué, lors d'une nouvelle séance qui s'est déroulée le 7 septembre 2022, au vu d'un dossier qui ne comportait pas un rapport écrit du médecin chargé de la prévention et que tous les membres de la commission n'étaient pas présents ;

- en refusant de reconnaître sa maladie imputable au service au motif que son taux d'incapacité était inférieur à 25%, alors que ce taux ne lui est légalement pas opposable, la directrice générale du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur de droit ;

- en refusant de considérer que ses différents arrêts de travail étaient imputables au service, la directrice générale du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2023, le CHU Dijon-Bourgogne, représenté par Me Gourinat, conclut au rejet de la requête.

Le CHU Dijon-Bourgogne soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à concurrence de 55% par une décision du 27 mars 2023.

II. Par une requête, enregistrée le 9 février 2023 sous le n° 2300393, Mme F E, représentée par Me Grenier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2022 par laquelle la directrice générale du CHU Dijon-Bourgogne l'a placée dans la position de la disponibilité d'office ;

2°) d'enjoindre au CHU Dijon-Bourgogne de la " placer dans une position régulière et de la réintégrer rétroactivement à plein traitement " à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du CHU Dijon-Bourgogne une somme de 3 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme E soutient que :

a) en la plaçant dans la position de la disponibilité d'office alors que, compte tenu de l'imputabilité de sa maladie au service, ses droits à congés n'étaient pas épuisés, la directrice générale du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur de droit ;

b) la décision attaquée est illégale dès lors que la décision refusant de reconnaître l'imputabilité de sa maladie au service est elle-même entachée des illégalités suivantes :

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la commission de réforme, en méconnaissance de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars1986, a émis un avis sans la présence d'un médecin spécialiste et l'a ainsi privée d'une garantie ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors, d'une part, que la commission de réforme, à la suite de la séance qui s'est tenue le 2 février 2022, a rendu deux avis divergents et, d'autre part, que le conseil médical a statué, lors d'une nouvelle séance qui s'est déroulée le 7 septembre 2022, au vu d'un dossier qui ne comportait pas de rapport écrit du médecin chargé de la prévention et que tous les membres de la commission n'étaient pas présents ;

- en refusant de reconnaître sa maladie imputable au service au motif que son taux d'incapacité était inférieur à 25%, alors que ce taux ne lui est légalement pas opposable, la directrice générale du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur de droit ;

- en refusant de considérer que ses différents arrêts de travail étaient imputables au service, la directrice générale du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur d'appréciation ;

c) en la plaçant dans la position de la disponibilité d'office alors qu'elle n'était pas inapte de manière totale et définitive à toutes fonctions et qu'elle pouvait bénéficier d'un reclassement, la directrice générale du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, le CHU Dijon-Bourgogne, représenté par Me Gourinat, conclut au rejet de la requête.

Le CHU Dijon-Bourgogne soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à concurrence de 55% par une décision du 19 août 2024.

III. Par une requête, enregistrée le 12 mars 2024 sous le n° 2400802, Mme F E, représentée par Me Grenier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 janvier 2024 par laquelle le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a rejeté sa demande " de reconnaissance d'imputabilité au service de ses arrêts de travail " pour la période allant du 13 mars 2017 au 17 janvier 2024 ;

2°) d'enjoindre au CHU Dijon-Bourgogne de " procéder à la reconnaissance de l'imputabilité au service de ses arrêts de travail depuis le 13 mars 2017 " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard et de procéder à la " reconstitution de sa carrière " et, à défaut, dans le même délai et sous la même astreinte, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge du CHU Dijon-Bourgogne une somme de 3 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme E soutient que :

- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que, d'une part, le conseil médical, en méconnaissance de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004, a émis un avis sans la présence d'un médecin spécialiste et l'a ainsi privée d'une garantie et que, d'autre part, " le CHU Dijon-Bourgogne " devra justifier de la régularité et de la composition du conseil médical " ;

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- en refusant de reconnaître sa maladie imputable au service au motif que son taux d'incapacité était inférieur à 25 %, alors que ce taux ne lui est légalement pas opposable, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur de droit ;

- en refusant de considérer que ses différents arrêts de travail étaient imputables au service, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2024, le CHU Dijon-Bourgogne, représenté par Me Gourinat, conclut au rejet de la requête.

Le CHU Dijon-Bourgogne soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à concurrence de 55% par une décision du 1er juillet 2024.

IV. Par une requête, enregistrée le 17 juin 2024 sous le n° 2401935, Mme F E, représentée par Me Grenier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 février 2024 par laquelle le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne l'a placée dans la position de la disponibilité d'office à compter du 30 janvier 2023 ;

2°) d'enjoindre au CHU Dijon-Bourgogne de la " placer dans une position régulière et de la réintégrer rétroactivement à plein traitement " à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du CHU Dijon-Bourgogne une somme de 3 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme E soutient que :

a) Le CHU de Dijon " devra justifier de la régularité de la saisine du comité médical, réuni en formation restreinte, ainsi que des modalités d'information du médecin du travail, telles que requises par l'article 14 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 " ;

b) " le comité médical s'est réuni le 17 novembre dernier dans le cadre de la demande de renouvellement " de son " congé de longue durée " et " non dans le cadre d'une reprise de fonctions et que, dans ces conditions, le CHU de Dijon ne pouvait légalement se baser sur l'avis rendu alors à cette date ", " et ce d'autant plus qu'il précède de plus d'un an la date d'effet du placement en disponibilité d'office " ;

c) la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;

d) en la plaçant dans la position de la disponibilité d'office alors que, compte tenu de l'imputabilité de sa maladie au service, ses droits à congés n'étaient pas épuisés, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur de droit ;

e) la décision attaquée est illégale dès lors que la décision refusant de reconnaître l'imputabilité de sa maladie au service est elle-même entachée des illégalités suivantes :

- cette décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que, d'une part, le conseil médical, en méconnaissance de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004, a émis un avis sans la présence d'un médecin spécialiste et l'a ainsi privée d'une garantie et que, d'autre part, le CHU Dijon-Bourgogne " devra justifier de la régularité et de la composition du conseil médical " ;

- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- en refusant de reconnaître sa maladie imputable au service au motif que son taux d'incapacité était inférieur à 25%, alors que ce taux ne lui est légalement pas opposable, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur de droit ;

- en refusant de considérer que ses différents arrêts de travail étaient imputables au service, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur d'appréciation ;

f) en la plaçant dans la position de la disponibilité d'office alors qu'elle n'était pas inapte de manière totale et définitive à toutes fonctions et qu'elle pouvait bénéficier d'un reclassement, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à concurrence de 25% par une décision du 22 avril 2024.

V. Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2024 sous le n° 2403247, Mme F E, représentée par Me Grenier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 juillet 2024 par laquelle le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a rejeté sa demande " de reconnaissance d'imputabilité au service de ses arrêts de travail " pour la période allant du 13 mars 2017 au 17 janvier 2024 ;

2°) d'enjoindre au CHU Dijon-Bourgogne de " procéder à la reconnaissance de l'imputabilité au service de ses arrêts de travail depuis le 13 mars 2017 " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 3 000 euros par jour de retard et de procéder à la " reconstitution de sa carrière " et, à défaut, dans le même délai et sous la même astreinte, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge du CHU Dijon-Bourgogne une somme de 4 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme E soutient que :

- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que, d'une part, le conseil médical, en méconnaissance de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004, a émis un avis sans la présence d'un médecin spécialiste et l'a ainsi privée d'une garantie et que, d'autre part, le CHU Dijon-Bourgogne " devra justifier de la régularité et de la composition du conseil médical " ;

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- la décision attaquée a méconnu l'article L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration ;

- en refusant de reconnaître sa maladie imputable au service au motif que son taux d'incapacité était inférieur à 25%, alors que ce taux ne lui est légalement pas opposable, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur de droit ;

- en refusant de considérer que ses différents arrêts de travail étaient imputables au service, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a commis une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2024, le CHU Dijon-Bourgogne, représenté par Me Gourinat, conclut au rejet de la requête.

Le CHU Dijon-Bourgogne soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à concurrence de 55% par une décision du 7 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique, pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;

- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;

- le décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ;

- le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière ;

- le décret n° 2022-351 du 11 mars 2022 relatif aux conseils médicaux dans la fonction publique hospitalière ;

- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boissy,

- les conclusions de M. D,

- et les observations de Me Grenier, représentant Mme E et de Me Gourinat, représentant le CHU Dijon-Bourgogne.

Considérant ce qui suit :

1. Le 17 février 2003, Mme E a été recrutée par le CHU de Dijon pour exercer les fonctions d'auxiliaire de puériculture par la voie d'un contrat à durée déterminée qui a été renouvelé à deux reprises jusqu'au 31 janvier 2004. Rapidement affectée au service de " réanimation pédiatrique polyvalente " de l'établissement, elle a ensuite exercé ses fonctions au sein du service " crèche du personnel ", du 3 novembre 2003 au 7 janvier 2007, alors qu'elle était parallèlement mise en stage, le 1er février 2004, puis titularisée dans le grade d'auxiliaire de puériculture le 1er février 2005. Victime d'un accident de service, en février 2008, au cours d'une manipulation, alors qu'elle était affectée, depuis le 8 janvier 2007, au sein du service de " chirurgie infantile " du CHU, Mme E a successivement bénéficié de plusieurs congés de maladie en février 2008, octobre 2008 et de mai à juillet 2009 puis d'un congé de longue maladie du 28 septembre 2009 au 28 septembre 2010. Après une reprise à mi-temps thérapeutique, du 29 septembre au 28 décembre 2010, au sein du même service, l'intéressée a ensuite repris ses fonctions à temps plein à compter du 29 décembre 2010 jusqu'au 31 octobre 2011. Du 1er novembre 2011 au 1er janvier 2013, l'intéressée a ensuite été affectée au sein du service de " chirurgie pédiatrique " et de " pédiatrie suppléance " et a bénéficié de plusieurs congés de maladie ordinaire, en novembre 2011 et mai 2012, puis pour la période du 12 juin au 9 décembre 2012. À l'issue de ce dernier congé de maladie, Mme E a été affectée sur un poste d'intendante ajointe au sein du pôle neurosciences et médecine légale du CHU, du 2 janvier 2013 au 9 février 2014, et a bénéficié d'un nouveau congé de longue maladie du 12 janvier 2013 au 9 février 2014. Du 10 février 2014 au 31 décembre 2015, l'intéressée a été mutée dans le service " ressources communes maternité ", au sein du pôle " gynéco obstétrique " d'abord en qualité d'auxiliaire de puériculture puis en qualité de " RHP adjointe ". En congé de maladie ordinaire en octobre 2014 puis de février à avril 2015, Mme E a ensuite bénéficié d'un congé de longue maladie du 15 mai 2015 au 15 mars 2016. À l'issue de ce congé, après avoir été affectée au " retour à l'emploi " à compter du 16 mars 2016, elle a été mutée, à compter du 11 avril 2016, au service d'épidémiologie et d'hygiène hospitalière dans le pôle " recherche pharmacie vigilances " puis, du 17 octobre 2016 au 12 mars 2017, au sein du pôle " personnes âgés " en qualité de " conseillère hôtelière ". Au cours de cette période, elle a encore bénéficié de plusieurs congés de maladie ordinaire en juillet, août et septembre 2016 puis du 5 octobre 2016 au 5 janvier 2017 et en février 2017. Mme E a ensuite bénéficié d'un congé de longue durée du 13 mars 2017 au 12 octobre 2018. Réintégrée le 13 octobre 2018, elle a exercé des fonctions d'" adjointe pour missions de contrôle / hygiène sur externalisation " du 22 octobre 2018 à la fin de décembre 2018. À compter du 3 janvier 2019, Mme E a été affectée à des activités d'intendance au sein du " pôle imagerie " pour effectuer une activité " d'accompagnement de l'équipe ASH sur des nouvelles missions d'information de la traçabilité du bionettoyage " et " anonymisation des tenues ", et d'" aide sur missions de bionettoyage en respectant ses restrictions médicales ". Après avoir bénéficié de congés de maladie ordinaire du 28 juin au 26 juillet 2019, pris des congés annuels du 27 juillet au 19 août 2019 puis repris ses fonctions le 20 août 2019, Mme E a de nouveau bénéficié de congés de longue durée, plusieurs fois prolongés, au cours de la période du 30 août 2019 au 29 novembre 2022. Par une décision du 11 novembre 2022, la directrice générale du CHU de Dijon a renouvelé le congé de longue durée de Mme E pour la période allant du 30 novembre 2022 au 29 janvier 2023.

2. Le 10 octobre 2019, Mme E a demandé que la maladie pour laquelle elle a bénéficié d'arrêts de travail du 13 mars 2017 au 12 octobre 2018, du 28 juin 2019 au 26 juillet 2019 et " depuis le 30 août 2019 " soit reconnue imputable au service. Par un jugement n° 2000494 du 21 février 2022, le tribunal administratif de Dijon a annulé la décision rejetant implicitement cette demande et a ordonné au CHU de prendre une nouvelle décision sur la demande de Mme E. En exécution de ce jugement, la directrice générale du CHU Dijon-Bourgogne a rejeté cette demande par une décision expresse prise le 20 septembre 2022. Par une ordonnance n° 2300392 du 30 mai 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Dijon a suspendu l'exécution de la décision du 20 septembre 2022 et enjoint au CHU Dijon-Bourgogne de prendre une nouvelle décision sur la demande de Mme E après avoir procédé au réexamen de sa situation. Par une décision du 17 janvier 2024 puis par une nouvelle décision du 17 juillet 2024, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a de nouveau rejeté cette demande.

3. Par une décision du 23 novembre 2022, la directrice générale du CHU de Dijon a placé Mme E dans la position de la disponibilité d'office à compter du 30 janvier 2023 " dans l'attente de l'avis du conseil médical formation plénière ". Par une nouvelle décision prise le 7 février 2024, le directeur général du CHU de Dijon a placé Mme E dans la position de la disponibilité d'office à compter du 30 janvier 2023 " dans l'attente de l'avis de la CNRACL pour la mise en retraite pour invalidité ".

4. Par des requêtes nos 2202985, 2300393, 2400802, 2403247 et 2401935, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, Mme E demande au tribunal, d'une part, d'annuler les décisions prises les 20 septembre 2022, 17 janvier 2024 et 17 juillet 2024 qui ont successivement refusé que sa maladie soit reconnue imputable au service et, d'autre part, d'annuler les décisions des 23 novembre 2022 et 7 février 2024 qui l'ont placée dans la position de la disponibilité d'office.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre les décisions des 20 septembre 2022, 17 janvier 2024 et 23 novembre 2022 :

5. En premier lieu, en décidant, le 17 juillet 2024, au terme d'une analyse circonstanciée de la situation juridique et personnelle dans laquelle se trouvait Mme E, de refuser de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie pour laquelle elle a bénéficié d'arrêts de travail du 13 mars 2017 au 12 octobre 2018, du 28 juin 2019 au 26 juillet 2019 et " depuis le 30 août 2019 " et, en définitive, de rejeter la demande initialement faite le 10 octobre 2019 sur la base d'un nouvel examen, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement procédé au retrait des décisions, statuant sur cette même demande initiale, qui avaient été précédemment prises les 20 septembre 2022 et 17 janvier 2024, pour y substituer cette nouvelle décision. Les conclusions présentées par Mme E tendant à l'annulation des décisions des 20 septembre 2022 et 17 janvier 2024 sont dès lors devenues sans objet.

6. En second lieu, en décidant, le 7 février 2024, de placer Mme E dans la position de la disponibilité d'office à compter du 30 janvier 2023, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement procédé au retrait de la décision du 23 novembre 2022 pour y substituer cette nouvelle décision. Les conclusions présentées par Mme E tendant à l'annulation de la décision du 23 novembre 2022 sont dès lors devenues sans objet.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 17 juillet 2024 :

S'agissant du cadre juridique applicable :

7. Aux termes de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986, dans sa version en vigueur entre le 22 avril 2016 et le 21 janvier 2017 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 42. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".

8. L'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, créé par l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017, dispose que : " I. Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions () ".

9. Aux termes de l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ". L'article L. 822-20 du même code dispose : " Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'État ". Aux termes de l'article L. 822-21 de ce code : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à : / 1° Un accident reconnu imputable au service tel qu'il est défini à l'article L. 822-18 ; () 3° Une maladie contractée en service telle qu'elle est définie à l'article L. 822-20 () ". Enfin, en application de l'article 35-8 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988 et de l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale, le taux d'incapacité permanente servant de seuil pour l'application du troisième alinéa de l'article L. 822-20 du code général de la fonction publique est de 25 %.

10. Selon l'avis contentieux rendu par le Conseil d'État le 15 octobre 2021 sous le n° 450102, les dispositions de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986, dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017, sont demeurées applicables jusqu'au 16 mai 2020, date d'entrée en vigueur du décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 tandis que les conditions de forme et de délai prévues aux articles 35-2 à 35-7 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988, dans sa rédaction issue du décret du 13 mai 2020, sont uniquement applicables, d'une part, aux demandes de prolongation d'un congé pour accident de service ou pour maladie imputable au service pour une période débutant après le 16 mai 2020 et, d'autre part, aux demandes initiales de congé pour invalidité temporaire imputable au service motivées par un accident ou une maladie dont la déclaration a été déposée après cette date.

11. Mme E ayant présenté une demande d'imputabilité de sa maladie au service le 10 octobre 2019, soit avant le 16 mai 2020, seules les dispositions citées au point 7 -et non celles citées aux points 8 et 9- sont applicables pour régler le présent litige.

S'agissant des moyens de légalité externe :

Quant aux vices de procédure :

12. En premier lieu, il résulte des dispositions combinées du dernier alinéa de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986, de l'article 31 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 -dans sa rédaction issue de l'article 50 du décret n° 2022-350 du 11 mars 2022-, du 5. de l'article 1er et de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 visé ci-dessus, que, lorsqu'elle est appelée à se prononcer sur la reconnaissance de l'imputabilité au service d'une maladie d'un agent de la fonction publique hospitalière, la formation plénière du conseil médical comprend notamment deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes. Dans les cas où il est manifeste, au vu des éléments dont dispose le conseil médical, que la présence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée par un agent est nécessaire pour éclairer l'examen de son cas, l'absence d'un tel spécialiste doit être regardée comme privant l'intéressé d'une garantie et comme entachant la procédure devant la formation plénière du conseil médical d'une irrégularité justifiant l'annulation de la décision attaquée.

13. S'il est vrai que, lorsqu'il s'est prononcé sur le cas de Mme E, le 6 décembre 2023, le conseil médical ne comprenait aucun médecin spécialiste, il disposait toutefois d'un rapport d'expertise, établi le 7 octobre 2023 par M. B, médecin psychiatre agréé. Or la requérante n'a produit au dossier aucun élément d'ordre médical de nature à établir qu'alors qu'il avait en sa possession le rapport du médecin spécialiste, la présence de ce dernier lors de la séance du conseil aurait été indispensable ou essentielle. Il n'est donc pas manifeste, au vu des éléments dont disposait le conseil médical, que la présence d'un médecin psychiatre était nécessaire pour l'examen du cas de Mme E. Par suite, le moyen tiré de ce que, en l'absence d'un médecin spécialiste, le conseil médical n'était pas régulièrement composé doit être écarté.

14. En second lieu, en se bornant à soutenir que le CHU Dijon-Bourgogne " devra justifier de la régularité et de la composition du conseil médical " qui s'est réuni le 6 décembre 2023, dont elle produit elle-même le procès-verbal, la requérante n'a pas assorti ce moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

Quant au moyen tiré de l'insuffisance de motivation :

15. D'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite à comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 211-6 de ce code : " Les dispositions du présent chapitre ne dérogent pas aux textes législatifs interdisant la divulgation ou la publication de faits couverts par le secret ". L'article 17 de l'arrêté du 4 août 2004 dispose que : " () Les avis sont émis à la majorité des membres présents. Ils doivent être motivés, dans le respect du secret médical ".

16. D'autre part, l'article L. 1110-4 du code de la santé publique dispose que : " I. - Toute personne prise en charge par un professionnel de santé, un établissement ou service, un professionnel ou organisme concourant à la prévention ou aux soins dont les conditions d'exercice ou les activités sont régies par le présent code () a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant ". Aux termes de l'article R. 4127-104 du même code : " Le médecin chargé du contrôle est tenu au secret envers l'administration ou l'organisme qui fait appel à ses services. Il ne peut et ne doit lui fournir que ses conclusions sur le plan administratif, sans indiquer les raisons d'ordre médical qui les motivent () ". L'article L. 1111-7 de ce code dispose que : " Toute personne a accès à l'ensemble des informations concernant sa santé, détenues, à quelque titre que ce soit, par des professionnels de santé, par des établissements de santé par des centres de santé, () qui sont formalisées ou ont fait l'objet d'échanges écrits entre professionnels de santé, notamment des résultats d'examen, comptes rendus de consultation, d'intervention d'exploration ou d'hospitalisation, des protocoles et prescriptions thérapeutiques mis en œuvre, feuilles de surveillance, correspondances entre professionnels de santé, à l'exception des informations mentionnant qu'elles ont été recueillies auprès de tiers n'intervenant pas dans la prise en charge thérapeutique ou concernant un tel tiers ".

17. Il résulte des dispositions citées aux points 15 et 16 que tant l'avis du conseil médical que la décision portant sur l'imputabilité au service d'une pathologie, qui refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit, doivent être motivés sans porter préjudice au secret médical prévu par les dispositions du code de la santé publique. L'administration ne peut dès lors que se référer, dans sa décision, pour en assurer la motivation, à l'avis qui lui a été communiqué par les médecins chargés du contrôle médical, lequel avis, dès lors qu'il est destiné à l'administration, peut se limiter à apprécier l'imputabilité au service, ou non, d'une pathologie. Il est cependant loisible à l'intéressé de demander la communication, sur le fondement des dispositions de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique, des documents conservés par les médecins relatifs à son état de santé.

18. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des termes mêmes de la décision attaquée, que la décision du 17 juillet 2024 comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement au regard des exigences spécifiques de motivation analysées au point 17. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit par suite être écarté.

S'agissant des moyens de légalité interne :

Quant au moyen tiré de l'erreur d'appréciation :

19. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

20. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, lorsque Mme E a repris ses fonctions, en septembre 2010, au sein du service de " chirurgie infantile " dans lequel elle était précédemment affectée, l'organisation avait été sensiblement modifiée, que le poste d'intendante qu'elle occupait auparavant et qu'elle a retrouvé à son retour avait été sensiblement alourdi dès lors que ses missions avaient été étendues à d'autre " services " et que l'intéressée a ainsi éprouvé des difficultés à exercer des fonctions aussi élargies alors que, jusqu'à la fin de l'année 2010, elle était pourtant à mi-temps thérapeutique. Il ressort également des pièces du dossier qu'à compter de janvier 2011 et de l'arrivée de Mme A, cadre supérieur de santé, l'intéressée a eu de grandes difficultés relationnelles avec cette dernière, qui lui a notamment imposé de libérer le bureau qu'elle occupait, qui devait accueillir une psychologue, sans mettre corrélativement à sa disposition un nouveau local mais, pendant une période de trois à quatre mois au cours de l'année 2011, une petite table de travail dans un couloir.

21. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'alors qu'à la fin de l'été 2012, elle avait postulé pour occuper un poste d'intendante ajointe au sein du pôle neurosciences et médecine légale, et que sa candidature avait été acceptée, Mme E a brutalement appris, lors de sa prise de poste, le 2 janvier 2013, de retour des congés de maladie dont elle avait bénéficié à l'occasion de son opération, que le poste était en réalité supprimé pour des raisons budgétaires mais qu'elle serait cependant maintenue sur ce poste, dans l'attente d'une autre affectation, pour exercer des missions en lien avec le " nouveau service funéraire ".

22. En troisième lieu, après le congé de longue maladie dont elle a bénéficié du 12 janvier 2013 au 9 février 2014, Mme E a été affectée, à sa demande, dans le service " ressources communes maternité ", au sein du pôle " gynéco obstétrique " d'abord en qualité d'auxiliaire de puériculture puis en qualité de " RHP adjointe ", pour lequel un contrat de management a été établi en janvier 2015. Si la requérante soutient, dans ses écritures, qu'elle aurait été agressée par un cadre de santé " avec des violences dûment constatées ", qu'une demande protection aurait été faite sans qu'aucune mesure de protection ne soit alors prise, elle n'a cependant produit aucun élément de nature médicale ou administrative permettant d'établir la réalité de cet incident.

23. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le congé de longue maladie qui a été accordé à Mme E au titre de la période du 15 mai 2015 au 15 mars 2016, en raison d'une arthrodèse qui a été pratiquée en 2015, soit imputable au service.

24. En dernier lieu, à compter du 11 avril 2016, Mme E a été affectée au service d'épidémiologie et d'hygiène hospitalière dans le pôle " recherche pharmacie vigilances " puis, du 17 octobre 2016 au 12 mars 2017, au sein du pôle " personnes âgées " en qualité de " conseillère hôtelière ". Elle a ensuite exercé des fonctions d'" adjointe pour missions de contrôle / hygiène sur externalisation " du 22 octobre 2018 à la fin de décembre 2018. Enfin, du 3 janvier au 30 août 2019 -date à laquelle elle a bénéficié d'un congé de longue durée-, Mme E a été affectée à des activités d'intendance au sein du " pôle imagerie " pour effectuer une activité " d'accompagnement de l'équipe ASH sur des nouvelles missions d'information de la traçabilité du bionettoyage " et " anonymisation des tenues " et d'" aide sur missions de bionettoyage en respectant ses restrictions médicales ".

25. Il ressort de ce qui a été dit aux points 20 à 24 et de l'examen de l'ensemble des pièces du dossier que, compte tenu des conditions dans lesquelles Mme E a repris son poste en 2010 et au cours de l'année 2011, puis des conditions dans lesquelles s'est déroulé sa nouvelle prise de poste en janvier 2013, il apparaît que, même si la forte personnalité de l'intéressée n'y est pas totalement étrangère et qu'il n'existait pas de contre-indication manifeste de ses postes aux restrictions médicales qu'elle supportait alors -à savoir éviter de porter des charges lourdes et d'exécuter des travaux répétitifs avec torsion du tronc-, le contexte professionnel dans lequel l'intéressée a alors évolué peut, globalement, être caractérisé de pathogène et a ainsi pu favoriser le syndrome d'épuisement professionnel ou anxio-dépressif pour lesquels elle a bénéficié, à plusieurs reprises, d'arrêt de travail. En revanche, l'examen de l'ensemble des éléments produits par les parties ne permet pas de considérer que le contexte professionnel dans lequel Mme E a évolué à compter de 2014 aurait un caractère réellement pathogène. En particulier, il apparaît que les différents responsables des services concernés, en lien avec les services de la direction des ressources humaines, ont cherché à définir les différents postes que l'intéressée a occupés en tenant compte, dans la mesure du possible, des très nombreuses restrictions médicales ou des problèmes de santé rencontrés par l'intéressée -notamment la gestion de fréquentes crises d'hypoglycémie liée à son état de diabétique insulino-dépendant- mais que, malgré les efforts déployés, Mme E, à chaque fois, a rencontré des difficultés d'ordre personnel à continuer à exercer ses fonctions dans la durée.

26. En conséquence, compte tenu de l'écoulement du temps et des congés de maladie dont elle a bénéficié pour se soigner, entre 2010 et 2014, il n'est pas établi que la maladie au titre de laquelle Mme E a bénéficié d'arrêts de travail du 13 mars 2017 au 12 octobre 2018, du 28 juin 2019 au 26 juillet 2019 et du 30 août 2019 au 29 janvier 2023 présente en l'espèce un lien direct avec les fonctions que l'intéressée a exercées depuis 2014 ou avec ses conditions de travail qui serait de nature à susciter le développement de la maladie en cause. La requérante n'est donc pas fondée à soutenir que le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne, en refusant de reconnaître sa maladie comme imputable au service, aurait commis une erreur d'appréciation au regard des règles analysées au point 19.

Quant aux autres moyens :

27. En premier lieu, aux termes de l'article L. 243-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits peut, pour tout motif et sans condition de délai, être modifié ou abrogé sous réserve, le cas échéant, de l'édiction de mesures transitoires dans les conditions prévues à l'article L. 221-6 ". Aux termes de l'article L. 243-3 du même code : " L'administration ne peut retirer un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits que s'il est illégal et si le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant son édiction ".

28. Une décision par laquelle l'autorité compétente rejette une demande présentée par un agent public tendant à ce que sa maladie soit reconnue imputable au service n'est pas au nombre des décisions entrant dans le champ d'application des articles L. 243-1 et L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration. L'administration peut dès lors à tout moment la retirer, la modifier ou l'abroger pour y substituer une nouvelle décision.

29. Le moyen tiré de ce que la décision du 17 juillet 2024 a méconnu l'article L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration est dès lors inopérant et doit par suite, en tout état de cause, être écarté.

30. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier des termes mêmes de la décision du 17 juillet 2024, que le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne aurait refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de Mme E au motif que l'incapacité permanente de cette dernière serait inférieure au taux de 25 %, mentionné point 9, et que ce taux n'aurait ainsi pas permis à l'agent de bénéficier d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service. L'erreur de droit invoquée à ce titre doit par suite être écartée.

31. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit aux points 7 à 30 que la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par la décision attaquée, le directeur général du CHU Dijon-Bourgogne a refusé de reconnaître sa maladie comme imputable au service. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 17 juillet 2024 doivent par suite être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 7 février 2024 :

S'agissant du cadre juridique :

32. Aux termes de l'article L. 514-4 du code général de la fonction publique : " La disponibilité d'un fonctionnaire est prononcée soit à la demande de l'intéressé, soit d'office au terme des congés pour raisons de santé prévus au chapitre II du titre II du livre VIII ". L'article L. 822-2 du même code prévoit que : " La durée totale des congés de maladie peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs ". L'article L. 822-7 de ce code dispose que : " La durée maximale des congés de longue maladie dont peut bénéficier le fonctionnaire est de trois ans ". L'article L. 822-8 de ce code dispose que : " Le fonctionnaire en congé de longue maladie perçoit : / 1° Pendant un an, la totalité de son traitement ; / 2° Pendant les deux années suivantes, la moitié de celui-ci () ". En vertu du 2° de l'article L. 822-12 de ce code, le fonctionnaire en activité a droit à un congé de longue durée lorsqu'il est atteint de maladie mentale. L'article L. 822-14 de ce code prévoit que : " Hormis le cas où le fonctionnaire ne peut prétendre à un congé de longue maladie à plein traitement, un congé de longue durée ne peut lui être accordé qu'au terme de la période rémunérée à plein traitement du congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. / Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée ". Aux termes de l'article L. 822-15 : " Le fonctionnaire bénéficiaire d'un congé de longue durée a droit : / 1° Pendant trois ans à l'intégralité de son traitement ; / 2° Pendant les deux années suivantes à la moitié de celui-ci () ".

33. Aux termes de l'article 19 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988 : " Le fonctionnaire atteint () de maladie mentale () qui est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions et qui a épuisé à quelque titre que ce soit ses droits à plein traitement d'un congé de longue maladie est placé en congé de longue durée. Toutefois, l'intéressé peut demander à être placé ou maintenu en congé de longue maladie. / Si le fonctionnaire obtient le bénéfice d'un congé de longue maladie, il ne peut plus bénéficier d'un congé de longue durée au titre de l'affection pour laquelle il a obtenu ce congé s'il n'a recouvré auparavant ses droits à congé de longue maladie à plein traitement. / L'autorité investie du pouvoir de nomination accordé à l'intéressé un congé de longue durée ou de longue maladie après avis du conseil médical ". Aux termes de l'article 35 du même décret : " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit admis au bénéfice de la période de préparation au reclassement ou reclassé dans les conditions prévues par le décret n° 89-376 du 8 juin 1989 relatif au reclassement des fonctionnaires hospitaliers reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis du conseil médical. / Pendant toute la durée de la procédure requérant l'avis du conseil médical le paiement du demi-traitement est maintenu jusqu'à la date de la décision de reprise de service ou de réintégration, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite ". L'article 36 de ce décret prévoit notamment que la mise en disponibilité prévue à l'article 35 " est prononcée après avis du conseil médical sur l'inaptitude du fonctionnaire à reprendre ses fonctions. / Elle est accordée ou renouvelée par période de six à douze mois dans la limite de trois ans consécutifs. / Toutefois, si à l'expiration de la troisième année de disponibilité le fonctionnaire est inapte à reprendre son service, mais s'il résulte d'un avis du conseil médical qu'il doit normalement pouvoir reprendre ses fonctions avant l'expiration d'une nouvelle année, la disponibilité peut faire l'objet d'un dernier renouvellement. / Si, à l'expiration de la dernière période de disponibilité, le fonctionnaire n'a pu bénéficier d'un reclassement, il est, soit réintégré dans son établissement s'il est physiquement apte à reprendre ses fonctions, soit, en cas d'inaptitude définitive à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite ou, s'il n'a pas droit à pension, licencié ".

S'agissant des moyens de légalité externe :

34. En premier lieu, en soutenant que " le comité médical s'est réuni le 17 novembre dernier dans le cadre de la demande de renouvellement " de son " congé de longue durée " et " non dans le cadre d'une reprise de fonctions et que, dans ces conditions, le CHU de Dijon ne pouvait légalement pas se baser sur l'avis rendu alors à cette date ", " et ce d'autant plus qu'il précède de plus d'un an la date d'effet du placement en disponibilité d'office ", la requérante doit être regardée comme faisant valoir que le CHU Dijon-Bourgogne, en méconnaissance de l'article 36 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988, n'a pas saisi le conseil médical sur son inaptitude à reprendre ses fonctions et a ainsi entaché la décision du 7 février 2024 d'un vice de procédure l'ayant privée d'une garantie.

35. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de l'analyse de l'avis rendu par le conseil médical le 17 novembre 2022, que le conseil médical a notamment été saisi par le CHU Dijon-Bourgogne sur le point de savoir si Mme E était, ou non, inapte à reprendre ses fonctions à l'issue du dernier congé de longue durée qui lui était parallèlement accordé et a notamment émis un avis d'" inaptitude totale et définitive à l'exercice de toutes fonctions ". Dès lors, en décidant, au vu de cet avis, de placer Mme E dans la position de la disponibilité d'office à compter du 30 janvier 2023, après épuisement de se ses congés pour raisons de santé, le directeur général du CHU n'a pas entaché la décision attaquée du vice de procédure invoqué par la requérante.

36. En deuxième lieu, alors que l'avis du conseil médical du 17 novembre 2022 a été produit au dossier, la requérante, en se bornant à indiquer que le CHU de Dijon " devra justifier de la régularité de la saisine du comité médical, réuni en formation restreinte, ainsi que des modalités d'information du médecin du travail, telles que requises par l'article 14 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ", n'a pas assorti ces moyens des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

37. En dernier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et n'a dès lors pas méconnu les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

S'agissant des moyens de légalité interne :

38. En premier lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale. Par ailleurs, en raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale.

39. La décision du 7 février 2024 plaçant Mme E dans la position de la disponibilité d'office sur le fondement de l'article L. 514-4 du code général de la fonction publique n'a pas été prise pour l'application de la décision refusant de reconnaître à l'intéressée l'imputabilité de sa maladie au service et cette dernière décision ne constitue pas davantage la base légale de cette décision du 7 février 2024. Dès lors, en tout état de cause, la requérante ne peut pas utilement exciper, au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision du 7 février 2024, de l'illégalité de la décision refusant de lui reconnaître l'imputabilité de sa maladie au service et ne peut pas davantage utilement soutenir que la décision du 7 février 2024 doit être annulée par voie de conséquence de la décision refusant de reconnaître l'imputabilité de la maladie au service.

40. En deuxième lieu, il résulte des dispositions citées aux points 32 et 33 qu'un fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue durée qu'après avoir épuisé ses droits à congé de longue maladie rémunéré à plein traitement. La période de congé de longue maladie à plein traitement doit être décomptée, lorsque ce congé a été attribué au fonctionnaire au titre de l'affection ouvrant droit ensuite au congé de longue durée, comme une période de congé de longue durée. La circonstance que l'agent ait pu reprendre son activité à l'issue du congé de longue maladie qui a précédé le placement en congé de longue durée est sans influence sur le décompte de la dernière année de congé de longue maladie accordée à plein traitement comme congé de longue durée.

41. Il ressort des pièces du dossier et de ce qui a été dit aux points 1 et 7 à 31 que Mme E n'avait pas droit au bénéfice de la reconnaissance de sa maladie au service et que ses droits à congé de longue maladie et de longue durée étaient expirés. Dès lors, en la plaçant dans la position de la disponibilité d'office sur le fondement de l'article L. 514-4 du code général de la fonction publique, le directeur général du CHU Dijon Bourgogne n'a pas commis d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation.

42. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de l'avis du conseil médical rendu le 7 novembre 2022, et n'est pas sérieusement contesté que Mme E était inapte à toutes fonctions. En prononçant sa mise en disponibilité d'office, le CHU Dijon-Bourgogne n'a dès lors pas commis méconnu ses obligations de reclassement.

43. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit aux points 32 à 42 que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 7 février 2024. Ses conclusions tendant à l'annulation de cette décision doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

44. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

45. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHU de Dijon-Bourgogne, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante pour l'essentiel, le versement au profit du conseil de Mme E -laquelle a obtenu l'aide juridictionnelle partielle-, des sommes demandées sur ce fondement.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions du centre hospitalier universitaire de Dijon-Bourgogne en date des 20 septembre 2022, 17 janvier 2024 et 23 novembre 2022.

Article 2 : Les conclusions présentées par Mme E sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F E, au centre hospitalier universitaire de Dijon-Bourgogne et à Me Grenier.

Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- Mme Desseix, première conseillère,

- Mme Bois, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.

L'assesseure la plus ancienne,

M. DesseixLe président,

L. BoissyLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

Nos 2202985, 2300393, 2400802, 2403247, 2401935

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