jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2203068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 novembre 2022, M. B A représenté par Me Grenier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir ou à défaut de procéder à un nouvel examen de sa situation dans les mêmes conditions de délais ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le préfet devra produire l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), justifier de la régularité de sa composition, établir que le médecin auteur du rapport médical n'y a pas siégé et démontrer qu'il mentionne les éléments de procédure ainsi que l'exige l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 ;
- la décision a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il souffre de pathologies cardiaques, neurologiques et psychiatriques graves qui nécessitent un traitement dont l'interruption l'exposerait à des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui n'est pas disponible dans son pays d'origine ; en contradiction avec ses précédents avis, le collège de médecins de l'OFII a estimé qu'il pourrait être pris en charge en Géorgie alors que le système de soins dans ce pays ne s'est pas amélioré et que son état de santé n'a pas évolué favorablement ; le tribunal pourra user de ses pouvoirs d'instruction pour se faire communiquer les éléments qui ont conduit le collège de médecins de l'OFII à émettre un avis en ce sens ;
- elle a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale dès lors que la décision de refus de séjour est illégale ;
- elle méconnait le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est illégale dès lors que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est illégale ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale dès lors que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est illégale ;
- elle a été prise en violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2023, le préfet de la Côte-d'Or représenté par Me Cano conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 avril 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Coquillon, représentant le préfet de la Côte-d'Or.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant géorgien né en 1961, est entré en France le 18 octobre 2011 selon ses déclarations. Sa demande d'asile et sa demande de réexamen de sa demande d'asile ayant été rejetées, l'intéressé a sollicité à plusieurs reprises la délivrance d'un titre de séjour en faisant valoir son état de santé. Si la légalité de l'arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 4 juillet 2014 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français a été confirmée par un jugement du tribunal du 19 septembre 2014, l'arrêté du 26 janvier 2018 ayant le même objet a été annulé par un jugement du tribunal du 3 mai 2018. Le préfet de la Côte-d'Or, après avoir réexaminé la situation de M. A lui a délivré des titres de séjour successifs, sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, valables du 18 mai 2018 au 9 octobre 2019. Par un arrêté du 7 juillet 2020, le préfet de la Côte-d'Or, qui n'a pas suivi l'avis du 20 novembre 2019 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui avait estimé que l'interruption des soins délivrés à l'intéressé pouvait l'exposer à des conséquences d'une exceptionnelle gravité et ne pouvaient lui être dispensés dans son pays d'origine, a refusé de lui renouveler ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. La magistrate désignée du tribunal a, par un jugement du 12 avril 2021, après avoir renvoyé le jugement des conclusions dirigées contre la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour à la formation collégiale du tribunal, annulé les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination contenues dans l'arrêté du 7 juillet 2020. Le tribunal, par un jugement du 31 mai 2021, a annulé la décision de refus de séjour. Les deux jugements des 12 avril et 31 mai 2021 ont été confirmés par la cour administrative d'appel de Lyon les 3 mai et 21 juin 2022. Sur injonction du tribunal, le préfet de la Côte-d'Or a délivré à M. A une carte de séjour temporaire valable du 18 juin 2021 au 17 juin 2022. Le 16 mars 2022, M. A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. En l'espèce, la décision attaquée vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a également précisé l'état civil du requérant, les modalités de son entrée sur le territoire français, l'avis du 25 juillet 2022 du collège de médecins de l'OFII estimant que l'interruption des soins délivrés à l'intéressé l'exposerait à des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'il pouvait être pris en charge dans son pays d'origine ainsi que les principaux éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale. Il s'ensuit que la décision en litige énonce de manière suffisamment circonstanciée l'ensemble des considérations de droit et de fait qui la fonde pour mettre M. A en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de refus de séjour doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision portant refus de titre de séjour a été prise au vu d'un avis du collège des médecins de l'OFII en date du 25 juillet 2022 qui a été produit par le préfet de la Côte-d'Or. Il résulte de cet avis que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège des médecins. Par ailleurs, par une décision du 14 mars 2022, aisément consultable en ligne, le directeur général de l'OFII a régulièrement désigné les trois médecins chargés d'émettre l'avis prévu aux articles R. 611-1 et R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, si l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 prévoit que l'avis doit mentionner " les éléments de procédure ", cette mention renvoie, ainsi qu'il résulte du modèle d'avis figurant à l'annexe C de l'arrêté, à l'indication que l'étranger a été, ou non, convoqué par le médecin ou par le collège, à celle que des examens complémentaires ont été, ou non, demandés et à celle que l'étranger a été conduit, ou non, à justifier de son identité. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que la réalisation d'examens complémentaires, la convocation de l'intéressé et la justification de son identité devant les membres du collège aient été jugées nécessaires. Par suite, la circonstance que les cases correspondant à ces éléments n'aient pas été cochées n'a exercé aucune influence sur le sens de l'avis et n'a privé l'intéressé d'aucune garantie. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ".
6. D'une part, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et s'il peut bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie à laquelle l'avis du collège de médecins de l'OFII est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger, et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
7. D'autre part, pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A souffre d'une cardiopathie ischémique, de diabète et de troubles neuropsychologiques. Il a en outre été victime en mai 2019 d'un accident vasculaire cérébral transitoire. Ces différentes affections justifient l'administration d'un traitement composé de nombreux médicaments. Il est, par ailleurs, constant que l'état dépressif du requérant a rendu nécessaire à plusieurs reprises son hospitalisation dans un établissement de soins psychiatriques. Dans son avis du 25 juillet 2022, le collège de médecins de l'OFII a estimé que le défaut de prise en charge médicale de M. A pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. M. A le conteste en faisant valoir que dans son précédent avis le collège de médecins avait considéré que les traitements adaptés à ses pathologies ne pouvaient lui être dispensés en Géorgie. Toutefois, le requérant ne saurait se prévaloir utilement de l'avis du 20 novembre 2019 du collège de médecins de l'OFII qui correspond à l'appréciation de la disponibilité des soins en 2019, alors que la décision en litige a été prise trois ans plus tard à la suite de l'avis du 25 juillet 2022. Par ailleurs, les deux certificats médicaux établis les 21 décembre 2022 et le 29 novembre 2022 par son cardiologue et son psychiatre, qui se bornent à indiquer sans plus de précision qu'il ne pourrait pas être soigné en Géorgie, sont insuffisamment circonstanciés pour remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII. Enfin, le requérant ne démontre pas que les médicaments qui lui sont prescrits étaient, à la date de la décision attaquée, absents en tout ou partie, de la liste des médicaments essentiels disponibles en Géorgie ni qu'il ne pourrait pas être pris en charge dans les différents établissement hospitaliers géorgiens mentionnés par le préfet en annexe de son mémoire en défense. S'il se prévaut d'un extrait du rapport datant de 2020 de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) faisant état des insuffisances du système de soins en Géorgie, les termes généraux de ce document, qui ne se prononce d'ailleurs pas sur les traitements nécessaires à l'état de santé de M. A, ne sont pas de nature à contredire utilement l'avis du collège de médecins de l'OFII. Dans ces conditions le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
10. Si M. A soutient résider en France de manière habituelle depuis 2011, il est constant qu'il a vécu dans son pays d'origine, où il n'est pas dépourvu d'attaches familiales, jusqu'à l'âge de cinquante ans. S'il fait également valoir que sa femme et son fils vivent en France à ses côtés, il ressort des pièces du dossier que l'un et l'autre sont en situation irrégulière de sorte que rien ne s'oppose à la reconstitution de la cellule familiale en Géorgie. Par ailleurs, si l'intéressé s'est vu reconnaître un taux d'incapacité compris entre 50 et 79% le 19 septembre 2019 et qu'il bénéficie de l'allocation aux adultes handicapés, ces éléments ne permettent pas d'établir qu'il ne pourrait pas poursuivre normalement sa vie privée et familiale, en compagnie de son épouse, dans son pays d'origine où il a vécu auparavant, où réside sa fille et où, comme il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé ne pourrait pas faire l'objet d'une prise en charge appropriée. Enfin, il n'établit, ni même n'allègue, être intégré socialement ou professionnellement sur le territoire. Dans ces conditions, M. A, qui ne peut être regardé comme ayant en France le centre de ses intérêts privés et qui pourra reconstituer sa cellule familiale en Géorgie, n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Côte-d'Or a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, l'illégalité de la décision de refus de séjour n'ayant pas été établie, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
12. En deuxième lieu, aux termes l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.() ".
13. Pour les mêmes motifs qu'exposés au point 8, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
14. En troisième lieu, eu égard aux éléments de sa situation personnelle rappelés aux points 8 et 10, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet de la Côte-d'Or a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'ayant pas été établie, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire.
16. En second lieu, si M. A soutient que le préfet aurait dû lui octroyer un délai de départ supérieur à trente jours en vue d'organiser la fin de sa prise en charge médicale en France et le début de sa prise en charge en Géorgie, il n'établit ni même n'allègue avoir saisi le préfet de la Côte-d'Or d'une telle demande. En outre, il ne justifie pas dans ses écritures et par les pièces versées à l'instance de motifs précis qui auraient dû conduire le préfet à lui accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans la fixation du délai de départ volontaire, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
17. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'ayant pas été établie, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.
18. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
19. M. A soutient qu'en raison de son état de santé et de l'absence de soins adaptés, son pronostic vital sera engagé en cas de retour en Géorgie. Toutefois ainsi que cela a été exposé au point 8, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 octobre 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Grenier et au préfet de la Côte-d'Or.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
Le président-rapporteur,
O. CLa conseillère première assesseure,
M.E Laurent
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026