LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2203152

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2203152

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2203152
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantKOSZCZANSKI VANESSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2022, M. A B, représenté par le cabinet d'avocats Koszanski et Berdugo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de l'Yonne a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Yonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à titre subsidiaire, la mention " étudiant " ou, à titre infiniment subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- il remplit les conditions prévues par les articles L. 435-1 et L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire ;

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, le préfet de l'Yonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la demande de titre de séjour de M. B est en cours d'instruction ;

- le dossier de demande de titre de séjour déposé par le requérant était incomplet ;

- par un courrier du 10 janvier 2023, M. B a été informé de la liste des pièces justificatives à produire et été invité à prendre rendez-vous auprès des services de la préfecture afin que lui soit remis un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois ;

- le requérant n'a donné aucune suite à ce courrier.

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 6 février 2023, M. B persiste dans ses précédentes écritures.

Il soutient en outre que :

- il n'a reçu aucun courrier de la préfecture au cours du mois de janvier 2023 ;

- en tout état de cause, l'envoi de ce courrier est postérieur à l'enregistrement de la requête et donc sans incidence sur sa demande.

Par une ordonnance du 26 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 février 2023.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, qui s'est tenue hors la présence des parties, le rapport de Mme Zeudmi Sahraoui, rapporteure.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant ivoirien, a saisi le préfet de l'Yonne, par un courrier du 13 mai 2022, d'une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à, titre subsidiaire, sur le fondement de l'article L. 422-1 du même code. Le préfet n'a pas répondu à cette demande de titre de séjour. Par sa requête M. B demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence de l'administration sur sa demande.

Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Aux termes de l'article R. 432-1 du même code : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. ".

3. Le préfet de l'Yonne soutient que la demande de titre de séjour présentée par M. B est actuellement en cours d'instruction et qu'il n'a pas statué sur cette demande. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la demande de titre de séjour présentée par M. B a été reçue par le préfet de l'Yonne le 17 mai 2022. Le silence gardé par l'administration a fait naître, à l'expiration du délai de quatre mois, une décision implicite de rejet. Le préfet n'établit pas avoir prolongé le délai d'instruction de cette demande en adressant à l'intéressé un courrier en ce sens. Par ailleurs, si le préfet soutient que la demande de titre de séjour de M. B était incomplète et qu'il lui a adressé un courrier en date du 10 janvier 2023 l'invitant à communiquer les pièces manquantes, d'une part il n'établit ni l'existence de ce courrier ni sa réception par le requérant, alors que celui-ci conteste l'avoir reçu. D'autre part, l'envoi de ce courrier, à le supposer établi, est postérieur à la naissance de la décision implicite de rejet et n'a donc aucune incidence sur l'existence de cette décision. La circonstance, invoquée par le préfet de l'Yonne, que le délai d'instruction des premières demandes de titre de séjour était de huit mois au cours du troisième trimestre de l'année 2022 est également sans incidence sur les conséquences à tirer de l'expiration du délai de quatre mois visé à l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir que le silence de l'administration sur sa demande de titre de séjour a fait naître, à l'expiration du délai de quatre mois, une décision implicite de rejet. La fin de non-recevoir soulevée en défense doit être écartée

Sur la légalité de la décision attaquée :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 232-4 de ce code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette

demande () ". Une décision portant refus de titre de séjour est au nombre de celles devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration Toutefois, une demande de communication des motifs d'une décision implicite de rejet, formée en application des dispositions précitées, est sans objet quand elle intervient avant l'expiration du délai au terme duquel naît ce rejet implicite. Dès lors, elle ne peut pas faire courir le délai d'un mois prévu par ces dispositions, et la décision implicite qui naît ensuite ne se trouve pas entachée d'illégalité du seul fait que ses motifs n'ont pas été communiqués à l'intéressé.

5. Il ressort des pièces du dossier que le courrier en date du 13 septembre 2022 par lequel M. B a sollicité la communication des motifs de la décision implicite de refus de titre de séjour a été reçu par l'administration le 15 septembre 2022, soit antérieurement à l'expiration du délai de quatre mois imparti à l'administration pour prendre une décision sur la demande de titre de séjour dont elle avait été saisie. Dès lors, cette demande de communication des motifs était prématurée et n'a pu faire courir le délai d'un mois prévu par les dispositions précitées de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision implicite contestée doit, par conséquent, être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. M. B soutient qu'il est entré en France le 26 mars 2018 de manière régulière alors âgé que de quinze ans, qu'il réside sur le territoire français depuis cette date, qu'il a suivi, avec assiduité, une scolarité dès le mois de mai 2018 au collège puis au lycée, qu'il vit chez sa tante qui le prend en charge et que ses deux petites sœurs, dont l'une est de nationalité française, et son père, résident également en France. Toutefois, à la date de la décision attaquée, le séjour en France de M. B présentait un caractère récent, et s'il justifie de la présence en France de son père, de sa sœur Mira et de sa demi-sœur, qui est de nationalité française, il ne produit aucune pièce permettant d'établir qu'il entretiendrait avec les membres de sa familles présents en France des liens intenses et stables. Le requérant n'établit ni même n'allègue être isolé en Côte-d'Ivoire, pays dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de quinze ans. Il n'établit pas davantage qu'il ne pourrait pas poursuivre sa scolarité en Côte-d'Ivoire. Dès lors, les moyens tirés de ce que la décision portant refus de titre de séjour aurait été prise en méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

9. M. B soutient qu'il justifie du sérieux de ses études et qu'il souhaite poursuivre ses études par un BTS Banque. Toutefois, le requérant qui était inscrit, au titre de l'année 2021-2022, en classe de terminale professionnelle " gestion administration " au lycée professionnel Saint-Germain à Auxerre, ne justifie, à la date de la décision attaquée, d'aucune inscription au sein d'un établissement scolaire au titre de l'année 2022-2023. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de l'Yonne a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Yonne.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,

M. Hugez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

La rapporteure,

N. ZEUDMI SAHRAOUI

Le président,

Ph. NICOLET La greffière,

L. CUROT

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

lc

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions