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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2203235

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2203235

jeudi 4 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2203235
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 décembre 2022 et un mémoire enregistré le 28 mars 2023, M. B A, représenté par Me Clémang, demande au tribunal :

1°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de communiquer les éléments médicaux en sa possession concernant la tentative d'éloignement de 2019 ;

2°) de demander la production de l'entier dossier médical détenu par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

3°) d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

4°) d'enjoindre au préfet la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- la décision a été prise à la suite d'un avis de l'OFII dont la régularité n'est pas démontrée ;

- il est fondé à demander la production de son entier dossier médical, et à défaut de production de ce dossier, la décision doit être annulée ;

- la décision de refus de séjour a été prise en violation des articles L. 423-23 et L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les motifs tirés du détournement de l'objet du visa qu'il a obtenu pour venir en France en 2017 et de l'inexécution de la précédente mesure d'éloignement ne pouvaient lui être opposés valablement ;

En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

- l'obligation de quitter le territoire français a été prise à la suite d'un avis de l'OFII dont la régularité n'est pas démontrée ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'il ne peut pas quitter la France ni voyager en raison de son état de santé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mars 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me Clemang, représentant M. A et de Mme D représentant le préfet de la Côte-d'Or.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain, né le 28 mai 1944, est entré en France le 26 janvier 2017 sous couvert d'un visa de court séjour valable jusqu'au 5 avril 2017. Le 5 avril 2018, il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour au titre de son état de santé. Par arrêté du 11 janvier 2019, le préfet de la Côte-d'Or a pris à son encontre un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire dans le délai de 30 jours. Le recours de M. A contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal en date du 18 juin 2019. Le 22 octobre 2019, M. A a fait l'objet d'un arrêté portant interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an et d'un arrêté portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Le 22 juillet 2021, l'intéressé, toujours présent en France, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou une admission exceptionnelle au séjour mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 8 novembre 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le refus de séjour

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

3. En l'espèce, comme le requérant l'indique lui-même, sa demande de titre de séjour présentée le 22 juillet 2021 n'était pas fondée sur les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais sur les dispositions des articles L. 423-23 et L. 431-5 du même code. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Côte-d'Or a saisi le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sur le fondement des dispositions, non de l'article L. 425-9 de ce code, mais sur celui de son article R. 611-1, afin de recueillir son avis sur l'état de santé du requérant. Le moyen tiré du vice éventuel de procédure qui entacherait l'avis émis le 10 septembre 2022 par le collège des médecins de l'OFII ne peut dès lors être utilement soulevé à l'encontre de la décision de refus de séjour. M. A ne peut davantage contester utilement cet avis à l'appui de sa demande d'annulation de cette décision.

4. En tout état de cause, s'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'OFII. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

5. Il n'appartient à cet égard qu'au seul tribunal de demander à l'OFII la communication de cet avis, et une telle communication n'est pas un préalable obligatoire à l'examen d'une demande de titre de séjour d'un étranger qui invoque un droit au séjour en raison de son état de santé. Le moyen tiré du vice de procédure ne peut dès lors qu'être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en 2017, en compagnie de son épouse. Le requérant est demeuré auprès de son fils, de nationalité française, et de l'une de ses filles, après avoir été victime d'un infarctus du myocarde en mars 2017, qui a été suivi de la pose d'un défibrillateur en août 2017. La présence en France du requérant est principalement motivée par son état de santé, alors que son épouse est retournée vivre au Maroc, où elle est prise en charge par une de leurs filles. M. A ne justifie pas d'une insertion particulière dans la société française, et il a conservé des liens familiaux au Maroc, où il a vécu l'essentiel de son existence. Il ne ressort pas, dès lors, des pièces du dossier que le préfet aurait porté une atteinte excessive au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale au regard des motifs du refus. Le moyen tiré de la violation de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit par suite être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L.435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

9. Ainsi qu'il a été dit au point 7., la présence en France de M. A est la conséquence des problèmes de santé qu'il a rencontrés lors de son séjour en 2017, et qui ont fait obstacle à l'exécution de la précédente mesure d'éloignement prononcée en 2019 à son encontre. Il n'est à cet égard pas utile de se procurer l'avis du médecin qui a examiné le requérant lors de cette tentative d'éloignement, de nouveaux éléments médicaux plus récents figurant au dossier. Les seules considérations soulevées, qui portent sur l'état de santé de M. A, qui n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, ne peuvent être regardées, dans les circonstances de l'espèce comme des circonstances humanitaires ou exceptionnelles au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de délivrer à M. A un titre de séjour sur ce fondement.

10. Enfin, la circonstance que M. A soit demeuré en France au-delà de la durée de validité de son visa, ou qu'il n'ait pas exécuté la précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre, ne saurait, en elle-même, et en particulier dans les circonstances de l'espèce, eu égard aux problèmes de santé rencontrés par le requérant, justifier une décision de refus de séjour fondée sur les dispositions des articles L. 423-23 et L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; pour autant, il résulte de l'instruction que le préfet de la Côte-d'Or aurait pris la même décision s'il ne s'était pas fondé sur ces considérations.

11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de refus de séjour qui lui est opposée.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.() ". Et aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".

13. Aux termes de l'article 9 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui, dans le cadre de la procédure prévue aux titres I et II du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sollicite le bénéfice des protections prévues au 10° de l'article L. 511-4 () est tenu de faire établir le certificat médical mentionné au deuxième alinéa de l'article 1er. () Dans tous les cas, l'étranger est tenu d'accomplir toutes les formalités nécessaires à l'établissement du certificat médical pour bénéficier de la protection qu'il sollicite ". Selon l'article 1er de cet arrêté : " L'étranger qui dépose une demande de délivrance ou de renouvellement d'un document de séjour pour raison de santé est tenu, pour l'application des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de faire établir un certificat médical relatif à son état de santé par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier. / A cet effet, le préfet du lieu où l'étranger a sa résidence habituelle lui remet un dossier comprenant une notice explicative l'informant de la procédure à suivre et un certificat médical vierge, dont le modèle type figure à l'annexe A du présent arrêté ". Aux termes de l'article 11 du même arrêté : " Au vu du certificat médical, un collège de médecins () émet un avis dans les conditions prévues à l'article 6 et au présent article et conformément aux modèles figurant aux annexes C et D du présent arrêté. () ". Enfin, l'article 3 de cet arrêté prévoit, s'agissant des étrangers sollicitant leur admission au séjour : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté ".

14. Il résulte des dispositions précitées de l'arrêté du 27 décembre 2016 qu'il est dérogé à la rédaction préalable par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du rapport prescrit à son article 3 lorsqu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement entend se prévaloir, à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, de la protection résultant du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu, depuis le 1er mai 2021, le 9° de l'article L. 611-3 du même code.

15. Le préfet de la Côte-d'Or a estimé, au vu des éléments médicaux portés à sa connaissance par M. A, lequel n'a pas formé de demande de titre de séjour à raison de son état de santé, qu'il était susceptible de se prévaloir d'une protection contre l'éloignement, en application du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa situation entrait dès lors dans l'hypothèse prévue par l'article 9 de l'arrêté du 27 décembre 2016, lequel n'impose pas la rédaction d'un rapport médical préalablement à l'avis du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. En outre, il ressort des mentions de l'avis du 10 septembre 2022 qu'il a été rendu de façon collégiale par trois médecins. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure ne peut qu'être écarté.

16. En deuxième lieu, s'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation d'une décision d'éloignement, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'OFII. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

17. Il ressort en l'espèce de l'avis du collège de médecins de l'OFII que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'il existe dans son pays d'origine un traitement approprié à sa prise en charge, et qu'il peut voyager sans risque vers ce pays. L'intéressé conteste cette appréciation, en faisant valoir que cet avis n'est pas contemporain de la décision en litige. Toutefois, cet avis a été émis le 10 septembre 2022, soit moins de deux mois avant la décision contestée, et M. A fournit lui-même un certificat médical daté du 15 décembre 2022 de son cardiologue qui fait état d'une stabilisation de son état de santé et qui ne mentionne pas que sa prise en charge médicale ne pourrait pas être assurée au Maroc. S'il verse également à l'instance le certificat d'un médecin généraliste, daté du 27 janvier 2023, qui indique que son état de santé

" parait incompatible avec un éloignement durable des équipes qui le suivent ", cette pièce, unique et insuffisamment circonstanciée, n'est pas de nature à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII, qui a estimé que les soins nécessaires pouvaient être prodigués au Maroc. Les éléments médicaux produits ne permettent pas davantage d'établir que le requérant ne pourrait voyager sans risque vers son pays d'origine.

18. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article

L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté, sans qu'il soit besoin en l'espèce d'ordonner la communication du dossier au vu duquel le collège de médecins de l'OFII a rendu son avis, le tribunal étant suffisamment éclairé par les pièces du dossier.

19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

20. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions en injonction doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés au litige

21. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. A de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme que réclame le préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Océane Viotti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.

La rapporteure,

M-E C

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

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