vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2203236 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ADIDA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 décembre 2022, Mme C B, représentée par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 octobre 2022 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil l'a placée en congé maladie ordinaire à demi-traitement du 1er au 31 octobre 2022 ;
2°) d'enjoindre à la directrice de l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil, d'une part, de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) du 1er au 31 octobre 2022 et, d'autre part, de régulariser sa rémunération en conséquence ;
3°) de mettre à la charge de l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil les dépens ainsi qu'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure ;
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'incompétence négative dès lors que l'autorité hiérarchique s'est estimée, à tort, liée par l'avis de la commission de réforme ;
- elle est, en tant qu'elle la place en congé de maladie ordinaire, entachée, d'une part, d'une erreur de droit au regard des articles 35-9 à 35-11 et 35-17 du décret du 19 avril 1988, ainsi que des articles L. 514-4, L. 822-22 et L. 826-2 et suivants du code général de la fonction publique et, d'autre part, d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle présente la même symptomatologie que celle qui avait été précédemment reconnue imputable au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2022, l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil, représenté par Me Kovac, conclut au rejet de la requête et à ce que les dépens, ainsi que la somme de 3 500 euros soient mis à la charge de Mme B.
L'EHPAD fait valoir que les moyens invoqués par cette dernière ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Puglierini, rapporteur public,
- les observations de Me Couet, représentant Mme B, et celles de Me Faivre, représentant l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, recrutée en juillet 2018 en qualité d'aide-soignante contractuelle au sein de l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil, puis titularisée le 18 mai 2020, a été victime, le 7 septembre suivant, d'une vive douleur aux cervicales et à l'épaule droite alors qu'elle installait un résident au lit. Cet accident ayant été reconnu imputable au service par décision du 8 septembre 2020, Mme B a bénéficié d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS), régulièrement prolongé jusqu'au 13 avril 2021 et percevait à ce titre un plein traitement. Le 30 mars 2021, l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil a fait procéder à l'examen de l'intéressée par un médecin agréé, qui a estimé dans un rapport du 21 avril 2021 qu'une " reprise du travail est à envisager à la fin de son arrêt de travail actuel ", soit le 14 mai suivant, sur " poste habituel ". Toutefois, Mme B n'a jamais repris son service et a adressé à son employeur des certificats médicaux de prolongations successives de son arrêt de travail. Le 18 mai 2021, le médecin du travail a conclu à son aptitude à la reprise en mi-temps thérapeutique, moyennant un certain nombre de restrictions. A cet effet, Mme B a été rendue destinataire d'une convocation pour une consultation auprès d'un médecin agréé, fixée au 31 mai 2021, dont elle a sollicité l'annulation sur les conseils de son médecin traitant. Dans ces conditions, l'EHPAD a saisi la commission de réforme hospitalière qui, dans un avis du 7 décembre 2021, a considéré que les arrêts de travail, au-delà du 13 avril 2021, sont " à prendre en congés maladie ordinaire ". Par un courrier du 16 décembre 2021, la directrice de l'EHPAD a informé Mme B de ses décisions, d'une part, de la placer en congé de maladie ordinaire à compter du 14 avril 2021 à plein traitement durant trois mois, puis à demi-traitement et, d'autre part, de procéder au recouvrement des trop-perçus de rémunération pour la période allant de juillet à décembre 2021. Par une décision du même jour, assortie de la mention des voies et délais de recours, Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire à compter du 14 avril 2021 avec maintien d'un plein traitement jusqu'au 12 juillet inclus. Elle demande au tribunal d'annuler la décision du 14 octobre 2022 par laquelle la directrice de l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil l'a placée à demi-traitement du 1er au 31 octobre 2022.
Sur le cadre et l'objet de la décision en litige :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, reconnue victime d'un accident imputable au service survenu le 7 septembre 2020, a été placée par décisions successives en CITIS jusqu'au 13 avril 2021, mois au cours duquel le médecin agréé, saisi par l'EHPAD en application des dispositions de l'article 35-10 du décret du 19 avril 1988, a conclu, ainsi qu'il a été dit au point 1, qu'une reprise du travail est à envisager à compter du 14 mai 2021. L'intéressée n'ayant jamais repris son service en dépit de ces conclusions et ayant sollicité de l'EHPAD des prolongations complémentaires, ce dernier a saisi la commission de réforme, qui n'a émis un avis favorable à l'imputabilité au service des arrêts de travail que jusqu'au 13 avril 2021. Compte-tenu de cet avis et des conclusions du médecin agréé à l'issue de la contre-visite sollicitée par l'administration le 30 mars 2021, la directrice de l'EHPAD a, le 16 décembre 2021, décidé de placer la requérante " en situation de congé maladie ordinaire " à compter " du 14 avril 2021 " et de recouvrer les sommes qu'elle estime indûment versées, dès lors que Mme B aurait " dû percevoir un salaire à demi-traitement à compter du 14 juillet 2021 ". A cet effet, un titre exécutoire a été émis le 31 décembre suivant pour un montant de 6 170,06 euros correspondant, aux termes du décompte joint au courrier du 16 décembre et versé aux débats par la requérante, au " passage à un demi-traitement à compter du 14 juillet 2021 ".
3. Par des décisions des 6 et 14 janvier, 14 février, 17 mars, 14 avril, 10 mai, 14 juin, 5 juillet, 4 août, 30 septembre et 14 octobre 2022, la directrice de l'EHPAD a, d'une part, confirmé un " paiement intégral les trois premiers mois ", puis à demi-traitement et, d'autre part, fixé le bénéfice du demi-traitement, du " 13 juillet " au 31 octobre 2022. Ainsi, contrairement à ce que soutient Mme B, ces décisions, qui n'ont, par elles-mêmes, ni pour objet ni pour effet de la placer en position de congé de maladie ordinaire, se bornent à tirer les conséquences pécuniaires de son placement, au mois de décembre 2021, en congés de maladie ordinaire à compter du 14 avril 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants () ". Il résulte des dispositions précitées que le fonctionnaire qui bénéficie d'un congé pour maladie ordinaire ne conserve le droit au maintien intégral de son traitement pendant ce congé qu'à la condition qu'au cours de la période de référence d'un an précédant la date à laquelle ses droits à rémunération sont appréciés, il n'ait pas déjà bénéficié de plus de trois mois de congé de maladie à plein traitement.
5. Pour rémunérer à demi-traitement Mme B -qui demande l'annulation de la seule décision du 14 octobre 2022 tirant les conséquences de celle prise le 16 décembre 2021 la plaçant en congé de maladie ordinaire à compter du 14 avril 2021 et non l'annulation de cette dernière, qu'elle ne conteste d'ailleurs pas même par la voie de l'exception d'illégalité-, l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil s'est borné, au visa de l'article " 41 précisant les modalités de traitement d'un agent en congé maladie ordinaire ", à confirmer qu'après un " paiement intégral " les trois premiers mois, son traitement sera réduit de moitié les mois suivants, en particulier durant le mois d'octobre 2022. Dans ces conditions et dès lors que l'intéressée se trouvait, à la date de la décision attaquée, en position de congé de maladie ordinaire, l'EHPAD était tenu par les dispositions précitées de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 de verser, passés les trois premiers mois, un demi-traitement à Mme B. Par suite et eu égard à ce qui a été dit au point 3 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, d'un vice de forme, d'une incompétence négative, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation sont inopérants.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 14 octobre 2022 ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B.
Sur les dépens :
7. Dès lors que la présente instance n'a donné lieu à aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par Mme B et l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil sur ce fondement doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'EHPAD sur le même fondement.
DECIDE :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à l'EHPAD intercommunal de Sennecey-le-Grand et Saint-Ambreuil.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Zupan, président,
- M. Blacher, premier conseiller,
- Mme Hunault, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
K. ALe président,
D. Zupan
La greffière,
E. Herique
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
No 2203236
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026