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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2203275

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2203275

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2203275
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantGOURINAT DAVID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Tupinier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 octobre 2022 par lequel le maire de Bretigny s'est opposé à sa déclaration préalable en vue du remplacement et de l'ajout d'une clôture sur un terrain situé 6 chemin du Grand Rousseau à Bretigny ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bretigny la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé ;

- cet arrêté méconnait les dispositions des articles R. 421-2 et R. 421-12 du code de l'urbanisme, dès lors que l'édification de sa clôture n'est pas soumise à déclaration préalable ;

- il est entaché d'une erreur de droit au regard de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que sa clôture n'est pas située à l'alignement.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2023, la commune de Bretigny, représentée par Me Gourinat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de

1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au

15 juillet 2024.

Une pièce a été produite le 10 septembre 2024 par la commune de Bretigny, à la demande du tribunal, et communiquée à M. A en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de la voirie routière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,

- les observations de Me Gourinat pour la commune de Bretigny

Considérant ce qui suit :

1. M. A, propriétaire d'une maison implantée sur la parcelle cadastrée section AC 60, sise 6 chemin du Grand Rousseau sur le territoire de la commune de Bretigny, a déposé le 12 octobre 2022 une déclaration préalable en vue du remplacement de la clôture située le long du chemin du Grand Rousseau et de l'ajout d'une clôture sur le muret existant, en fond de parcelle, le long de la parcelle AC 58. Par arrêté du 17 octobre 2022, le maire de Bretigny s'est opposé à la déclaration préalable au motif que le projet, qui prévoit une clôture sur l'alignement constituée de lames composite, ne respecte pas les dispositions de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bretigny. Par la présente requête, M. A en demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision () s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision () d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ". Aux termes de l'article A. 424-3 de ce code : " L'arrêté indique, selon les cas ; () b) () si la déclaration préalable fait l'objet d'une opposition () ". Aux termes de l'article A. 424-4 de ce code : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision et indique les voies et délais de recours ".

3. Il ressort de l'arrêté en litige que celui-ci, qui vise en particulier le plan local d'urbanisme de la commune de Bretigny et qui s'est référé à son article UB 11, a suffisamment exposé les circonstances de droit et de fait qui ont conduit le maire de Bretigny à s'opposer à la déclaration préalable de M. A. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 421-2 du code de l'urbanisme : " Sont dispensées de toute formalité au titre du présent code, en raison de leur nature ou de leur très faible importance, sauf lorsqu'ils sont implantés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, dans les abords des monuments historiques ou dans un site classé ou en instance de classement : () g) Les clôtures, en dehors des cas prévus à l'article R. 421-12 () ". Aux termes de l'article R. 421-12 de ce code : " Doit être précédée d'une déclaration préalable l'édification d'une clôture située : () d) Dans une commune ou partie de commune où le conseil municipal ou l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme a décidé de soumettre les clôtures à déclaration ".

5. Il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 7 avril 2008, le conseil municipal de Bretigny a décidé, sur le fondement de l'article R. 421-12 du code de l'urbanisme, de soumettre à déclaration préalable l'édification de clôtures sur le territoire de la commune. Il suit de là que M. A était tenu de déposer une déclaration préalable en vertu de cette délibération. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 421-2 et R. 421-12 du code de l'urbanisme doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article UB 11 " aspects extérieurs " du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bretigny : " () Les clôtures sur alignement lorsqu'elles existent, doivent être constituées : / - soit par des grilles ou grillages surmontant éventuellement une murette, doublés ou non de haies vives, / - soit par des haies vives, / - soit par un mur en pierre du pays ou enduit. L'enduit sera identique à celui du bâtiment principal () ". Aux termes de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière : " L'alignement est la détermination par l'autorité administrative de la limite du domaine public routier au droit des propriétés riveraines () ".

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le chemin du Grand Rousseau, qui fait partie du domaine public communal, se situe à l'alignement de la parcelle cadastrée AC 60 dont M. A est propriétaire, et ce malgré la présence d'une petite bande enherbée entre la clôture et la limite de la voirie. Par suite, c'est par une exacte application de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bretigny, qui ne permet pas l'édification de clôture sur alignement constituée de lames composite et qui n'a ni pour objet ni pour effet de faire obstacle aux dispositions de l'article 647 du code civil, que le maire s'est opposé le 17 octobre 2022 à la déclaration préalable de M. A.

8. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, et notamment les plans joints à la déclaration préalable, que l'autre clôture en litige se situe entre la parcelle AC 60 et la parcelle AC 58, laquelle relève d'une autre propriété privée. Il s'ensuit que les dispositions de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme ne lui sont pas applicables dès lors que cette clôture ne se situe pas à l'alignement. Par suite, M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté en litige en tant qu'il concerne la clôture qui jouxte la parcelle AC 58.

9. Il résulte de tout de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 octobre 2022 en tant qu'il s'est opposé à sa déclaration préalable concernant la clôture située entre la parcelle AC 60 et la parcelle AC 58.

Sur les frais liés au litige :

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A et la commune de Bretigny sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 17 octobre 2022 par lequel le maire de Bretigny s'est opposé à la déclaration préalable de M. A est annulé en tant qu'il porte sur la partie de la clôture située entre la parcelle AC 60 et la parcelle AC 58.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Bretigny tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Bretigny.

Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

La rapporteure,

V. CLe président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2203275

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