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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2203288

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2203288

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2203288
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de M. B, qui demandait l'annulation de l'arrêté du maire de Mâcon du 25 novembre 2022 s'opposant à sa déclaration préalable pour la construction d'une piscine. Le tribunal a jugé que le projet méconnaissait les dispositions de l'article Up6 du règlement du plan local d'urbanisme, combinées à l'article 6 des règles communes, en raison d'un recul insuffisant par rapport à la voie. La solution retenue s'appuie sur le code de l'urbanisme et le règlement du PLU de Mâcon.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 décembre 2022 et 1er mars 2023, M. A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2022 par lequel le maire de Mâcon s'est opposé à sa déclaration préalable en vue de la construction d'une piscine sur un terrain situé 21c rue du Vieux Bourg à Mâcon ;

2°) de condamner la commune à lui verser une indemnité globale de 3 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- son projet est conforme à l'article Up6 applicable à la zone urbaine du règlement du plan local d'urbanisme communal, dès lors que les dispositions relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques n'incluent pas les voies privées ;

- la situation est identique à celle qui prévalait en 2010, année durant laquelle un permis de construire a été délivré en limite d'une voie privée pour la construction d'une maison d'habitation sur le terrain en cause ;

- la résistance abusive dont fait preuve la commune en affirmant de manière mensongère que les règles de la zone Up n'étaient pas applicables à la maison construite en 2010 lui cause un préjudice moral et financier.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2023, la commune de Mâcon conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable ;

- à titre subsidiaire, les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 26 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 mars 2024.

En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, des pièces ont été produites le 29 juin 2024 par M. B et le 2 juillet 2024 par la commune de Mâcon, à la demande du tribunal, et communiquées aux parties.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont seuls été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de Mme C, et les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Le 2 novembre 2022, M. B a déposé en mairie de Mâcon une déclaration préalable en vue de la construction d'une piscine sur les parcelles cadastrées CX 843 et CX 736 sises 21c rue du Vieux Bourg et situées respectivement en zones Up et Uv du plan local d'urbanisme de cette commune. Par arrêté du 25 novembre 2022, le maire de Mâcon s'est opposé à la déclaration préalable au motif que le projet, qui constitue un ensemble bâti, devait être implanté à cinq mètres de l'alignement d'une voie située à l'ouest de la parcelle CX 843. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 " Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques " du chapitre 1 " Règles et définitions communes à toutes les zones " du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mâcon : " En fonction des zones, les constructions doivent s'implanter soit à l'alignement des voies (publiques et privées) et emprises publiques, soit en retrait (voir article 6 des différentes zones). / 1- Cas des constructions implantées à l'alignement / Pour chaque construction implantée à l'alignement, le constructeur devra se référer au règlement de voirie, notamment pour les saillies et les ouvertures (extraits : balcons et saillies de toiture limités à 0,80 m, si la rue est supérieure à 8 m et à une hauteur minimum de 4,30 m au-dessus du sol). / 2- Cas des constructions implantées en retrait / Le recul d'une construction par rapport aux voies et emprises publiques (actuelles ou projetées) est mesuré perpendiculairement, de tout point de la construction au point le plus proche de la limite de la voie ou de l'emprise publique concernée. / A l'intérieur des marges de recul sont exclusivement autorisés : les balcons, oriels, éléments de décor architecturaux, débords de toitures et dispositifs nécessaires à l'utilisation des énergies renouvelables (tels que capteurs d'énergie solaire), systèmes de récupération des eaux pluviales, chacun n'excédant pas 50cm de profondeur par rapport au nu de la façade, ainsi que les clôtures, les marquises, les auvents à hauteur du rez-de-chaussée et les emmarchements. / () Les règles d'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ne sont pas applicables aux constructions techniques liées aux réseaux divers (postes de transformation, poste de relèvement, ) ". Selon les dispositions de l'article Up6 de ce règlement du plan local d'urbanisme, l'application des dispositions fixées par les règles communes de l'article 6 se décline pour la zone Up comme suit : " Les occupations et utilisations du sol doivent être implantées dans les conditions prévues à l'article 6 du chapitre 1 " règles et définitions communes à toutes les zones ". / 6.1. Sauf indication contraire portée au document graphique, les constructions doivent respecter un recul minimum de 5m de l'alignement. Le recul est porté à 20m de la limite d'emprise de la voie ferrée Paris-Lyon. / 6.2 Toutefois, dans le cas d'une opération groupée, l'implantation à l'alignement sera possible ".

3. Il ressort du dossier de déclaration préalable que la construction projetée, située sur la parcelle CX 843 classée en zone Up et la parcelle CX 736 classée en zone Uv du règlement du plan local d'urbanisme communal, a pour objet de créer une piscine dont le bassin est d'une longueur de 6 mètres et d'une largeur de 3,5 mètres. Il ressort des plans de masse que ce bassin est implanté à 1,55 mètres de l'alignement d'une voie privée située à l'ouest de la parcelle CX 843.

4. M. B soutient que l'implantation de la piscine litigieuse, qui jouxte une voie privée, ne méconnaît pas l'article Up6 relatif aux seules voies publiques. Toutefois, les dispositions communes de l'article 6 prescrivent que les règles d'alignement s'appliquent aux " voies (publiques et privées) " et doivent être regardées comme énonçant que les règles de recul s'apprécient, sur l'ensemble des zones, par rapport aux " voies (publiques et privées) ". Dès lors, la règle d'implantation fixée par l'article 6 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme auquel renvoie l'article Up6, qui traite de l'implantation des constructions par rapport aux voies publiques et privées, s'applique à la voie privée située à l'ouest de la parcelle CX 843. En outre, le document graphique de la zone Up ne contient pas d'indication contraire concernant la règle de recul fixée par l'article Up6. Par suite, l'implantation de cette construction à 1,55 mètres de l'alignement de la voie privée située à l'ouest de la parcelle CX 843 ne pouvait être légalement autorisée au regard des dispositions citées au point 2, de sorte que le moyen doit être écarté.

5. En second lieu, la circonstance qu'un permis de construire ait été délivré en 2010 est en tout état de cause sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Par suite, le moyen doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté d'opposition à déclaration préalable du 25 novembre 2022.

Sur les conclusions indemnitaires :

7. Si le requérant soutient, sans au demeurant l'établir, que la commune de Mâcon aurait fait preuve de résistance abusive, il ne démontre pas, en tout état de cause, en quoi ce comportement, à le supposer même avéré, lui aurait causé un préjudice devant être réparé par l'allocation d'une indemnité de 3 000 euros qui n'est justifiée ni dans son principe ni dans son montant.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. B le versement de la somme que la commune réclame à ce titre.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Mâcon tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Mâcon.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.

La rapporteure,

V. CLe président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2203288

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