mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2203299 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | N DIAYE CATHERINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 décembre 2022 et 27 janvier 2023, M. G H D B, représenté par Me N'Diaye, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 9 août 2022 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande de regroupement familial présentée au bénéfice de son épouse, ensemble la décision du 21 octobre 2022 rejetant son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de faire droit à sa demande de regroupement familial dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de cette demande dans le délai de quinze jours à compter de la notification de ce jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît également l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une décision du 6 février 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. D B.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant brésilien titulaire d'une carte de séjour temporaire valable du 5 août 2022 au 4 août 2027, a sollicité, le 29 juin 2022, le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse, Mme E A, ressortissante brésilienne. Par une décision du 9 août 2022, le préfet de Saône-et-Loire a rejeté cette demande. M. D B a présenté un recours gracieux contre cette décision qui a été rejetée le 21 octobre 2022.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 6 février 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon a statué sur la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. D B. Il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à accorder au requérant l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; () ". Aux termes de l'article L. 434-6 du même code : " Peut être exclu du regroupement familial : () / 3° Un membre de la famille résidant en France ". R. 434-6 du même code : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 434-7, le bénéfice du regroupement familial peut être accordé au conjoint et, le cas échéant, aux enfants de moins de dix-huit ans de l'étranger, qui résident en France, sans recours à la procédure d'introduction. / Pour l'application du premier alinéa est entendu comme conjoint l'étranger résidant régulièrement en France sous couvert d'une carte de séjour temporaire d'une durée de validité d'au moins un an ou d'une carte de séjour pluriannuelle qui contracte mariage avec le demandeur résidant régulièrement en France dans les conditions prévues aux articles R. 434-1 et R. 434-2. ".
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Le préfet de Saône-et-Loire a rejeté la demande de regroupement familial présentée par M. D B au bénéfice de son épouse au motif que celle-ci vit sur le territoire français depuis le mois de février 2015 de manière irrégulière et qu'aucune circonstance exceptionnelle ne justifie qu'il soit dérogé aux règles d'entrée et de séjour sur le territoire français.
6. M. D B, qui ne conteste pas la légalité du motif tiré de la présence irrégulière en France de son épouse, soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de celle-ci sur sa situation personnelle et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le requérant fait valoir qu'il réside en France depuis près de huit années et travaille depuis cinq ans, qu'il remplit les conditions de ressources et de logement pour pouvoir bénéficier du regroupement familial au profit de son épouse, que celle-ci est entrée régulièrement en France en janvier 2015 et s'y maintient depuis, qu'ils ont eu un enfant né le 16 mai 2015, se sont mariés le 2 avril 2016 et ne constituent pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, d'une part, le requérant ne produit aucune pièce de nature à établir l'ancienneté de sa relation avec son épouse, antérieurement à leur mariage. D'autre part, l'épouse du requérant se trouve en situation irrégulière depuis son arrivée en France en 2015. Enfin, le requérant ne fait état d'aucune circonstance particulière faisant obstacle à ce que son épouse rejoigne le Brésil, pays dont M. D B possède également la nationalité, durant le temps nécessaire à l'instruction d'une demande de regroupement familial. Dès lors, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision litigieuse sur la situation personnelle et familiale du requérant doivent être écartés.
7. En second lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
8. La décision litigieuse n'a pas pour effet de séparer le fils du requérant de sa mère. D'autre part, à supposer que l'épouse de M. D B rejoigne le Brésil durant le temps de l'instruction de la demande de regroupement familial qui pourrait être déposée par l'intéressé, il n'est pas établi que la séparation temporaire de l'enfant avec l'un de ses parents durant le temps nécessaire à l'instruction de cette demande serait contraire à l'intérêt supérieur du jeune C, âgé de sept ans à la date de la décision attaquée.
9. Il résulte de ce qui précède que M. D B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 août 2022 du préfet de Saône-et-Loire et de la décision du 21 octobre 2022 rejetant son recours gracieux. Les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, quelque somme que ce soit au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G D B, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Catherine N'Diaye.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
La rapporteure,
N. F
Le président,
Ph. NICOLETLa greffière,
L. CUROT
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026