jeudi 16 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2203303 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 décembre 2022, 3 janvier 2023, 9 et 20 octobre 2023, M. B A et D, représentés par Me N'Diaye, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2022 par lequel le maire de Paray-le-Monial ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société française du radiotéléphone (SFR) en vue de la pose d'un pylône treillis de hauteur de 42 mètres équipé de six dispositifs d'antennes sur un terrain situé chemin des Charcans ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Paray-le-Monial et de la société SFR le versement de la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'elle n'est pas tardive et qu'ils justifient de leur intérêt pour agir ;
- l'affichage de la décision litigieuse sur le terrain d'assiette du projet a été réalisé en méconnaissance de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnait l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, dès lors que l'association Emmaüs, propriétaire du terrain d'assiette, n'a pas autorisé l'exécution des travaux en cause ;
- le projet est soumis au régime du permis de construire en vertu de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme et non à celui de la déclaration préalable ;
- le dossier de déclaration préalable est incomplet au regard des prescriptions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- la décision en litige méconnait l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- le projet ne s'insère pas dans son environnement, en méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-28 du code de l'urbanisme ;
- le projet, situé en zone inondable, méconnaît l'article UX 2 du plan local d'urbanisme communal ;
- en décidant de ne pas s'opposer à la déclaration préalable présentée par la société SFR, le maire a méconnu l'obligation résultant de l'article D. 98-6-1 du code des postes et télécommunications ;
- en n'informant pas au préalable le maire de Paray-le-Monial de son projet d'implantation d'une installation radio-électrique, l'exploitant a méconnu l'article L. 34-9-1 du code des postes et télécommunications ;
- le projet dépasse les valeurs limites d'exposition du public aux champs électromagnétiques au regard des prescriptions du 12° de l'article L. 32 du code des postes et télécommunications.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2023, la commune de
Paray-le-Monial, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de chaque requérant la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est partiellement irrecevable, faute pour le représentant légal de D de disposer d'une habilitation lui donnant qualité pour agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 31 mars 2023 et 29 février 2024, la société SFR, représentée par Me Bidault, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2023, la société Circet, représentée par Me Piras-Marcet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 31 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code des postes et communications électroniques ;
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2002-775 du 3 mai 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,
- les observations de Me N'Diaye pour les requérants, de Me Rubio pour la commune de Paray-le-Monial et de Me Bidault pour la société française du radiotéléphone (SFR).
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 octobre 2022, le maire de Paray-le-Monial ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société française du radiotéléphone (SFR) en vue de l'installation d'un pylône treillis d'une hauteur de 42 mètres équipé de six dispositifs d'antennes sur un terrain situé chemin des Charcans, parcelle cadastrée BE 40. M. A et D en demandent l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à déclaration préalable () court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article R. 424-15 de ce code : " Mention () de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle () la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. () ". Aux termes de l'article A. 424-16 de ce code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. () "
3. En imposant que figurent sur le panneau d'affichage du permis de construire diverses informations sur les caractéristiques de la construction projetée, les dispositions citées au point précédent ont pour objet de permettre aux tiers, à la seule lecture de ce panneau, d'apprécier l'importance et la consistance du projet, le délai de recours contentieux ne commençant à courir qu'à la date d'un affichage complet et régulier. Il s'ensuit que si les mentions prévues par l'article A. 424-16 doivent, en principe, obligatoirement figurer sur le panneau d'affichage, une erreur affectant l'une d'entre elles ne conduit à faire obstacle au déclenchement du délai de recours que dans le cas où cette erreur est de nature à empêcher les tiers d'apprécier l'importance et la consistance du projet. La circonstance qu'une telle erreur puisse affecter l'appréciation par les tiers de la légalité du permis est, en revanche, dépourvue d'incidence à cet égard, dans la mesure où l'objet de l'affichage n'est pas de permettre par
lui-même d'apprécier la légalité de l'autorisation de construire.
4. En l'espèce, M. A et D ont pu utilement contester la décision en litige dans le délai de recours contentieux. Les omissions ou caractères illisibles affectant les mentions prévues par l'article A. 424-16 du code de l'urbanisme invoquées par les requérants sont sans incidence sur la légalité de la décision par laquelle le maire de
Paray-le-Monial ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société SFR. Il s'ensuit que les requérants ne peuvent utilement invoquer, pour contester la légalité de la décision en litige, l'omission sur le panneau d'affichage de la mention de la surface du terrain et de ce que les mentions des voies et délais de recours ont été partiellement cachées par des herbes.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; () ".
6. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative saisie d'une demande d'autorisation d'occupation du sol n'a pas à vérifier le titre donnant au pétitionnaire qualité pour la déposer ; il appartient seulement au pétitionnaire, qui n'a pas à produire de documents justificatifs, d'attester lui-même avoir qualité pour présenter la demande sur l'ensemble des parcelles constituant le terrain d'assiette du projet.
7. En l'espèce, le formulaire normalisé de déclaration préalable a été signé par le représentant de la société Circet, en sa qualité de mandataire de la société SFR, laquelle a attesté avoir qualité pour déposer l'autorisation d'urbanisme en litige, au sens du a) de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'association Emmaüs, propriétaire de la parcelle cadastrée BE 40 du terrain d'assiette, a autorisé les travaux en cause. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, qui manque en fait, doit être écarté.
8. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme : " Les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, à l'exception : / () b) Des constructions mentionnées aux articles
R. 421-9 à R. 421-12 qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. ". Aux termes de l'article R. 421-9 de ce code : " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : / a) Les constructions dont soit l'emprise au sol, soit la surface de plancher est supérieure à cinq mètres carrés et répondant aux critères cumulatifs suivants : / - une hauteur au-dessus du sol inférieure ou égale à douze mètres ; / - une emprise au sol inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; / - une surface de plancher inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; /() j) Les antennes-relais de radiotéléphonie mobile et leurs systèmes d'accroche, quelle que soit leur hauteur, et les locaux ou installations techniques nécessaires à leur fonctionnement dès lors que ces locaux ou installations techniques ont une surface de plancher et une emprise au sol supérieures à 5 m2 et inférieures ou égales à 20 m² ". En outre, aux termes de l'article R. 111-22 de ce code : " La surface de plancher de la construction est égale à la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, calculée à partir du nu intérieur des façades après déduction : / 1° Des surfaces correspondant à l'épaisseur des murs entourant les embrasures des portes et fenêtres donnant sur l'extérieur ; / 2° Des vides et des trémies afférentes aux escaliers et ascenseurs ; / 3° Des surfaces de plancher d'une hauteur sous plafond inférieure ou égale à 1,80 mètre ; / 4° Des surfaces de plancher aménagées en vue du stationnement des véhicules motorisés ou non, y compris les rampes d'accès et les aires de manœuvres ; / 5° Des surfaces de plancher des combles non aménageables pour l'habitation ou pour des activités à caractère professionnel, artisanal, industriel ou commercial ; / 6° Des surfaces de plancher des locaux techniques nécessaires au fonctionnement d'un groupe de bâtiments ou d'un immeuble autre qu'une maison individuelle au sens de l'article L. 231-1 du code de la construction et de l'habitation, y compris les locaux de stockage des déchets ; / 7° Des surfaces de plancher des caves ou des celliers, annexes à des logements, dès lors que ces locaux sont desservis uniquement par une partie commune ; / 8° D'une surface égale à 10 % des surfaces de plancher affectées à l'habitation telles qu'elles résultent le cas échéant de l'application des alinéas précédents, dès lors que les logements sont desservis par des parties communes intérieures ". Enfin, l'article R. 420-1 de ce code définit l'emprise au sol, au sens du livre IV, comme " la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus ".
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords. La protection au titre des abords a le caractère de servitude d'utilité publique affectant l'utilisation des sols dans un but de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine culturel. II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. () La protection au titre des abords n'est pas applicable aux immeubles ou parties d'immeubles protégés au titre des monuments historiques ou situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable classé en application des articles L. 631-1 et L. 631-2 ".
10. Les requérants soutiennent qu'en raison de sa hauteur, de sa superficie et de sa situation à proximité d'un site patrimonial remarquable au regard du grand orgue de la basilique du Sacré-Cœur de la commune de Paray-Le-Monial, le projet en litige relève du régime du permis de construire et non de celui de la déclaration préalable de travaux.
11. Tout d'abord, en dépit d'une hauteur supérieure à 12 mètres du pylône litigieux, les antennes-relais de radiotéléphonie mobile et leurs systèmes d'accroche, quelle que soit leur hauteur, sont soumises au régime de la déclaration préalable.
12. Ensuite, au sens du j) de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme, seules la surface de plancher et l'emprise au sol des locaux et installations techniques doivent être prises en compte, et non l'emprise au sol des pylônes. Il ressort des plans joints au dossier de déclaration préalable que l'emprise au sol des installations techniques est d'une surface négligeable, de telle sorte que le projet en litige ne dépassera pas les limites d'emprise au sol ou de surface de plancher imposées par les dispositions du code de l'urbanisme citées au point 5.
13. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe à proximité d'un site patrimonial remarquable, ni que la basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial, classée au titre des monuments historiques, fasse l'objet d'un périmètre délimité au titre de ses abords, au sens de l'article L. 621-30 du code du patrimoine. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que ce monument historique se situe dans les limites du périmètre des cinq cents mètres débordants, ni que le pylône en litige et la basilique du Sacré-Cœur seraient visibles à l'œil nu en même temps depuis un lieu normalement accessible au public.
14. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.
15. En quatrième lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-16 du code de l'urbanisme relatifs à la composition d'un dossier de demande de permis de construire.
16. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
17. Il résulte des dispositions de l'article R. 111-27 que, pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus de permis de construire ou l'opposition à déclaration préalable ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de cette autorisation, il appartient à l'autorité compétente d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
18. Les plans et photographies versés aux débats, de même que les vues disponibles sur les sites internet " google maps " et " géoportail ", accessibles tant aux juges qu'aux parties, font apparaître que le terrain d'assiette est situé au sein d'une zone d'activités économiques composée de constructions et installations disparates, de nature industrielle, commerciale et pour partie résidentielle. Il n'est pas établi que ce secteur présenterait un intérêt paysager ou une qualité architecturale particulière à protéger. En outre, la structure du pylône en treillis métallique, de teinte gris clair et qui laisse passer la lumière, permet, en dépit d'une hauteur de quarante-deux mètres, d'en limiter l'impact visuel, favorisant ainsi son intégration dans l'environnement.
19. Par suite, le moyen tiré de ce que le maire de Paray-le-Monial aurait entaché la décision attaquée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté.
20. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. / Toutefois les dispositions des articles () R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ".
21. En l'espèce, la commune de Paray-le-Monial étant dotée d'un plan local d'urbanisme approuvé le 30 janvier 2012, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-28 du code de l'urbanisme.
22. En septième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment du règlement graphique du plan local d'urbanisme de la commune de Paray-le-Monial, que le terrain d'assiette du projet en litige est classé en zone inondable. Par suite, et à supposer que les requérants aient entendu se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article UX 2 du plan local d'urbanisme de la commune de Paray-le-Monial, le moyen ne peut qu'être écarté.
23. En huitième lieu, les autorisations d'urbanisme ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme. Elles n'ont, de ce fait, pas à vérifier le respect des autres réglementations et sont toujours délivrées sous réserve des droits des tiers.
24. D'une part, si les requérants soutiennent que le territoire communal est déjà couvert par des antennes installées par d'autres opérateurs, ce moyen est inopérant dès lors que l'autorité compétente doit seulement se prononcer sur la conformité du projet aux règles d'urbanisme en vigueur et qu'il ne lui appartient pas d'apprécier l'opportunité du choix d'implantation de celui-ci, ni de contrôler le respect de la réglementation des postes et télécommunications. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen du projet au regard des dispositions de l'article D. 98-6-1 du code des postes et télécommunications électroniques doit être écarté comme inopérant.
25. D'autre part et pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 34-9-1 du code des postes et télécommunications électroniques doit être écarté comme inopérant.
26. En dernier lieu, le projet en litige est soumis aux dispositions du décret n° 2002-775 du 3 mai 2002 pris en application du 12° de l'article L. 32 du code des postes et communications électroniques et relatif aux valeurs limites d'exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les équipements utilisés dans les réseaux de télécommunication ou par les installations radioélectriques. Ce décret participe à la définition d'une police spéciale des communications électroniques confiée à l'Etat. Toutefois, le contrôle du respect de cette réglementation relève de cette police spéciale des communications électroniques en application du code des postes des communications électroniques, et non de la réglementation de l'urbanisme.
27. En l'espèce, les requérants soutiennent que les valeurs limites d'exposition du public aux champs électromagnétiques seront " largement dépassées " par les installations en cause et que " le risque d'atteinte à la santé de toutes ces antennes cumulées est avéré ", en méconnaissance du décret du 3 mai 2002. Toutefois, le maire de Paray-Le-Monial doit seulement se prononcer sur la conformité du projet aux règles d'urbanisme en vigueur et il ne lui appartient pas, ainsi qu'il a été dit au point précédent, de contrôler le respect des dispositions du décret du 3 mai 2002. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du décret du 3 mai 2002 doit être écarté comme inopérant.
28. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2022.
Sur les frais liés au litige :
29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Paray-le-Monial et des sociétés SFR et Circet, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, le versement de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
30. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par les sociétés SFR et Circet.
31. En revanche, et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. A et de D la somme totale de 1 500 euros à verser au titre des frais exposés par la commune de Paray-le-Monial et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et de D est rejetée.
Article 2 : M. A et D verseront la somme totale de 1 500 euros à la commune de Paray-le-Monial au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par les sociétés SFR et Circet sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à D, à la commune de Paray-le-Monial et aux sociétés SFR et Circet.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère,
Mme Céline Frey, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2025.
La rapporteure,
V. CLe président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2203303
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026