jeudi 20 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2203387 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS |
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la 'circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Desseix,
- et les conclusions de M. D.
Considérant ce qui suit :
Sur le cadre juridique applicable :
1. En premier lieu, l'article L. 1142-1 du code de la santé publique prévoit que les conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins sont réparées par le professionnel ou l'établissement de santé dont la responsabilité est engagée. Les articles L. 1142-4 à L. 1142-8 et R. 1142-13 à R. 1142-18 de ce code organisent une procédure de règlement amiable confiée aux commissions de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI). En vertu des dispositions de l'article L. 1142-14, si la CCI, saisie par la victime ou ses ayants droits, estime que la responsabilité du professionnel ou de l'établissement de santé est engagée, l'assureur qui garantit la responsabilité civile de celui-ci adresse aux intéressés une offre d'indemnisation. Aux termes de l'article L. 1142-15 du même code : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré ou la couverture d'assurance prévue à l'article L. 1142-2 est épuisée ou expirée, l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur. () L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil. La transaction est portée à la connaissance du responsable et, le cas échéant, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. / L'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur ou le fonds institué à l'article L. 426-1 du même code. Il peut en outre obtenir remboursement des frais d'expertise. / En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue. / Lorsque l'office transige avec la victime, ou ses ayants droit, en application du présent article, cette transaction est opposable à l'assureur ou, le cas échéant, au fonds institué au même article L. 426-1 du code des assurances ou au responsable des dommages sauf le droit pour ceux-ci de contester devant le juge le principe de la responsabilité ou le montant des sommes réclamées. Quelle que soit la décision du juge, le montant des indemnités allouées à la victime lui reste acquis ".
2. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 1142-53 du code de la santé publique que l'ONIAM peut émettre un titre exécutoire en vue du recouvrement de toute créance dont le fondement se trouve dans les dispositions d'une loi, d'un règlement ou d'une décision de justice, ou dans les obligations contractuelles ou quasi-délictuelles du débiteur. Les dispositions de l'article L. 1142-15 de ce code ne font pas obstacle à ce que l'ONIAM émette un tel titre à l'encontre de la personne responsable du dommage, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances afin de recouvrer les sommes versées à la victime, aux droits de laquelle il est subrogé.
3. En troisième lieu, lorsqu'il cherche à recouvrer les sommes versées aux victimes en application de la transaction conclue avec ces dernières, l'ONIAM peut soit émettre un titre exécutoire à l'encontre de la personne responsable du dommage, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances, soit saisir la juridiction compétente d'une requête à cette fin. Toutefois, l'office n'est pas recevable à saisir le juge d'une requête tendant à la condamnation du débiteur au remboursement de l'indemnité versée à la victime lorsqu'il a, préalablement à cette saisine, émis un titre exécutoire en vue de recouvrer la somme en litige.
4. D'une part, lorsqu'il est saisi d'une action de l'ONIAM subrogé dans les droits d'une victime ou de ses ayants droit à concurrence des sommes qu'il leur a versées, il incombe au juge, de déterminer si la responsabilité du professionnel ou de l'établissement de santé est engagée et, dans l'affirmative, d'évaluer les préjudices subis afin de fixer le montant des indemnités dues à l'Office sans être lié par le contenu de la transaction intervenue entre l'ONIAM et la victime.
5. D'autre part, lorsque l'ONIAM a émis un titre exécutoire en vue du recouvrement de la somme versée à la victime en application de l'article L. 1142-15, le recours du débiteur -qui présente un caractère suspensif- tendant à la décharge de la somme ainsi mise à sa charge invite le juge administratif à se prononcer sur la responsabilité du débiteur à l'égard de la victime aux droits de laquelle l'office est subrogé, ainsi que sur le montant de son préjudice.
6. En quatrième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique que la pénalité prévue à cet article en cas de silence ou de refus de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, ne peut être prononcée que par le juge. L'ONIAM ne peut donc, en l'état des dispositions applicables, émettre un titre exécutoire en vue du recouvrement de cette pénalité et doit, s'il entend qu'elle soit infligée, saisir la juridiction compétente d'une demande tendant au prononcé de la pénalité contre, selon le cas, l'assureur ou le responsable des dommages.
7. En cinquième lieu, lorsque le débiteur a formé une opposition contre le titre exécutoire devant la juridiction compétente, l'ONIAM ne peut poursuivre le recouvrement de la pénalité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique qu'en présentant une demande reconventionnelle devant la juridiction saisie de cette opposition. Il n'est donc pas recevable, dans cette hypothèse, à saisir ultérieurement la juridiction d'une nouvelle requête tendant à la condamnation du débiteur au paiement de cette pénalité.
8. En dernier lieu, lorsqu'il a versé une indemnité à la victime en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, il appartient à l'ONIAM, s'il a connaissance du versement à cette victime de prestations mentionnées à l'article 29 de la loi du 5 juillet 1985, d'informer les tiers payeurs concernés afin de leur permettre de faire valoir leurs droits auprès du tiers responsable, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. Il incombe également à l'office d'informer les tiers payeurs, le cas échéant, de l'émission d'un titre exécutoire à l'encontre du débiteur de l'indemnité ainsi que des décisions de justice rendues sur le recours formé par le débiteur contre ce titre.
9. En revanche, il ne résulte ni de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire que les tiers payeurs ayant servi des prestations à la victime en raison de l'accident devraient être appelés en la cause lorsque le débiteur saisit le juge administratif d'une opposition au titre exécutoire
Sur la présentation du litige :
10. Le 21 juillet 2014, M. F a été opéré au centre hospitalier de Montceau-les-Mines d'une cure de hernie discale L3-L4. Dans la nuit du 21 au 22 juillet 2014, M. F a présenté des signes neurologiques avec troubles moteurs au niveau des membres inférieurs et troubles sensitifs. Une IRM réalisée le 22 juillet 2014 en début d'après-midi a objectivé la présence d'un hématome volumineux en regard des vertèbres L3, L4 et L5, avec compression de la racine de la queue de cheval, entraînant un syndrome de la queue de cheval. M. F a été opéré le jour même à 16 heures afin que soit réalisée une évacuation chirurgicale de l'hématome et des caillots environnants.
11. M. F, qui a conservé d'importantes séquelles caractérisées par des troubles significatifs de la motricité, des troubles de la sensibilité, des troubles urinaires ainsi que des troubles sexuels, a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) de Bourgogne le 23 février 2018. Après que l'expert désigné par la CCI a remis son rapport le 4 juin 2018, la commission a estimé, aux termes de son avis rendu le 10 juillet 2018, que le centre hospitalier de Montceau-les-Mines avait commis une faute dans la prise en charge de l'intéressé qui avait entrainé une perte de chance de 50 % d'éviter les séquelles qu'il a conservées. La CCI a alors invité la SHAM à formuler une offre d'indemnisation à M. F correspondant à 50 % de ses préjudices. A la suite du refus, le 26 octobre 2018, de la SHAM de faire une telle offre, M. F a demandé à l'ONIAM de se substituer à l'assureur. Le 19 septembre 2022, l'ONIAM et M. F ont conclu la transaction mentionnée au troisième alinéa de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique pour un montant de 100 296,38 euros. Le 11 octobre 2022, l'ONIAM a émis un ordre de recouvrer exécutoire, d'un montant de 100 296,38 euros, à l'encontre de la SHAM.
12. La société Relyens, venant aux droits de la SHAM, demande au tribunal d'annuler cet ordre de recouvrer et de décharger la société Relyens de son obligation de payer cette somme de 100 296,38 euros. Par la voie reconventionnelle, l'ONIAM demande au tribunal de condamner la société Relyens à lui verser la somme de 15 044,46 euros au titre de la pénalité mentionnée au cinquième alinéa de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ainsi qu'une somme correspondant aux intérêts aux taux légal et aux intérêts capitalisés dus sur la somme de 100 296,38 euros figurant dans l'ordre de recouvrer.
Sur les conclusions de l'ONIAM aux fins de déclaration de jugement commun et les conclusions propres de la CPAM de la Côte-d'Or :
13. Il résulte de ce qui a été dit au point 9 que le contentieux relatif aux titres exécutoires émis par l'ONIAM constitue un contentieux d'une autre nature que celui relatif aux débours dont le remboursement peut être sollicité par un tiers payeur à l'égard d'un débiteur. Dans le cadre d'un tel litige, le tiers payeur ne peut donc être appelé dans la cause, en vue de faire valoir ses propres créances, ni par l'ONIAM en déclaration de jugement commun ni, d'office, par le tribunal. Par conséquent, l'intervention volontaire d'un tiers payeur n'est pas recevable et la mise en cause faite, le cas échéant, par un tribunal d'un tiers payeur n'a pour seul objet que de contribuer à l'obligation d'information mentionnée au point 8 et ne peut pas avoir d'autre effet que celui de l'inviter à présenter des observations sans lui conférer la qualité de partie à l'instance.
14. La CPAM de la Côte-d'Or n'a été mise dans la cause que pour présenter ses observations. Les conclusions propres de la caisse et les conclusions de l'ONIAM aux fins de déclaration de jugement commun ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge présentées par la société Relyens :
En ce qui concerne le bien-fondé de l'ordre de recouvrer attaqué :
S'agissant de la responsabilité du centre hospitalier de Montceau-les-Mines :
15. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport du professeur B, expert désigné par la CCI, qu'à la suite de son opération pour une hernie discale L3-L4 réalisée le 21 juillet 2014, M. F est remonté dans sa chambre vers 15 heures. A partir de 18 heures, il a présenté des signes neurologiques avec troubles moteurs au niveau des membres inférieurs et troubles sensitifs. Ces troubles ont évolué progressivement jusqu'à disparition de la motricité vers 5 heures du matin le lendemain. Une radiographie a été réalisée dans la matinée puis une IRM dans l'après-midi en raison d'une suspicion d'hématome. Ces examens ont permis d'objectiver un hématome en regard des vertèbres L3, L4 et L5 avec compression de la racine de la queue de cheval entraînant un syndrome de la queue-de-cheval. M. F a été opéré le 22 juillet 2014 à 16 heures, sous anesthésie générale, pour évacuation de l'hématome et des caillots environnants.
16. Le professeur B, expert désigné par la CCI, a estimé, d'une part, que la compression de la racine de la queue de cheval résultant d'un hématome compressif en regard des vertèbres L3, L4 et L5 constitue un accident médical non-fautif et exceptionnel, favorisé par l'état antérieur de M. F, et, d'autre part, que la prise en charge de la compression neurologique s'est faite selon les règles de l'art et dans un délai de douze heures conforme aux bonnes pratiques médicales. Toutefois, la CCI a estimé que le constat d'une paralysie à 5 heures du matin était constitutif d'une urgence qui imposait la réalisation d'un scanner et d'une reprise chirurgicale dans des délais plus rapides que la prise en charge effective de M. F. Dans ces conditions, la commission a estimé que le retard de prise en charge fautif de l'hématome compressif de M. F lui a fait perdre une chance, évaluée à 50%, d'éviter les séquelles qu'il a conservées.
17. La société Relyens conteste l'appréciation portée par la CCI sur la faute commise par le centre hospitalier de Montceau-les-Mines et fait valoir que la prise en charge de M. F a été faite dans des délais conformes aux bonnes pratiques médicales. Elle produit notamment des observations émises par le professeur E, neurochirurgien, sur l'avis rendu par la CCI, selon lesquelles " toutes les publications sur le sujet estiment qu'il n'y a pas de délai fixe ou standard et situent le délai au-delà duquel apparaît une perte de chance à vingt-quatre heures, en vertu des bonnes pratiques ", ainsi qu'un rapport critique établi par le professeur A, neurochirurgien, qui confirme que, selon la littérature scientifique disponible, le délai optimal de prise en charge chirurgicale d'un hématome compressif de la queue de cheval doit être inférieur à 24 heures, et qu'en l'espèce, le délai de onze heures environ entre la constatation d'un déficit sensitivo-moteur important et la reprise chirurgicale apparaît parfaitement conforme aux données validées de la littérature scientifique.
18. L'ONIAM soutient qu'il s'est écoulé un délai de 22 heures entre les premiers signes de troubles neurologiques présentés par M. F le 21 juillet 2014 vers 18h et sa prise en charge au bloc opératoire le lendemain à 16 heures, alors qu'en cas de compression ischémique nerveuse, il est nécessaire de prendre le patient en charge dans un délai de six heures, afin d'optimiser la récupération nerveuse et de limiter les séquelles neurologiques. Toutefois, d'une part, l'ONIAM ne produit aucune donnée médicale permettant de valider ce délai de prise en charge de six heures, alors que tous les experts ayant examiné le dossier se sont accordés sur un délai de prise en charge normal de vingt-quatre heures, le rapport du professeur A citant notamment plusieurs travaux scientifiques qui ne sont pas sérieusement contredits par l'Office. D'autre part, si les premiers troubles post-opératoires sont apparus dès 18 heures le 21 juillet 2014, il ne résulte pas de l'instruction qu'ils étaient à ce stade de nature à faire suspecter un hématome compressif constitutif d'une urgence médicale. Il résulte à l'inverse de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du professeur B, que si une dégradation de l'état de M. F a été constatée à partir de 2h30 du matin, la suspicion d'hématome compressif constitutif d'un syndrome de la queue de cheval nécessitant la réalisation d'examens approfondis n'était possible que vers 5 heures du matin, au moment de la constatation d'un déficit sensitivo-moteur important. Ainsi, le délai de prise en charge de M. F, de l'ordre de onze heures, ne saurait être regardé comme fautif. En admettant même que les symptômes présentés par l'intéressé vers 2h30 du matin étaient de nature à faire suspecter un hématome compressif, le délai de 13h30 écoulé entre ce moment et la prise en charge chirurgicale de l'hématome reste conforme aux bonnes pratiques médicales.
19. Il résulte de ce qui a été dit aux points 15 à 18 que le centre hospitalier de Montceau-les-Mines n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité. La société Relyens est ainsi fondée à soutenir que la créance qui a été mise à sa charge par l'ordre de recouvrer attaqué n'est pas fondée.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la société Relyens est fondée à demander l'annulation de l'ordre de recouvrer attaqué et à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 100 296,38 euros.
Sur les conclusions reconventionnelles présentées par l'ONIAM :
En ce qui concerne les conclusions à fin de condamnation présentées à titre subsidiaire :
21. D'une part, la règle, rappelée au point 3, selon laquelle l'ONIAM n'est pas recevable à demander la condamnation du débiteur au remboursement de l'indemnité versée à la victime lorsqu'il a, préalablement à cette saisine, émis un titre exécutoire en vue de recouvrer la somme en litige fait en tout état de cause obstacle à ce que, l'ONIAM puisse présenter, même à titre subsidiaire et reconventionnel, des conclusions tendant à la condamnation du débiteur à lui verser une somme correspondant au montant de l'ordre de recouvrer dans l'hypothèse où celui-ci, à la demande du débiteur, serait annulé totalement pour un motif de régularité.
22. L'ONIAM, qui a choisi d'émettre un titre exécutoire pour recouvrer la créance en lien avec la prise en charge de M. F, n'est pas recevable à demander au juge, postérieurement à l'émission de ce titre, la condamnation de la société Relyens à lui verser la somme de 100 296,38 euros assortie des intérêts au taux légal et la capitalisation des intérêts.
23. D'autre part, en tout état de cause, les conclusions de l'ONIAM tendant à la condamnation de la société Relyens à lui verser une somme de 100 296,38 euros n'ont été présentées qu'à titre subsidiaire, dans l'hypothèse où l'ordre de recouvrer attaqué serait annulé totalement pour un motif de régularité. Le titre attaqué n'étant pas annulé pour un tel motif, ainsi qu'il a été dit aux points 15 à 18, de telles conclusions sont réputées ne jamais avoir été présentées.
En ce qui concerne les conclusions reconventionnelles tendant à la majoration de la somme inscrite sur l'ordre de recouvrer des intérêts au taux égal et de la capitalisation des intérêts :
24. Compte tenu de l'objet et de la nature même d'une opposition à titre exécutoire, l'ONIAM n'est pas recevable à présenter des conclusions reconventionnelles tendant à la majoration de la somme inscrite sur l'ordre de recouvrer qu'il a émis des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts. Dès lors, et en tout état de cause, les conclusions de l'ONIAM présentées à ce titre doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions reconventionnelles relatives à la pénalité prévue par les dispositions du cinquième alinéa de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique :
25. Le centre hospitalier de Montceau-les-Mines n'ayant pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité, l'ONIAM n'est pas fondé à demander à demander la condamnation de son assureur à lui verser quelque somme que ce soit sur le fondement des dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique. Les conclusions reconventionnelles présentées par l'ONIAM à ce titre doivent par suite être rejetées.
26. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit aux points 21 à 25 que les conclusions reconventionnelles présentées par l'ONIAM doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Relyens, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande l'ONIAM au titre des frais que celui-ci a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
28. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM la somme que demande la société Relyens au titre de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : L'ordre de recouvrer émis par l'ONIAM le 11 octobre 2022 est annulé.
Article 2 : La société Relyens Mutual Insurance est déchargée de l'obligation de payer la somme de 100 296,38 euros.
Article 3 : Les conclusions présentées par les parties sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Relyens Mutual Insurance, venant aux droits de la société hospitalière d'assurances mutuelles, et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte-d'Or et au centre hospitalier de Montceau-les-Mines.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.
La rapporteure,
M. DesseixLe président,
L. BoissyLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026