vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300043 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 1 JU |
| Avocat requérant | ROTHDIENER GAËTAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 janvier 2023, M. C B, représenté par Me Rothdiener, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer un récépissé, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article
37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;
- il est entaché de défaut de motivation et de défaut d'examen sérieux de la situation personnelle et familiale ;
- il est entaché d'erreur de droit et a été pris en violation des articles 3 et 8 CEDH ainsi que de l'article 3-1 de la CIDE.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
27 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D par décision du 1er septembre 2022 en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes prévues à l'article L. 614-5 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 24 mars 2023 à 9 h 05.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de M. B, qui a repris les éléments exposés dans sa requête, s'agissant des éléments relatifs aux raisons de son départ d'Albanie, de ses efforts d'insertion en France, où ses enfants sont scolarisés, et où il travaille comme bénévole, en attendant de trouver un travail et un logement.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant albanais, est entré en France en avril 2022, en compagnie de son épouse et de leurs deux enfants, nés en 2010 et 2017, pour y solliciter l'asile. Leurs demandes ont été rejetées par décision de 1'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) du 30 septembre 2022. Par arrêté du 15 décembre 2022, le préfet de
Saône-et-Loire a prononcé à l'encontre de M. B une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. B ayant été admis en cours d'instance au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 24 octobre 2022 publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à Mme A E, directrice de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer notamment les arrêtés d'obligation de quitter le territoire français avec ou sans délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée, qui manque en fait, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. Le préfet a également précisé l'état civil du requérant, les modalités de son entrée sur le territoire français, le rejet de sa demande présentée au titre de l'asile ainsi que sa situation personnelle et familiale. Il fait notamment état de la présence en France de son épouse et de ses deux enfants, et de l'absence de liens particuliers en France. Il s'ensuit que la décision portant obligation de quitter le territoire français énonce de manière suffisamment circonstanciée l'ensemble des considérations de droit et de fait qui la fonde pour mettre M. B en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet de Saône-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B au vu des éléments qui avaient été portés à sa connaissance, avant de prendre la décision attaquée, quand bien même l'arrêté attaqué ne fait pas état de la présence de frères et sœurs du requérant dans différents pays européens. Ainsi, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
6. En quatrième lieu, à l'appui des moyens tirés de l'erreur de droit et de la violation des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant,
M. B fait valoir que les demandes d'asile de lui-même et de son épouse ont également été formées pour le compte de leurs deux enfants, qu'ils n'ont plus d'attaches familiales en Albanie puisque les fratries sont désormais à l'étranger, et qu'ils ont quitté l'Albanie pour l'Allemagne en 2015, où leur fils est né et où leur fille a été scolarisée. Toutefois, la demande d'asile de l'ensemble des membres de la famille a été rejetée en l'absence d'élément permettant de tenir les faits allégués pour établis, et de regarder comme avérées les atteintes graves auxquelles les intéressés se disent exposés en cas de retour dans leur pays, et aucun élément nouveau n'est apporté sur ce dernier point. Il n'est fait état d'aucun lien intense et durable en France, malgré la bonne volonté d'intégration des deux époux. Ces derniers font l'objet d'une semblable mesure d'éloignement, et rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue dans son pays d'origine, où ils ne seront dès lors pas isolés malgré la circonstance que les membres de leur fratrie aient quitté ce pays, et où leurs enfants pourront poursuivre leur scolarité.
7. Il résulte de ce qui précède que les moyens soulevés par M. B doivent être écartés. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 15 décembre 2022 par lesquelles le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions en injonction :
8. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions en injonction doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9.Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à l'avocat de M. B de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. C B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Rothdiener.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
La magistrate désignée,
M-E D
La greffière,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026