jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300049 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 janvier 2023, Mme B C demande au tribunal d'annuler les deux décisions du 15 décembre 2022 par lesquelles le recteur de l'académie de Dijon a confirmé le refus de bourse nationale d'études du second degré de lycée, respectivement pour sa fille E C et sa fille A C, au titre de l'année scolaire 2022-2023.
Elle soutient que les décisions en litige auraient dû être prises sur la base de ses seuls revenus, son concubin ne disposant pas d'un titre de séjour et n'exerçant pas une activité professionnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2023, le recteur de l'académie de Dijon conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen invoqué n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 9 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
20 juillet 2023.
Un mémoire a été enregistré le 7 mars 2024 pour la requérante, après la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a présenté le 15 septembre 2022 deux demandes d'attribution de bourse nationale d'études du second degré de lycée au titre de l'année scolaire 2022-2023, respectivement pour sa fille E C et sa fille A C. Le 4 novembre 2022, le recteur de l'académie de Dijon a classé sans suite ces demandes au motif de l'impossibilité de justifier les ressources de l'année 2021 du concubin de l'intéressée. Mme C a formé un recours administratif préalable obligatoire le 21 novembre 2022, que le recteur a rejeté par deux décisions du 15 décembre 2022. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de ces deux décisions.
2. Aux termes de l'article R. 531-19 du code de l'éducation, la bourse nationale d'études du second degré de lycée " peut être demandée par la ou les personnes physiques qui, au sens de la législation sur les prestations familiales, assument la charge effective et permanente de l'élève () ". Aux termes de l'article D. 531-20 de ce code : " Les personnes mentionnées à l'article R. 531-19 peuvent bénéficier de la bourse nationale d'études du second degré de lycée si le montant des ressources dont elles ont disposé au cours de la dernière année civile par rapport à celle du dépôt de la demande n'excède pas les plafonds annuels fixés par un barème national comprenant six échelons. Ce barème est déterminé par un arrêté du ministre chargé du budget et du ministre de l'éducation nationale qui précise, pour chaque échelon, le plafond de ressources selon le nombre d'enfants à charge et les conditions dans lesquelles ces plafonds sont revalorisés ". Enfin, l'article D. 531-21 du même code précise que " Le barème national mentionné à l'article D. 531-20 prend en considération les ressources en fonction des charges du foyer fiscal de la ou des personnes présentant la demande de bourse. () Le revenu fiscal de référence, tel qu'il figure sur l'avis d'imposition à l'impôt sur le revenu, est retenu pour apprécier les ressources de la ou des personnes mentionnées à l'article R. 531-19. / En cas de concubinage, il est tenu compte du total des ressources perçues par chacun des concubins durant l'année de référence ; ces ressources sont déterminées dans les conditions prévues aux alinéas précédents ".
3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que pour l'appréciation des ressources conditionnant le bénéfice de la bourse nationale d'études du second degré, l'administration doit, au cas de concubinage du parent assurant la charge permanente et effective de son enfant, prendre en considération non seulement ses ressources, mais aussi celles du concubin, alors même que ce dernier serait dépourvu de lien avec l'enfant.
4. Il est constant que Mme C se trouve en situation de concubinage depuis 2021, soit au cours de la dernière année civile par rapport à celle du dépôt de ses deux demandes de bourse d'études. Dans ces conditions, la requérante était tenue de justifier de ses ressources au titre de l'année 2021, ainsi que celles de son concubin, et ne pouvait prétendre à la prise en compte de ses seules ressources pour l'appréciation de son droit à l'attribution d'une bourse nationale d'études au bénéfice de ses deux filles. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit que le recteur de l'académie de Dijon, après avoir constaté l'absence de tout justificatif de ressources du concubin de Mme C, a refusé à l'intéressée la bourse nationale d'études du second degré de lycée au titre de l'année 2022-2023.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Dijon.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
La rapporteure,
V. D
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
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Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
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03/08/2026