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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2300077

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2300077

jeudi 16 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2300077
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantLEGI CONSEILS BOURGOGNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire et un mémoire ampliatif, enregistrés les 10 et 27 janvier 2023, M. B A, représenté par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Legipublic, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 mai 2022 du comité de certification de la société par actions simplifiée (SAS) Siqocert, en tant que celui-ci a refusé de lui accorder ou lui a retiré l'habilitation pour les activités de " producteur de moût " et de " vinificateur ", comme exploitant à Étaule, pour les appellations d'origine contrôlée " Petit Chablis ", " Chablis ", " Chablis Grand Cru " et " Bourgogne ", ensemble la décision du 11 octobre 2022 de la commission d'appel de la SAS Siqocert, notifiée par le président de cette société ;

2°) d'enjoindre à la société par actions simplifiée Siqocert de lui délivrer l'habilitation pour les activités de " producteur de moût " et de " vinificateur ", et pour les appellations d'origine contrôlée " Petit Chablis ", " Chablis ", " Chablis Grand Cru " et " Bourgogne " ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la société par actions simplifiée Siqocert la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la SAS Siqocert n'est compétente ni pour lui refuser l'habilitation pour les activités de producteur de moût et de vinificateur, ni pour maintenir cette décision après appel interne, en l'absence de décision de délégation par l'Institut national de l'origine et de la qualité du contrôle du respect des cahiers des charges pertinents mentionnant la description précise des tâches de contrôle officiel que Siqocert peut effectuer et les conditions dans lesquelles elles peuvent être effectuées ; l'agrément délivré par l'Institut national de l'origine et de la qualité ne peut valoir délégation de compétence au sens des dispositions du règlement (UE) 2017/625 ;

- la décision attaquée de refus d'habilitation ne mentionne pas la qualité du signataire, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ; il n'est pas possible de vérifier si ce signataire est bien le président du comité de certification, conformément au plan de contrôle pour les appellations d'origine contrôlée viticoles chablisiennes approuvé le 27 mai 2016 ;

- la décision attaquée est illégale en raison de l'inconventionnalité, soulevée par la voie de l'exception, des cahiers des charges " Chablis ", " Petit Chablis ", " Chablis Grand Cru " et " Bourgogne ", qui ont été pris en violation de l'article 6, paragraphe 4, du règlement (CE) n° 607/2009 du 14 juillet 2009 de la Commission et de l'article 5 du règlement (UE) n° 2019/33 de la Commission du 17 octobre 2018, dès lors que le choix de l'aire de proximité immédiate par les cahiers des charges de ces quatre appellations n'est pas fondé sur des critères objectifs et rationnels en rapport avec les facteurs naturels et humains propres à chacune de ces appellations ;

- elle est également illégale, les quatre cahiers des charges précités étant eux-mêmes entachés d'une violation du principe d'égalité, dès lors qu'en l'absence de justification, dans ces cahiers des charges, de la délimitation des aires de proximité immédiates, qui ne sont définies que par des listes de communes éligibles, la différence de traitement entre producteurs qui en résulte est insusceptible de correspondre à une différence de situation ou à un motif d'intérêt général en rapport avec les objectifs poursuivis par ces cahiers des charges ;

- la SAS Siqocert a commis une erreur de droit en refusant de retirer sa décision de refus d'habilitation pour l'appellation " Chablis " au motif que l'administration n'aurait pas encore abrogé le cahier des charges Chablis à la suite de l'arrêt du Conseil d'État du 20 décembre 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2023, la société par actions simplifiée Siqocert, représentée par la société d'exercice libéral par actions simplifiée Legi Conseils Bourgogne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée le 12 janvier 2023 à l'Institut national de l'origine et de la qualité, qui n'a pas produit d'observations.

Les parties ont été informées par une lettre du 3 avril 2023 que cette affaire était susceptible, à compter du 29 mai 2023, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été fixée au 19 juin 2023 par ordonnance du même jour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 ;

- le règlement (UE) 2017/625 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2017 ;

- le règlement (UE) 2019/33 de la Commission du 17 octobre 2018 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le décret n° 2011-1295 du 12 octobre 2011 ;

- le décret n° 2011-1583 du 17 novembre 2011 ;

- le décret n° 2011-1752 du 2 décembre 2011 ;

- le décret n° 2011-1791 du 5 décembre 2011 ;

- l'arrêt n° 388054 du 27 janvier 2017 du Conseil d'Etat statuant au contentieux ;

- l'arrêt n° 439869 du 29 décembre 2021 du Conseil d'Etat statuant au contentieux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Irénée Hugez,

- les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public,

- et les observations de Me Supplisson, représentant M. A, et celles de Me Nevers, représentant la SAS Siqocert.

Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée le 20 décembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A exerce une activité de viticulteur à Étaule, dans l'Yonne, commune située à une quarantaine de kilomètres de celle de Chablis. A l'occasion d'une demande de modification d'habilitation, au sens du plan de contrôle pour les appellations d'origine contrôlée viticoles chablisiennes, approuvé le 27 mai 2016, et du plan de contrôle pour les appellations d'origine contrôlée viticoles bourguignonnes, approuvé le 26 octobre 2017, M. A a fait l'objet d'un contrôle le 15 mars 2022 par l'organisme de contrôle Siqocert. Par une décision du 12 mai 2022, le comité de certification de cet organisme a considéré que M. A ne pouvait plus être habilité pour les activités " producteur de moût " et " vinificateur ", pour l'ensemble des appellations d'origine contrôlée (AOC) concernées, mais qu'il pouvait l'être pour les activités " négociant " et " conditionneur ", au motif que le chai était situé à Étaule, en dehors de l'aire géographique délimitée et de l'aire de proximité immédiate, prévues pour la vinification. Par une décision du 13 juillet 2022, ce comité de certification a rejeté le recours gracieux de M. A, tendant au rétablissement de l'habilitation pour les AOC chablisiennes, considérant que " les habilitations antérieurement accordées en tant que " producteur de moût " et " vinificateur " pour les AOC Bourgogne, Petit Chablis, Chablis et Chablis Grand Cru sont retirées () car reconnues caduques au regard des éléments disponibles ". Par une nouvelle décision, en date du 11 octobre 2022, et notifiée par une lettre du 8 novembre 2022, la commission d'appel de l'organisme de contrôle a rejeté le recours administratif de M. A du 8 août 2022. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 12 mai 2022 du comité de certification de la SAS Siqocert et la décision du 11 octobre 2022 de la commission d'appel de cet organisme de contrôle. Eu égard à la portée de ses écritures, il doit être regardé comme demandant l'annulation de ces décisions, en tant qu'elles lui refusent ou qu'elles lui retirent les habilitations pour les activités de producteur de moût et de vinificateur, réalisées à Étaule, pour les seules appellations " Chablis ", " Petit Chablis ", " Chablis Grand Cru " et " Bourgogne ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a pour base légale le premier acte ou a été prise pour son application. M. A peut utilement invoquer, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 12 mai 2022 du comité de certification de la société par actions simplifiée (SAS) Siqocert, en tant que celui-ci lui a refusé l'habilitation pour les activités de " producteur de moût " et de " vinificateur ", comme exploitant à Etaule, pour les appellations d'origine contrôlée " Petit Chablis ", " Chablis ", " Chablis Grand Cru " et " Bourgogne " et a retiré les habilitations dont il disposait antérieurement, dans cette même mesure, l'illégalité des décrets ayant homologué les cahiers des charges des appellations d'origine contrôlée précitées sur le fondement desquelles cette décision a été prise, c'est-à-dire, s'agissant de l'appellation d'origine contrôlée " Petit Chablis ", le décret n° 2011-1791 du 5 décembre 2011, s'agissant de l'appellation d'origine contrôlée " Chablis ", le décret n° 2011-1752 du 2 décembre 2011, s'agissant de l'appellation d'origine contrôlée " Chablis Grand Cru ", le décret n° 2011-1583 du 17 novembre 2011 et, s'agissant de l'appellation d'origine contrôlée " Bourgogne ", le décret n° 2011-1615 du 22 novembre 2011.

3. Aux termes du a) du 1 de l'article 93 du règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles : " () on entend par appellation d'origine le nom d'une région, d'un lieu déterminé ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, d'un pays, qui sert à désigner un produit () satisfaisant aux exigences suivantes :/ i) sa qualité et ses caractéristiques sont dues essentiellement ou exclusivement à un milieu géographique particulier et aux facteurs naturels et humains qui lui sont inhérents ;/ ii) il est élaboré exclusivement à partir de raisins provenant de la zone géographique considérée ; / iii) sa production est limitée à la zone géographique considérée () ". L'article 109 du même règlement a toutefois habilité la Commission à adopter, afin de tenir compte des spécificités de la production dans une zone géographique délimitée, des actes délégués en vue notamment d'établir des règles dérogatoires concernant la production dans cette zone géographique. L'article 5 du règlement délégué (UE) 2019/33 de la Commission du 17 octobre 2018, complétant le règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les demandes de protection des appellations d'origine, des indications géographiques et des mentions traditionnelles dans le secteur vitivinicole, la procédure d'opposition, les restrictions d'utilisation, les modifications du cahier des charges, l'annulation de la protection, l'étiquetage et la présentation, prévoit que, par dérogation au iii) du a) du 1 de l'article 93 du règlement n° 1308/2013 cité plus haut : " Sous réserve que le cahier des charges le prévoie, un produit bénéficiant d'une appellation d'origine protégée () peut être transformé en vin : / a) dans une zone à proximité immédiate de la zone délimitée concernée () ". La délimitation d'une aire de proximité immédiate doit être justifiée par des critères objectifs et rationnels, en rapport avec les facteurs naturels et humains de l'appellation d'origine, et n'introduire aucune différence de traitement entre producteurs qui ne corresponde à une différence de situation ou à un motif d'intérêt général en rapport avec les objectifs poursuivis.

4. Il ressort des pièces du dossier que l'aire de proximité immédiate des vins des appellations d'origine contrôlée " Petit Chablis " et " Chablis ", dans laquelle peuvent avoir lieu les opérations de vinification et d'élaboration des vins, est composée de 484 communes réparties sur quatre départements, dont certaines se situent à plus de 200 kilomètres de l'aire géographique de production, et a été délimitée en fonction d'usages de vinification existant dans l'aire de production de l'appellation dite de repli, c'est-à-dire l'appellation la plus générale à laquelle les vins de l'AOC " Chablis " peuvent prétendre, en l'espèce celle de l'AOC " Coteaux bourguignons ". De même, l'aire de proximité immédiate de l'AOC " Chablis Grand Cru ", qui comprend 500 communes, est la même que celle de l'AOC " Chablis ", à laquelle s'ajoutent les seize communes comprises dans l'aire géographique de l'AOC " Chablis " et non comprises dans l'aire géographique de l'AOC " Chablis Grand Cru ". A l'inverse, selon le même principe, l'aire de proximité immédiate de l'AOC " Bourgogne ", qui comprend 115 communes, correspond à celle de l'AOC " Chablis ", après qu'aient été retranchées les 386 communes déjà présentes dans l'aire géographique de l'AOC " Bourgogne " et qui sont également comprises dans l'aire géographique de l'AOC " Coteaux bourguignons ".

5. Comme l'a jugé le Conseil d'État dans son arrêt susvisé, le choix de telles aires de proximité immédiate n'est pas fondé sur des critères objectifs et rationnels en rapport avec les facteurs naturels et humains propres à chacune des appellations d'origine contrôlée en litige. M. A est donc fondé, compte-tenu de la circonstance que les cahiers des charges de ces appellations ne contiennent aucune indication sur les critères ayant présidé à la délimitation de l'aire de proximité immédiate propre aux appellations d'origine contrôlée, à soutenir que chacun des décrets est entaché d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit en tant qu'il prévoit une aire de proximité immédiate comprenant 484 communes pour les AOC " Chablis " et " Petit Chablis ", 500 communes pour l'AOC " Chablis Grand Cru " et 115 communes pour l'AOC " Bourgogne ". Par suite, M. A est fondé à se prévaloir de l'illégalité soulevée par la voie de l'exception, du décret n° 2011-1791 du 5 décembre 2011, du décret n° 2011-1752 du 2 décembre 2011, du décret n° 2011-1583 du 17 novembre 2011 et du décret n° 2011-1615 du 22 novembre 2011, en tant que le 3° du IV du chapitre Ier du cahier des charges qu'homologue chacun de ces décrets délimite l'aire de proximité immédiate des vins de l'AOC, respectivement " Petit Chablis ", " Chablis ", " Chablis Grand Cru " et " Bourgogne ". Dès lors qu'au demeurant aucun de ces cahiers des charges ne comporte d'élément de nature à justifier la nécessité de localiser les opérations de vinification et d'élaboration à l'intérieur de l'aire géographique de production, M. A est fondé à se prévaloir de ces illégalités pour demander l'annulation de la décision du 12 mai 2022, par laquelle le comité de certification de la société par actions simplifiée Siqocert lui a refusé ou retiré l'habilitation pour les activités de " producteur de moût " et de " vinificateur ", comme exploitant à Étaule, pour les appellations d'origine contrôlée " Petit Chablis ", " Chablis ", " Chablis Grand Cru " et " Bourgogne ", et de la décision du 11 octobre 2022 de la commission d'appel de la SAS Siqocert, notifiée par le président de cette société, dans cette même mesure, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".

7. Les motifs de ce jugement n'impliquent pas qu'il soit enjoint à la société par actions simplifiée Siqocert de délivrer à M. A l'habilitation pour les activités de " producteur de moût " et de " vinificateur " et pour les appellations d'origine contrôlée " Petit Chablis ", " Chablis ", " Chablis Grand Cru " et " Bourgogne ". Ils impliquent seulement que cette société réexamine la demande de M. A dans un délai de deux mois après l'intervention des abrogations et modifications qu'impliquent l'arrêt précité du 29 décembre 2021 du Conseil d'État et le présent jugement.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société par actions simplifiée Siqocert demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société par actions simplifiée Siqocert une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 12 mai 2022 du comité de certification de la société par actions simplifiée Siqocert est annulée en tant qu'elle a refusé à M. A l'habilitation pour les activités de " producteur de moût " et de " vinificateur ", comme exploitant à Étaule, pour les appellations d'origine contrôlée " Petit Chablis ", " Chablis ", " Chablis Grand Cru " et " Bourgogne ", et en tant qu'elle lui a retiré le bénéfice des habilitations dont il bénéficiait dans cette même mesure.

Article 2 : La décision du 11 octobre 2022 de la commission d'appel de la SAS Siqocert, par laquelle cette commission a confirmé la décision du 12 mai 2022 du comité de certification de cette société est annulée en tant qu'elle a refusé à M. A l'habilitation pour les activités de " producteur de moût " et de " vinificateur ", comme exploitant à Étaule, pour les appellations d'origine contrôlée " Petit Chablis ", " Chablis ", " Chablis Grand Cru " et " Bourgogne ", et en tant qu'elle lui a retiré le bénéfice des habilitations dont il bénéficiait dans cette même mesure.

Article 3 : Il est enjoint à la société par actions simplifiée Siqocert de réexaminer la demande d'habilitation de M. A dans un délai de deux mois après l'intervention des abrogations et modifications visées au point 7 du présent jugement.

Article 4 : La société par actions simplifiée Siqocert versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions de la société par actions simplifiée Siqocert au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la société par actions simplifiée Siqocert.

Copie en sera adressée à l'institut national de l'origine et de la qualité et à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt.

Délibéré après l'audience du 20 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

M. Hugez, premier conseiller,

M. Cherief, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2025.

Le rapporteur,

I. Hugez

Le président,

Ph. Nicolet

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

lc

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