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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2300107

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2300107

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2300107
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCH 2 JU
Avocat requérantSELARL DU PARC CABINET D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 janvier et

2 juin 2023, Mme B A forme opposition à la contrainte délivrée le 23 décembre 2022 par le directeur régional de Pôle emploi pour le recouvrement de la somme de 900 euros correspondant au montant d'un indu de prime exceptionnelle versée au titre de l'année 2020 et de la somme de 9,87 euros correspondant au frais d'établissement de cette contrainte.

Elle soutient que :

- elle a procédé au règlement de la somme réclamée par l'envoi d'un chèque le

8 juin 2021 ;

- la contrainte litigieuse lui a été notifiée seize mois après le dernier courrier de Pôle emploi ;

- Pôle emploi a commis des erreurs en lui versant la prime de fin d'année alors qu'elle ne remplissait pas les conditions pour en bénéficier et en égarant le chèque qu'elle lui avait adressé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2023, Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté, représenté par la Selarl du Parc Monnet cabinet d'avocats, conclut, à titre principal, à ce que le tribunal condamne Mme A au versement de la somme de 909,87 euros correspondant au montant de la prime de fin d'année et des frais de délivrance de la contrainte, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal condamne Mme A au versement de la somme de 900 euros correspondant au seul montant de la prime de fin d'année et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le décret n° 2020-1785 du 30 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience sur cette affaire en application des dispositions de l'article

R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique,

- le rapport de Mme Zeudmi Sahraoui, magistrate désignée ;

- et les observations de Me Dandon, représentant Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, présentée pour Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté, a été enregistrée le 20 juin 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi, a perçu, au titre de l'année 2020, une prime exceptionnelle d'un montant de 900 euros en application du décret du 30 décembre 2020 instituant une prime exceptionnelle à destination de certains demandeurs d'emploi. Par un courrier du 19 juillet 2021, Pôle emploi a mis en demeure Mme A de rembourser cette somme au motif que la prime versée ne lui était pas due. Le 23 décembre 2021, le directeur régional de Pôle emploi a émis une contrainte en vue du recouvrement de cette somme de 900 euros et des frais, d'un montant de 9,87 euros, liés à l'établissement de cette contrainte. Par sa requête, Mme A forme opposition à cette contrainte.

Sur l'opposition à contrainte :

2. En premier lieu, si la requérante soutient que la contrainte litigieuse lui a été notifiée seize mois après le dernier courrier que lui a adressé Pôle emploi, ce moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au magistrat désigné d'en apprécier le bien-fondé.

3. En second lieu, Mme A soutient qu'elle avait adressé à l'agence Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté un chèque d'un montant de 900 euros en remboursement de la somme réclamée. Toutefois, d'une part, les pièces versées au dossier ne permettent pas d'établir la réalité de la réception de ce chèque bancaire par les services de Pôle emploi. D'autre part, il est constant que ce chèque, à supposer qu'il ait été adressé à cet organisme, n'a pas été encaissé de sorte que la requérante ne s'est pas acquittée de la somme dont le remboursement est poursuivi par la contrainte litigieuse. Enfin, est sans incidence sur l'émission de la contrainte litigieuse, la circonstance que Pôle emploi aurait commis une erreur en lui versant la prime exceptionnelle qu'elle a perçue au mois de décembre 2022.

4. Il résulte de tout ce qui précède que l'opposition à contrainte présentée par Mme A ne peut qu'être rejetée.

Sur les conclusions reconventionnelles présentées par Pôle emploi :

5. En application du principe selon lequel une personne publique ou une personne privée chargée d'une mission de service public est irrecevable à demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a le pouvoir de prendre elle-même, Pôle emploi n'est pas recevable, dès lors qu'il dispose, comme il en a usé en l'espèce, du pouvoir de délivrer une contrainte qui, sauf opposition fondée, comporte les effets d'un jugement en application de l'article L. 5426-8-2 du code du travail, à demander au tribunal de condamner le requérant au paiement des sommes qu'il a indûment perçues.

6. Il suit de là que les conclusions reconventionnelles présentées en défense par

Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté et tendant à ce que le tribunal condamne Mme A à lui verser la somme de 909,87 euros, sont irrecevables et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

Sur les conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par Pôle emploi au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions reconventionnelles présentées par Pôle Emploi Bourgogne-Franche-Comté et les conclusions présentées par celui-ci en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.

La rapporteure,

N. ZEUDMI SAHRAOUI

La greffière,

L. CUROT La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein l'emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

lc

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