mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300110 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOUZENOUNE TEWFIK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 janvier 2023 et le 20 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Bouzenoune, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 décembre 2022 par laquelle le chef d'établissement du centre de détention de Joux-la-Ville a décidé de prolonger son placement à l'isolement jusqu'au 18 janvier 2023 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ; la décision se fonde en partie sur des éléments qui n'ont aucun lien avec son comportement en détention contrairement à ce que prévoit la circulaire du 14 avril 2011 relative au placement à l'isolement des personnes détenues ; la décision évoque des faits de violence anciens, déjà évoqués lors de la décision de prolongation du 25 juin 2018, qui ne peuvent constituer une motivation actualisée et fonder un risque actuel ; la motivation comprend des faits ayant donné lieu à une sanction disciplinaire et qui sont manifestement insuffisants pour justifier la mesure ; la décision ne précise aucunement le risque effectif qu'elle entend conjurer ni les personnes qu'elle entend protéger ; il n'est pas tenu compte de son état de santé ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure dès lors qu'elle est destinée à permettre une prise en charge dérogatoire en la privant de toute interaction avec les autres détenues ; la décision repose sur les mêmes motifs que la décision initiale du 21 octobre 2022, laquelle était constitutive d'un détournement de procédure destiné à permettre une prise en charge dérogatoire dans une maison d'arrêt surpeuplée ; la décision n'est fondée sur aucune considération récente et il n'est pas démontré en quoi le transfert à Joux-la-Ville n'était pas suffisant pour garantir la sécurité des personnes ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que le fait d'infliger une mesure d'isolement à une personne détenue souffrant de troubles mentaux et présentant des risques suicidaires constitue un traitement inhumain et dégradant ; elle méconnaît l'article L. 6 du code pénitentiaire ; le transfert d'établissement dont elle a fait l'objet a une incidence sur son état de santé déjà particulièrement fragile dès lors qu'il entraîne une rupture de soins ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les motifs invoqués au soutien de la décision sont infondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la circonstance que Mme B a été transférée du centre de détention de Bapaume au centre pénitentiaire d'Orléans-Saran n'a aucune influence sur la décision litigieuse ; la circonstance que la décision litigieuse reprend certains motifs de la décision précédente d'isolement est sans incidence sur la légalité de la décision contestée ;
- les autres moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 mars 2023.
Vu :
- l'ordonnance n° 2300109 du 19 janvier 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Dijon ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Hugez, premier conseiller, en application de l'article R. 222-17 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Hascoët,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 15 mars 1997 et incarcérée depuis le 13 septembre 2016 dans le cadre d'un mandat de dépôt en procédure criminelle, a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris, le 12 avril 2019, à une peine de huit ans d'emprisonnement assortie d'une période de sureté des deux tiers pour des faits de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme puis, le 7 juin 2021, par la cour d'assises statuant en appel, à trente ans de réclusion criminelle pour des faits de tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, complicité de tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme. Du 15 septembre 2016 au 15 septembre 2017, elle a été placée à l'isolement par décisions du juge d'instruction puis a fait l'objet d'un placement administratif à l'isolement jusqu'au 11 décembre 2017. Elle a ensuite de nouveau été placée à l'isolement du 25 juin 2018 au 15 juillet 2020. Après une période de détention ordinaire, elle a de nouveau été placée à l'isolement à compter du 18 octobre 2022 à son arrivée au sein du centre pénitentiaire d'Orléans-Saran. Cet isolement a été confirmé par une décision du 21 octobre 2022 du chef d'établissement du centre pénitentiaire d'Orléans-Saran. Elle a ensuite été incarcérée au centre de détention de Joux-la-Ville du 14 décembre 2022 au 23 octobre 2023. Par une décision du 20 décembre 2022 dont Mme B demande l'annulation, le chef d'établissement du centre de détention de Joux-la-Ville a décidé la prolongation de la mesure d'isolement du 20 décembre 2022 au 18 janvier 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 213-23 du code pénitentiaire : " Le chef de l'établissement pénitentiaire décide de la mise à l'isolement pour une durée maximale de trois mois. Il peut renouveler la mesure une fois pour la même durée. / Il rend compte sans délai de sa décision au directeur interrégional des services pénitentiaires ".
3. Par un arrêté du 1er juin 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la région Bourgogne-Franche-Comté le 7 juin 2022, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon a nommé Mme C D cheffe d'établissement par intérim du centre de détention de Joux-la-Ville et prévu qu'elle disposerait de l'intégralité des pouvoirs attachés à la fonction dont elle assure l'intérim. Par suite, Mme D était compétente pour prendre la décision de prolongation de l'isolement de Mme B. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 213-21 du code pénitentiaire : " () La décision est motivée () ".
5. La décision attaquée vise les dispositions des articles L. 213-8 et R. 213-18 à R. 213-26 ainsi que R. 213-30 à R. 213-35 du code pénitentiaire. Elle fait référence à la gravité des faits pour lesquels l'intéressée a été condamnée, à la date de fin de peine, à son statut de détenue particulièrement signalée en raison de la gravité des actes commis, à des violences commises en détention relatées dans un compte rendu du 27 mai 2018, à la capacité de l'intéressée à obtenir des objets interdits en détention, à l'ascendant sur les autres personnes détenues, à des propos dédaigneux tenus le 27 août 2022 à l'égard d'une autre personne détenue, à des écrits véhéments envers l'administration, à des propos tenus lors de conversations téléphoniques et à la dégradation des relations avec le personnel pénitentiaire. Elle mentionne que les écrits et propos génèrent des inquiétudes importantes sur l'absence de remise en question quant aux positionnements idéologiques, que le transfert est susceptible d'accentuer l'état d'esprit négatif de l'intéressée, qu'il existe une impérieuse nécessité de procéder à une évaluation pluridisciplinaire de sa dangerosité au vu du parcours pénitentiaire et des motifs d'incarcération et que le placement à l'isolement d'office apparaît comme le moyen le plus adapté pour prévenir le risque d'atteinte à la sécurité et au bon ordre de l'établissement. Par suite, cette décision, qui comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée. Est sans incidence à cet égard la circonstance alléguée selon laquelle les motifs seraient erronés ou insuffisants pour justifier la mesure d'isolement d'office.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 213-8 du code pénitentiaire : " Toute personne détenue majeure peut être placée par l'autorité administrative, pour une durée maximale de trois mois, à l'isolement par mesure de protection ou de sécurité soit à sa demande, soit d'office. Cette mesure ne peut être renouvelée pour la même durée qu'après un débat contradictoire, au cours duquel la personne intéressée, qui peut être assistée de son avocat, présente ses observations orales ou écrites. / L'isolement ne peut être prolongé au-delà d'un an qu'après avis de l'autorité judiciaire. / Le placement à l'isolement n'affecte pas l'exercice des droits prévus par les dispositions de l'article L. 6, sous réserve des aménagements qu'impose la sécurité () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 213-30 du même code : " Tant pour la décision initiale que pour les décisions ultérieures de prolongation, il est tenu compte de la personnalité de la personne détenue, de sa dangerosité ou de sa vulnérabilité particulière, et de son état de santé ".
7. Saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de mise à l'isolement, le juge administratif ne peut censurer l'appréciation portée par l'administration pénitentiaire quant à la nécessité d'une telle mesure qu'en cas d'erreur manifeste.
8. Pour renouveler le maintien à l'isolement de Mme B, l'administration s'est fondée sur la nature et la gravité des infractions pour lesquelles Mme B a été condamnée, son inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés, des incidents survenus en détention ordinaire comme au quartier d'isolement révélant notamment une capacité à exercer un ascendant sur les autres personnes détenues et générer des troubles, l'expression de propos véhéments concernant l'administration pénitentiaire et une absence de remise en question quant au positionnement idéologique.
9. Contrairement à ce que soutient la requérante, l'administration pénitentiaire est fondée à prendre en compte la nature et la gravité des faits pour lesquels Mme B a été condamnée dès lors qu'elles constituent des éléments de personnalité et de dangerosité au sens de l'article R. 213-30 du code pénitentiaire précité. Il en va de même des sanctions qui ont pu être prononcées à son encontre pendant sa détention. Il ressort par ailleurs des documents versés à l'instance par l'administration que la détention de Mme B a été marquée par de nombreux incidents, survenus notamment dans la période récente, en 2022, au cours de sa détention ordinaire au sein du centre de détention de Bapaume. Mme B a ainsi fait l'objet d'une sanction disciplinaire pour avoir commis des violences à l'encontre d'une détenue le 27 mai 2018, elle a également fait l'objet d'un compte rendu d'incident le 14 décembre 2021 en raison de la découverte d'un bracelet USB dissimulé dans sa cellule, et les observations de l'administration concernant sa détention en 2019 et 2020 font état de nombreux échanges interdits avec des codétenues au moyens de " yoyos " et de discussions répétées pendant la nuit avec d'autres détenues concernant notamment la religion ou le dénigrement de l'administration pénitentiaire. Concernant la période plus récente, les différents rapports émanant du centre de détention de Bapaume en 2022, où elle se trouvait en détention ordinaire, font état de l'emprise exercée par Mme B sur les autres détenues qu'elle réussit à manipuler en dépit de son régime différencié de détention et notamment d'un incident violent déclenché par un courrier adressé à dessein par Mme B à une autre détenue. Ces rapports font encore état de la nécessité pour l'administration de limiter l'influence de Mme B en réduisant ses contacts avec certaines personnes détenues compte tenu de la modification de l'attitude des autres détenues au sein du quartier femme à la suite de l'arrivée de Mme B et de la multiplication des incidents sous son influence. Ces rapports font enfin état de la poursuite des échanges d'objets interdits en détention via des " yoyos ", des conversations de nuit, parfois codées, avec les autres détenues et de propos agressifs tenus concernant l'administration pénitentiaire auprès d'autres détenues ou de proches.
10. Alors que le garde des sceaux, ministre de la justice a produit notamment la fiche pénale de l'intéressée, la synthèse des observations faites en détention, les comptes rendus professionnels du 16 mars 2022, du 9 avril 2022, du 21 avril 2022, du 14 juin 2022, du 21 juin 2022, du 1er juillet 2022, du 11 juillet 2022, du 13 août 2022, du 17 août 2022, du 19 août 2022, un courrier daté du 21 juillet 2022 adressé par Mme B et les rapports de comportement du 17 mars 2022 et du 29 septembre 2022, Mme B ne conteste pas sérieusement la matérialité des faits qui viennent d'être évoqués. Il résulte de l'instruction que le chef d'établissement aurait pris la même décision sans retenir les faits du 27 août 2022 et le contenu des conversations téléphoniques dont la véracité n'est pas attestée par les pièces du dossier.
11. Dans ces conditions, eu égard au caractère récent de ces derniers faits, au profil pénal et pénitentiaire de Mme B, à sa personnalité et à la nécessité de préserver la sécurité et le bon ordre au sein du centre de détention de Joux-la-Ville, la cheffe de cet établissement, en estimant que la prolongation de la mesure d'isolement de Mme B était nécessaire pour garantir la sécurité des personnes et de l'établissement, n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
12. En quatrième lieu, le détournement de procédure allégué n'est pas établi. A cet égard, les circonstances selon lesquelles Mme B aurait précédemment été transférée dans une maison d'arrêt qualifiée de surpeuplée au lieu de se trouver dans un établissement pour peine et elle aurait été placée à l'isolement au sein du centre pénitentiaire d'Orléans-Saran en raison de la nécessité d'assurer un encellulement individuel au sein d'une maison d'arrêt sont sans incidence sur la légalité de la décision du 20 décembre 2022 portant prolongation de son isolement.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi () ". Aux termes de l'article 3 de cette convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 6 du code pénitentiaire : " L'administration pénitentiaire garantit à toute personne détenue le respect de sa dignité et de ses droits. L'exercice de ceux-ci ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles résultant des contraintes inhérentes à la détention, du maintien de la sécurité et du bon ordre des établissements, de la prévention de la commission de nouvelles infractions et de la protection de l'intérêt des victimes. Ces restrictions tiennent compte de l'âge, de l'état de santé, du handicap, de l'identité de genre et de la personnalité de chaque personne détenue ".
14. Eu égard à la vulnérabilité des détenus et à leur situation d'entière dépendance vis-à-vis de l'administration, il appartient à celle-ci, et notamment aux directeurs des établissements pénitentiaires, en leur qualité de chefs de service, de prendre les mesures propres à protéger leur vie ainsi qu'à leur éviter tout traitement inhumain ou dégradant afin de garantir le respect effectif des exigences découlant des principes rappelés notamment par les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
15. Si Mme B soutient que son maintien à l'isolement porte atteinte à sa santé psychique, elle ne produit aucune pièce concernant son état de santé contemporaine de la décision attaquée, alors que le garde des sceaux, ministre de la justice, fait valoir qu'elle est examinée au moins deux fois par semaine par un médecin conformément à l'article R. 213-19 du code pénitentiaire et que ce médecin n'a pas indiqué qu'il conviendrait de mettre fin à l'isolement. La circonstance qu'elle a été hospitalisée en septembre 2017 pour dépression, en janvier 2019 à la suite d'une tentative de suicide et en juillet 2022 dans des circonstances peu précises ne suffit pas à établir que la mesure d'isolement serait en l'espèce susceptible d'exposer Mme B à des traitements inhumains et dégradants, alors d'ailleurs que la synthèse pluridisciplinaire établie le 16 décembre 2021 mentionne que l'intéressée ne ressentait alors plus le besoin de poursuivre le suivi psychologique et psychiatrique et que sa thymie semblait stable même si une anxiété était présente. En l'absence d'éléments de nature à établir que cette mesure serait en l'espèce susceptible, eu égard aux conditions de détention de Mme B et à la gravité des effets de la mesure sur son état de santé physique et psychique, d'exposer celle-ci à des traitements inhumains et dégradants, alors qu'il ressort des pièces qu'elle a des contacts réguliers avec sa famille, notamment dans le cadre de parloirs individuels, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Doivent également être rejetées par voie de conséquence les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Irénée Hugez, premier conseiller faisant fonction de président,
Mme Pauline Hascoët, première conseillère,
M. Hamza Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
P. Hascoët
Le premier conseiller,
faisant fonction de président,
I. Hugez
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026