jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300122 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GOURINAT DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2023 et des mémoires enregistrés les
2 octobre 2023, 20 décembre 2023, 11 janvier 2024 et 5 septembre 2024, M. B A et
M. E D, représentés par Me Dubersten, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2022 du maire de Coublanc portant refus de permis de construire ;
2°) d'enjoindre au maire de Coublanc de lui délivrer le permis de construire sollicité le
30 septembre 2022 dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 30 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Coublanc la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le maire n'était pas compétent pour prendre la décision de refus de permis de construire ;
- le maire n'avait pas à solliciter l'avis du gestionnaire du réseau d'eau potable, ce qui entache la décision d'un vice de procédure ;
- la décision a été prise en violation des articles R. 111-9 et L. 111-11 du code de l'urbanisme, l'insuffisance du réseau pour desservir la maison en projet n'étant pas démontrée et les travaux de renforcement du réseau étant d'ores et déjà programmés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2023, la commune de Coublanc représentée par Me Gourinat conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. D ne dispose pas d'un intérêt pour agir en sa qualité d'usufruitier en l'absence de mandat ou d'autorisation du nu propriétaire ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- il ne peut être fait droit à la demande d'injonction, dès lors que le permis de construire pourrait faire l'objet d'un sursis à statuer, le projet étant de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme en cours d'élaboration.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,
- les observations de Me Dubersten, représentant M. A et M. D, et de
Me Gourinat, représentant la commune de Coublanc.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a donné à ses petits-enfants, dont M. A, la nue-propriété d'un terrain à bâtir, situé dans la commune de Coublanc. Après avoir envisagé d'y construire un lotissement, projet pour lequel il s'est vu délivrer un certificat d'urbanisme déclarant l'opération non réalisable le 23 avril 2021, puis un arrêté d'opposition à déclaration préalable le 6 avril 2022, M. A a demandé un permis de construire une maison individuelle. Cette demande a été rejetée le
25 novembre 2022 par le maire de Coublanc, au motif que le réseau d'eau potable ne présentait pas des caractéristiques suffisantes pour desservir cette maison. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur la recevabilité :
2. M. D, en tant qu'usufruitier, et M. A, en tant que nu-propriétaire de la parcelle faisant l'objet du projet en litige, justifient l'un et l'autre d'un intérêt leur donnant qualité pour agir contre l'arrêté refusant d'accorder un permis de construire sur cette parcelle. La fin de non-recevoir opposée en défense doit par suite être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés./ Lorsqu'un projet fait l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à sa réalisation lorsque les conditions mentionnées au premier alinéa ne sont pas réunies () ".
4. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraint, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité, et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement. L'autorité compétente doit s'opposer à une demande d'autorisation de construire lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et que, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
5. En l'espèce, la décision de refus en litige se fonde sur un unique motif, tiré de l'insuffisance du réseau d'eau potable qui dessert la parcelle, et s'appuie sur un avis du syndicat intercommunal des eaux de la vallée du Serein, émis le 17 octobre 2022, qui indique que le projet nécessite un " renforcement-extension " du réseau existant.
6. Toutefois, les requérants produisent un courrier antérieur du syndicat, datant du
9 mars 2021, adressé à M. A et à deux autres petits-enfants de M. D qui envisagent de construire sur les deux autres parcelles issues de sa donation, indiquant que les travaux de renforcement du réseau pourront être engagés lorsqu'un permis de construire sera accordé et qu'ils pourraient être intégrés dans un avant-projet annuel du syndicat. Ils produisent également la délibération du syndicat intercommunal des eaux de la vallée du Serein du 30 juin 2022 approuvant l'avant-projet du programme de renouvellement 2023 et un nouveau courrier du 11 mai 2023 confirmant que les travaux de renforcement nécessaires au projet font partie du programme de l'année 2023. Il ressort de ces éléments qu'à la date de la décision en litige, les travaux de renforcement du réseau étaient déjà programmés et, si l'avis du 17 octobre 2022 n'en faisait pas état, il appartenait à la commune de Coublanc de faire compléter cet avis. Elle était ainsi en mesure de connaître à la date de la décision attaquée, le 25 novembre 2022, dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public les travaux nécessaires pourraient être exécutés.
7. Il résulte de ce qui précède que M. D et M. A sont fondés à soutenir que la décision de refus de permis de construire du 25 novembre 2022 méconnaît les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, et à en demander, pour ce motif, l'annulation.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen invoqué n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de l'acte attaqué.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. D'une part, aux termes de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un refus opposé à une demande d'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol ou l'opposition à une déclaration de travaux régies par le présent code a fait l'objet d'une annulation juridictionnelle, la demande d'autorisation ou la déclaration confirmée par l'intéressé ne peut faire l'objet d'un nouveau refus ou être assortie de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme intervenues postérieurement à la date d'intervention de la décision annulée sous réserve que l'annulation soit devenue définitive et que la confirmation de la demande ou de la déclaration soit effectuée dans les six mois suivant la notification de l'annulation au pétitionnaire ".
10. Il résulte de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme que, lorsqu'un refus de permis de construire ou une décision d'opposition à une déclaration préalable a été annulé par un jugement ou un arrêt et que le pétitionnaire a confirmé sa demande ou sa déclaration dans le délai de six mois suivant la notification de cette décision juridictionnelle d'annulation, l'autorité administrative compétente ne peut rejeter la demande de permis, opposer un sursis à statuer, s'opposer à la déclaration préalable dont elle se trouve ainsi ressaisie ou assortir sa décision de prescriptions spéciales en se fondant sur des dispositions d'urbanisme postérieures à la date du refus ou de l'opposition annulé.
11. Par suite, contrairement à ce que soutient la commune de Coublanc, il ne saurait être opposé un sursis à statuer à la demande de permis de construire sur le fondement du projet de plan local d'urbanisme en cours d'élaboration.
12. D'autre part, lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition.
13. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
14. En l'espèce, le motif censuré par le présent jugement était le seul motif de la décision attaquée, et la commune n'a demandé aucune substitution de motifs. Il ne résulte pas de l'instruction qu'un motif de refus pourrait être opposé, ni de changement de la situation de fait à la date du présent jugement. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Coublanc de délivrer le permis de construire demandé par M. A dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. D et M. A, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à la commune de Coublanc d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Coublanc une somme totale de 1 500 euros à verser à M. D et M. A au titre des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : L'arrêté du 25 novembre 2022 du maire de Coublanc est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Coublanc de délivrer le permis de construire demandé par M. A dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Coublanc versera une somme de 1 500 euros à M. D et M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions de la commune de Coublanc au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à M. E D et à la commune de Coublanc.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et, conformément à l'article R. 751-10 du code de justice administrative, au procureur de la république près le tribunal judiciaire de Mâcon.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
M-E C
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026