jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300158 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 2 JU |
| Avocat requérant | SI HASSEN MYRIAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2023, Mme B A, représentée par Me Si Hassen, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sur la légalité de la décision portant refus de séjour en France :
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Le préfet de la Côte-d'Or a présenté un mémoire en production de pièces le
27 février 2023.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon en date du 27 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes présentées en application des articles L. 614-5 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus lors de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Brey substituant Me Si Hassen, représentant Mme A ;
- les observations de Mme C, représentant le préfet de la Côte-d'Or.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante congolaise, est entrée de manière irrégulière en France le 20 septembre 2020 et a sollicité la reconnaissance de la qualité de réfugié. L'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a rejeté sa demande d'asile par une décision du 30 novembre 2021. Cette décision de rejet a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 29 novembre 2022. Par un arrêté du 20 décembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or a refusé d'admettre l'intéressée au séjour au titre de l'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions de la requête :
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
2. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet de la Côte-d'Or, avant d'opposer à Mme A une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 424-1 et L. 424-9 du même code, en conséquence du rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile.
3. La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire ayant été refusés à l'intéressée, le préfet de la Côte-d'Or, qui n'a pas entendu examiner d'office si Mme A était susceptible de se voir délivrer un titre sur un autre fondement que l'asile, était tenu de refuser de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 424-1 et
L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans avoir à porter une appréciation sur les faits de l'espèce. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, de l'absence d'examen réel et sérieux de la situation du requérant et de l'erreur manifeste d'appréciation sont, par suite, inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, la requérante n'établit pas l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour. Elle n'est, dès lors, pas fondée à exciper de son illégalité au soutien de ses conclusions dirigées contre la mesure d'éloignement.
5. En second lieu, Mme A soutient qu'elle a noué des attaches personnelles en France, que son fils y est scolarisé et qu'elle est isolée dans son pays d'origine. Toutefois à la date de la décision attaquée, le séjour en France de Mme A présentait un caractère récent. La requérante, qui ne donne aucune précision quant à la nature des liens qu'elle aurait noués sur le territoire français et ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations, ne justifie pas y avoir fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux. Par ailleurs si elle soutient être isolée en République démocratique du Congo, elle n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée porterait au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte manifestement disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et méconnaitrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
6. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que Mme A n'établit pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, elle n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de cette dernière décision à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
8. Mme A soutient qu'elle encourt des risques d'atteinte à son intégrité physique en cas de retour en République démocratique du Congo. Elle ne produit toutefois aucune pièce à l'appui de ses allégations et ne précise pas les raisons pour lesquelles elle est susceptible d'être victime de telles atteintes. Dès lors, Mme A n'établit pas qu'elle serait personnellement et actuellement exposée à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 20 décembre 2022 du préfet de la Côte-d'Or. Doivent, par voie de conséquence, être rejetées ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, Me Si Hassen et au préfet de la Côte-d'Or.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La magistrate désignée,
N. DLa greffière,
L. CUROT
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026