jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300188 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GOURINAT DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2023, Mme C E, représentée par Me Kovac, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 avril 2022 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon a prononcé son licenciement pour inaptitude physique ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la directrice générale du CHU de Dijon de la réintégrer dans ses fonctions à compter du 13 avril 2022 et de procéder à la reconstitution juridique et financière de sa carrière dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CHU de Dijon le versement d'une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme E soutient que :
- la décision du 13 avril 2022 est entachée d'un vice d'incompétence et d'une insuffisance de motivation ;
- la décision du 13 avril 2022 est entachée de vices de procédure dès lors que, d'une part, elle n'a pas été mise à même de solliciter la communication de l'intégralité de son dossier et, d'autre part, la régularité de la saisine de la commission consultative paritaire n'est pas établie ;
- en estimant qu'elle était inapte totalement et définitivement à l'exercice de toutes fonctions, alors qu'elle était seulement inapte à l'exercice de ses fonctions d'aide-soignante, le CHU de Dijon a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ;
- le CHU de Dijon a entaché sa décision d'erreur de droit en ne respectant pas son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, le CHU de Dijon, représenté par Me Gourinat, conclut au rejet de la requête.
Le CHU soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Desseix,
- les conclusions de M. B,
- et les observations de Me Brey, substituant Me Kovac représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, recrutée en qualité d'aide-soignante par le CHU de Dijon dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, a été placée en position de maladie ordinaire du 15 avril 2018 au 28 janvier 2019, puis en congé de grave maladie du 7 mars 2019 au 6 mars 2022. Le 4 mars 2022, l'intéressée a été convoquée, pour le 14 mars 2022, à un entretien préalable à son licenciement pour inaptitude physique. Par une décision du 13 avril 2022, la directrice générale du CHU de Dijon a prononcé le licenciement de Mme E pour inaptitude totale et définitive à l'exercice de toutes fonctions à compter du 20 juin 2022. Le 21 septembre 2022, l'intéressée a exercé un recours gracieux contre cette décision qui a été implicitement rejeté. Mme E demande au tribunal d'annuler la décision du 13 avril 2022 et cette décision implicite de rejet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du I de l'article 17-1 du décret n° 91-155 du 6 février 1991 : " Lorsqu'à l'issue d'un congé prévu au présent titre, il a été médicalement constaté par le médecin agréé qu'un agent se trouve, de manière définitive, atteint d'une inaptitude physique à occuper son emploi, l'autorité investie du pouvoir de nomination convoque l'intéressé à l'entretien préalable prévu à l'article 43 et selon les modalités définies au même article. / Si l'autorité investie du pouvoir de nomination décide, à l'issue de la consultation de la commission consultative paritaire prévue à l'article 2-1, de licencier l'agent, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec accusé de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. Cette lettre précise le motif du licenciement et la date à laquelle celui-ci doit intervenir, compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis prévu à l'article 42. Cette lettre informe également l'intéressé qu'il peut présenter une demande écrite de reclassement, dans un délai correspondant à la moitié de la durée du préavis prévu à l'article 42 et lui indique les conditions dans lesquelles les offres de reclassement sont susceptibles de lui être adressées ".
3. Pour procéder au licenciement de Mme E pour inaptitude physique, le CHU de Dijon s'est fondé sur le rapport d'expertise établi le 2 mars 2022 par le docteur D, médecin agréé, qui a conclu à l'inaptitude totale et définitive de l'intéressée à toutes fonctions au sein du CHU de Dijon " compte tenu de la lettre de mission qui fait état de tests de reconversion administratifs très insuffisants ". Il ressort des termes mêmes de ce rapport d'expertise que le médecin a pris en considération, pour conclure à l'inaptitude médicale de Mme E à l'exercice de toutes fonctions, des circonstances non médicales et notamment l'impossibilité, alléguée par le CHU, de proposer une reconversion professionnelle à l'agent. Par ailleurs, le comité médical départemental, dans son avis du 23 septembre 2021, a estimé que Mme E était inapte aux seules fonctions d'aide-soignante et non à toutes fonctions et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'état de santé de l'intéressée se serait dégradé postérieurement à cet avis. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que la directrice générale du CHU de Dijon a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'elle était définitivement inapte à l'exercice de toutes fonctions et une erreur de droit en s'abstenant de l'informer de la procédure de reclassement dans les conditions prévues au I de l'article 17-1 du décret du 6 février 1991.
4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme E est fondée à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Si, compte tenu du motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement la réintégration effective de Mme E dans les fonctions qu'elle occupait précédemment, elle implique en revanche nécessairement, d'une part, de procéder à la régularisation de la situation administrative de l'intéressée et à la reconstitution de ses droits à pension et ses droits sociaux à compter du 20 juin 2022 et, d'autre part, de l'informer de la procédure de reclassement dans les conditions prévues au I de l'article 17-1 du décret du 6 février 1991 puis, le cas échéant, de poursuivre cette procédure en application des II et III du même article. Il y a dès lors lieu d'ordonner à la directrice générale du CHU de Dijon de procéder à ces diligences dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas en revanche lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Dijon une somme de 1 200 euros à verser à Mme E sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La décision du 13 avril 2022 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier universitaire de Dijon a prononcé le licenciement de Mme E pour inaptitude physique et la décision implicite rejetant son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la directrice générale du CHU de Dijon, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, d'une part, de procéder à la réintégration juridique de Mme E et à la reconstitution de ses droits à pension et de ses droits sociaux à compter du 20 juin 2022 et, d'autre part, de mettre en œuvre la procédure de reclassement définie à l'article 17-1 du décret n° 91-155 du 6 février 1991.
Article 3 : Le CHU de Dijon versera à Mme E une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par Mme E sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E et au centre hospitalier universitaire de Dijon.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
M. DesseixLe président,
L. Boissy
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026