mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300199 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | ROTHDIENER GAËTAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2023, M. C E, représenté par Me Rothdiener, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2022, par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'une année ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2022, par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Charolles pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire, à titre principal de lui délivrer le titre de séjour demandé et, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de ces décisions dispose d'une délégation de signature à cet effet, régulièrement publiée et suffisamment précise pour permettre l'édiction des deux arrêtés en litige ;
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français :
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation et n'a pas examiné son droit au séjour, malgré ses demandes de titre de séjour ;
- il était en droit d'obtenir une autorisation provisoire de séjour en qualité de conjoint d'un étranger malade ;
S'agissant de la décision portant assignation à résidence :
- cette décision doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français ;
- les modalités de pointage à la gendarmerie de Digoin sont entachées d'une erreur d'appréciation, eu égard à l'âge de son enfant, à la distance qui le sépare de la gendarmerie et à la pathologie dont souffre son épouse, qui complique substantiellement l'activité physique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2022, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, par une décision du 1er septembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes prévues à l'article L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 24 janvier 2023 à 9 heures.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. D B.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 9 heures 06 minutes.
Considérant ce qui suit :
1. M. C E, ressortissant albanais, né en 1992 en Albanie, a déclaré être entré en France le 24 septembre 2018, muni d'un passeport albanais en cours de validité. A la suite du rejet par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de la demande d'asile de l'intéressé, celui-ci a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 13 août 2019. Par un nouvel arrêté, en date du 22 novembre 2022, notifié le 19 janvier 2023, le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'une année. Par un second arrêté du même jour et notifié simultanément au premier, le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Charolles pour une durée de quarante-cinq jours. M. E demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. E.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Par un arrêté du 24 octobre 2022, référencé 71-2022-10-24-00008, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial référencé 71-2022-172 du même jour, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à Mme A F, directrice de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer notamment les arrêtés d'obligation de quitter le territoire français avec ou sans délai de départ volontaire, les arrêtés fixant le pays de renvoi, les arrêtés relatifs aux interdictions de retour sur le territoire français et les décisions d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée, qui manque en fait, à l'égard de chacun des deux arrêtés, doit être écarté.
En ce qui concerne l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, si le requérant produit une lettre, en date du 12 juin 2021, par laquelle il sollicite une autorisation provisoire de séjour et un titre de séjour, il n'établit nullement l'envoi de cette lettre, qui en outre n'est pas même signée, aux services de la préfecture de Saône-et-Loire. Alors même que le préfet fait état d'une autre demande de titre de séjour qui était en cours d'examen à la date du 12 juin 2021 et qui a donné lieu à une décision de refus en date du 15 juin 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ne se serait pas livré à un examen réel et sérieux de sa situation avant l'édiction de l'arrêté litigieux.
6. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que le requérant devrait bénéficier d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de conjoint d'un étranger malade est dépourvue des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, dès lors que M. E n'établit pas dans la présente instance que son épouse devrait bénéficier d'un titre de séjour au titre de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en se bornant à établir qu'elle est atteinte d'une sinusite et d'un comblement total du sinus frontal droit, nécessitant un drainage chirurgical.
7. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 novembre 2022 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'une année.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant assignation à résidence par voie de conséquence de l'annulation de ces décisions.
9. En deuxième lieu, le préfet de Saône-et-Loire a fait obligation au requérant, par la décision attaquée, et à son épouse, qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement et d'une mesure d'assignation, édictées à la même date, de se présenter chaque jour ouvré auprès des services de gendarmerie de Digoin à 9 heures en application des dispositions de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Contrairement à ce que soutient le requérant, ni la circonstance que le requérant et son épouse sont les parents d'un enfant de trois ans, ni celle selon laquelle la gendarmerie est éloignée de vingt-deux minutes à pieds de leur lieu de résidence, ni enfin celle tirée de la pathologie dont souffrirait son épouse qui est, en tout état de cause, sans incidence sur les modalités de l'assignation à résidence de M. E, ne sont de nature à établir que le préfet de Saône-et-Loire aurait commis une erreur d'appréciation en assortissant la mesure d'assignation à résidence de telles obligations de présentation. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la mesure d'assignation à résidence dont il fait l'objet.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. E doivent être rejetées. Ses conclusions à fin d'injonction doivent l'être également, par voie de conséquence et en tout état de cause.
Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
12. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par le conseil de M. E.
D E C I D E :
Article 1er : M. C E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, au préfet de Saône-et-Loire, et à Me Gaëtan Rothdiener.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
I. B
Le greffier,
J. Testori
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026