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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2300258

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2300258

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2300258
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBARBEROUSSE NATACHA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2023, M. et Mme D et B A, représentés par Me Barberousse demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du recteur de l'académie de Dijon du 14 décembre 2022 prononçant contre leur fils mineur E la sanction de l'exclusion définitive du lycée René Cassin de Mâcon, ainsi que la décision de l'inspectrice d'académie directrice académique des services de l'éducation nationale de Saône-et-Loire du 16 janvier 2023 affectant E en classe de seconde professionnelle " métiers du pilotage et métiers de pilotage et de la maintenance de systèmes automatisés " au lycée Claudie Haigneré de Blanzy ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la sanction d'exclusion est disproportionnée ;

- la décision d'affectation au lycée Claudie Haigneré de Blanzy procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2024, le recteur de l'académie de Dijon conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer contre la décision du 16 janvier 2023, qui a été retirée, et que les moyens soulevés sont infondés.

Par un mémoire enregistré le 27 septembre 2024, M. et Mme A maintiennent leurs moyens et conclusions dirigés contre la décision du 14 décembre 2022 et concluent au non-lieu à statuer en ce qui concerne la décision du 16 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Barberousse, représentant M. et Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision du 14 décembre 2022, prise sur recours administratif préalable, le recteur de l'académie de Dijon a confirmé la sanction de l'exclusion définitive de E A du lycée René Cassin de Mâcon, infligée par le conseil de discipline de cet établissement. Puis, par décision du 16 janvier 2023, l'inspectrice d'académie, directrice académique des services de l'éducation nationale de Saône-et-Loire a affecté E en classe de seconde professionnelle " métiers du pilotage et métiers de pilotage et de la maintenance de systèmes automatisés " au lycée Claudie Haigneré de Blanzy.

Sur l'étendue du litige :

2. En cours d'instance, la décision du 16 janvier 2023 de l'inspectrice d'académie directrice académique des services de l'éducation nationale de Saône-et-Loire a été retirée, et ce retrait est devenu définitif ; il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de cette décision. Ne demeurent en litige que les seules conclusions en annulation de la décision du recteur de l'académie de Dijon du 14 décembre 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 14 décembre 2022 :

3. Aux termes de l'article R. 511-13 du code de l'éducation : " I.-Dans les collèges et lycées relevant du ministre chargé de l'éducation, les sanctions qui peuvent être prononcées à l'encontre des élèves sont les suivantes : 1° L'avertissement ; 2° Le blâme ; 3° La mesure de responsabilisation ; 4° L'exclusion temporaire de la classe ()5° L'exclusion temporaire de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; 6° L'exclusion définitive de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que E A a, lors de sa scolarité au collège fait l'objet de six mesures d'exclusion, en janvier, février, avril, mai et octobre 2021, puis à nouveau en février 2022, pour des propos agressifs et des menaces verbales envers ses professeurs. Dès son entrée en classe de seconde au lycée René Cassin de Mâcon, il s'est distingué par un comportement particulièrement agité, qui a fait l'objet de nombreuses fiches d'incident les 9, 15 et 20 septembre 2022, puis les 10, 11 et 12 octobre, pour avoir lancé des cailloux sur des élèves, s'être moqué ouvertement de ses camarades, feint d'être perturbé par un autre lycéen en cours, s'être comporté de manière insolente pendant la classe, avoir tenu des propos sexistes, avoir perturbé le cours et répondu avec insolence au professeur, avoir tenu des propos désobligeants et mimé un croche pied envers un camarade, poussé des cris, avoir été dans un état de grande excitation, puis refusé de discuter de son comportement avec un professeur et avoir manqué de respect à son égard, et enfin, avoir déclaré devant la classe, à propos d'un professeur : " si je le croise dans la rue, je le savate " en mimant le geste de frapper avec les pieds.

5. Il ressort également des pièces du dossier que E A est atteint d'un trouble déficit de l'attention avec hyperactivité, pour lequel il suit un traitement et a bénéficié d'un projet d'accueil individualisé lors de sa scolarité. M. et Mme A soutiennent que le comportement impulsif et provocateur de leur fils est lié à sa maladie, et à la difficulté à trouver un traitement adapté, le nouveau traitement mis en place à la suite de son hospitalisation en septembre 2022 ayant produit des effets secondaires expliquant la recrudescence des incidents à son retour au lycée. Les éléments médicaux produits ne permettent pas pour autant de considérer que le trouble dont est atteint l'intéressé le priverait de ses capacités de discernement et pourrait ainsi atténuer la gravité de son comportement.

6. Par suite, eu égard à l'ensemble des éléments qui viennent d'être rappelés, et tout particulièrement de la menace proférée à l'encontre d'un enseignant et des multiples incidents qui l'avaient précédée, la sanction d'exclusion définitive du lycée René Cassin de Mâcon n'apparait pas disproportionnée.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du

14 décembre 2022 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. et Mme A de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du

16 janvier 2023 de l'inspectrice d'académie, directrice académique des services de l'éducation nationale de Saône-et-Loire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et B A et à la ministre de l'éducation nationale.

Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Dijon.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

La rapporteure,

M-E C

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

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