jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300332 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MIFSUD ELODIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2023, et un mémoire enregistré le 6 mai 2023,
M. C A, représenté par Me Mifsud, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Yonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Yonne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de séjour :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise sans examen réel et sérieux ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est illégale dès lors que la décision de refus de séjour est illégale ;
-la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français étant illégale, les décisions relatives au délai de départ volontaire et fixant le pays de destination sont également illégales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, le préfet de l'Yonne représenté par Me Rannou conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 27 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Mifsud représentant M. A et de Me Coquillon, représentant le préfet de l'Yonne.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, qui soutient être né le 10 février 2002, est entré sur le territoire français durant le mois de décembre 2017 selon ses déclarations. Il s'est présenté aux services d'aide sociale à l'enfance d'Auxerre, qui ont refusé sa prise en charge au motif qu'il n'était pas mineur, et a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 5 janvier 2018. Le 5 octobre 2020, il a déposé une demande de titre de séjour en qualité d'étudiant. Par l'arrêté attaqué du 19 décembre 2022, le préfet de l'Yonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2.Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 27 mars 2023. Par suite, sa demande tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire est devenue sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté du 25 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 26 août suivant, le préfet de l'Yonne a donné délégation à Mme Girardot, secrétaire générale de la préfecture, et signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figure pas la décision attaquée. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision de refus de séjour en litige doit dès lors être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, et précise les éléments connus concernant le requérant, notamment son entrée et son séjour irréguliers sur le territoire français, sa présentation auprès des services d'aide sociale à l'enfance, et la procédure judiciaire dont il fait l'objet. Il fait état des éléments produits par M. A à l'appui de sa demande de titre de séjour, et indique notamment que l'intéressé, entré irrégulièrement en France, ne présente pas de visa de long séjour nécessaire à l'obtention d'un titre de séjour correspondant à sa situation. Il énonce ainsi de manière suffisamment circonstanciée l'ensemble des considérations de droit et de fait qui le fondent pour mettre M. A en mesure d'en discuter utilement les motifs. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de refus de séjour doit par suite être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet de l'Yonne n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A au vu des éléments qui avaient été portés à sa connaissance, avant de prendre la décision de refus de séjour attaquée. Ainsi, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
7. En quatrième lieu, le préfet a indiqué dans sa décision que le jugement supplétif présenté par M. A pour justifier son identité, et qui lui a permis d'obtenir un passeport délivré par les autorités guinéennes, était un faux, puisqu'établi à la demande, non du requérant, mais d'une autre personne. Toutefois, cette seule considération ne saurait à elle seule conduire à conclure au caractère falsifié de ce document, dès lors qu'il n'est fait état d'aucun élément tendant à démontrer qu'un jugement supplétif ne pourrait être établi, selon les règles applicables en Guinée, à la demande d'un tiers. Pour autant, l'arrêté attaqué fait également mention des différents éléments qui ont conduit à considérer que ce jugement supplétif mentionnait des informations erronées quant à la date de naissance de M. A, dont la prise en charge par les services d'aide sociale à l'enfance a été refusée, l'enquête menée lors de sa demande ayant conduit à considérer qu'il n'était pas mineur ; par suite, il résulte de l'instruction que le préfet de l'Yonne aurait pris la même décision s'il ne s'était pas fondé sur la circonstance que le jugement supplétif présenté par le requérant avait été délivré à la demande d'un tiers.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle en octobre 2021. Il a également suivi une formation professionnelle " montage et démontage d'échafaudages ", en juin 2021, et a été recruté par une entreprise en mai 2022, d'abord en contrat à durée déterminée puis en contrat à durée indéterminée à temps partiel. Il ne ressort pas des pièces du dossier que sa demande de titre de séjour, déposée en qualité d'étudiant, aurait été modifiée en demande de titre de séjour en qualité de salarié, ni qu'une demande d'autorisation de travail aurait été sollicitée. Si M. A se prévaut de son insertion professionnelle, la conclusion d'un contrat à durée indéterminée à temps partiel n'est pas suffisante pour justifier une régularisation de sa situation. Il n'est pour le reste apporté aucun élément quant à l'insertion de M. A dans la société française depuis la fin de sa scolarité, s'agissant notamment des liens personnels qu'il a pu y lier depuis son arrivée. Il ne conteste pas que sa mère demeure toujours dans son pays d'origine, où il a conservé des liens familiaux. Par suite, M. A n'établit pas que la décision de refus de séjour qui lui est opposée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ni qu'elle emporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation.
10. Les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent par suite être écartés.
11. Les moyens invoqués à l'encontre de la décision de refus de séjour ayant été écartés,
M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français. Cette dernière décision n'encourant pas l'annulation, il est en vain excipé de son illégalité à l'appui des conclusions visant les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
13. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions en injonction doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à l'avocate de M. A de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de l'Yonne et à Me Mifsud.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
N°230033
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026