mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300442 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ALINEA AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 février et 9 juin 2023, la société civile d'exploitation agricole des Bergeries, représentée par l'association d'avocats à responsabilité professionnelle individuelle Alinéa Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 décembre 2022 par laquelle le préfet de l'Yonne lui a refusé le bénéfice de l'aide couplée à la production de légumineuses fourragères au titre de la campagne 2021 et lui a appliqué une pénalité financière, eu égard à un taux d'écart de 100 % ;
2°) d'enjoindre à l'État de lui verser l'aide à la production de légumineuses fourragères à laquelle elle est éligible au titre de la campagne 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne contient aucune motivation, s'agissant de la pénalité financière infligée, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet de l'Yonne a commis une erreur de droit, dès lors que la notion de prédominance figurant à l'article 4 de l'arrêté du 5 juin 2019 fixant les conditions d'accès aux soutiens couplés aux productions végétales mis en œuvre, à partir de la campagne 2019, dans le cadre de la politique agricole commune, faute d'être clairement définie, doit être interprétée à la lumière des autres dispositions de cet arrêté, comme imposant que le nombre de graines de légumineuses fourragères représente la moitié ou plus de la moitié des graines du mélange au semis ; c'est d'ailleurs l'interprétation que donne l'administration centrale dans une fiche pratique en vigueur depuis la campagne 2019 ; au contraire, le préfet de l'Yonne s'est fondé à tort sur la hauteur de la légumineuse inférieure au tournesol ou au maïs ;
- la décision litigieuse ne tient pas compte des éléments concrets attestant de la présence prépondérante de légumineuses fourragères par rapport aux céréales et oléagineux sur les parcelles et îlots visés, en particulier de la proportion des graines semées, dont il justifie, et des dates et caractéristiques des opérations de fertilisation et de protection des cultures ; le contrôleur, compte tenu de sa contestation, aurait dû procéder à un contrôle documentaire additionnel.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 14 avril, 23 mai et 6 juillet 2023, le préfet de l'Yonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société civile requérante ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée le 16 février 2023 à l'Agence de services et de paiement, qui n'a pas produit d'observations.
Les parties ont été informées par une lettre du 24 avril 2023 que cette affaire était susceptible, à compter du 12 juin 2023, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 17 août 2023 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 ;
- le règlement délégué (UE) n° 639/2014 de la Commission du 11 mars 2014 ;
- le règlement délégué (UE) n° 640/2014 de la Commission du 11 mars 2014 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- l'arrêté du 5 juin 2019 fixant les conditions d'accès aux soutiens couplés aux productions végétales mis en œuvre, à partir de la campagne 2019, dans le cadre de la politique agricole commune ;
- l'arrêt n° T-475/21 du 21 septembre 2022, République française c/ Commission européenne, du Tribunal de l'Union européenne ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile d'exploitation agricole des Bergeries exerce son activité aux Ormes, dans l'Yonne, et produit à ce titre des céréales, des oléagineux et des légumineuses fourragères. Elle a notamment sollicité, au titre de la campagne 2021, une aide surfacique à la production de légumineuses fourragères, en l'espèce un mélange de trèfle blanc et de lotier, en mélange avec un oléagineux, en l'espèce du tournesol, et une céréale, en l'espèce du maïs. La société civile a fait l'objet, au titre des aides surfaciques du premier pilier de la politique agricole commune pour la campagne 2021, d'un contrôle des services de l'Agence de services et de paiement par télédétection, complété d'une " inspection terrain ". Après une procédure contradictoire, le préfet de l'Yonne, par une décision du 8 décembre 2022, a " supprimé " l'aide à la production de légumineuses fourragères, en l'absence de prédominance des légumineuses fourragères sur le couvert présent sur les parcelles concernées et lui a infligé une pénalité financière, d'un montant de 19 202,79 euros, dès lors que l'écart calculé entre les surfaces déclarées cultivées en mélange de légumineuses fourragères prépondérantes et de céréales ou d'oléagineux et les surfaces constatées ainsi cultivées est supérieur à 50 %. Par sa requête, la société civile d'exploitation agricole des Bergeries demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur le cadre juridique applicable :
2. Aux termes de l'article 52, relatif aux règles générales applicables aux soutiens couplés facultatifs, du règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 établissant les règles relatives aux paiements directs en faveur des agriculteurs au titre des régimes de soutien relevant de la politique agricole commune et abrogeant le règlement (CE) n° 637/2008 du Conseil et le règlement (CE) n° 73/2009 du Conseil : " 1. Les États membres peuvent accorder un soutien couplé aux agriculteurs dans les conditions énoncées au présent chapitre (ci-après dénommé au présent chapitre "soutien couplé"). / 2. Le soutien couplé peut être accordé en faveur des secteurs et productions suivants : céréales, oléagineux, cultures protéagineuses, légumineuses à grains, lin () / 3. Un soutien couplé ne peut être octroyé qu'en faveur des secteurs ou des régions d'un État membre où des types particuliers d'agriculture ou des secteurs agricoles spécifiques qui sont particulièrement importants pour des raisons économiques, sociales ou environnementales rencontrent des difficultés. / () 5. Le soutien couplé ne peut être accordé que dans la mesure nécessaire pour créer une incitation à maintenir les niveaux actuels de production dans les secteurs ou régions concernés. () ".
3. Aux termes de l'article 52, paragraphe 3, du règlement délégué (UE) n° 639/2014 de la Commission du 11 mars 2014 complétant le règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil établissant les règles relatives aux paiements directs en faveur des agriculteurs au titre des régimes de soutien relevant de la politique agricole commune et modifiant l'annexe X dudit règlement : " Aux fins de l'article 52, paragraphe 3, du règlement (UE) n° 1307/2013, certains types d'agriculture ou secteurs agricoles spécifiques sont considérés comme étant en "difficulté" s'il existe un risque d'abandon ou de recul de la production, notamment du fait de la faible rentabilité de l'activité exercée, qui a des conséquences négatives sur l'équilibre économique, social ou environnemental de la région ou du secteur concerné. ". Aux termes de l'article 53 du même règlement : " 1. Les États membres définissent les critères d'admissibilité au bénéfice des mesures de soutien couplé conformément au cadre établi par le règlement (UE) n° 1307/2013 et aux conditions énoncées dans le présent règlement. / 2. Les surfaces et les rendements ainsi que le nombre d'animaux visés à l'article 52, paragraphe 6, du règlement (UE) n° 1307/2013 sont fixés par les États membres au niveau régional ou sectoriel. Ils reflètent les rendements maximaux, la surface cultivée ou le nombre d'animaux atteint dans la région ou le secteur ciblés pendant au moins une des cinq années précédant l'année de la décision visée à l'article 53, paragraphe 1, dudit règlement. ".
4. Aux termes de l'article 19, intitulé " Sanctions administratives applicables en cas de surdéclarations ", paragraphe 2, du règlement délégué (UE) n° 640/2014 de la Commission du 11 mars 2014 complétant le règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne le système intégré de gestion et de contrôle, les conditions relatives au refus ou au retrait des paiements et les sanctions administratives applicables aux paiements directs, le soutien au développement rural et la conditionnalité : " 1. Si, pour un groupe de cultures visé à l'article 17, paragraphe 1, la superficie déclarée aux fins d'un régime d'aide ou d'une mesure de soutien liés à la surface dépasse la superficie déterminée conformément à l'article 18, le montant de l'aide est calculé sur la base de la superficie déterminée réduite du double de la différence constatée lorsque cette différence est supérieure soit à 3 % soit à deux hectares, mais inférieure à 20 % de la superficie déterminée. / () 2. Lorsque la différence constatée excède 50 %, aucune aide ou aucun soutien liés à la surface n'est accordé(e) pour le groupe de cultures considéré. En outre, le bénéficiaire fait l'objet d'une sanction supplémentaire équivalente au montant de l'aide ou du soutien correspondant à la différence entre la surface déclarée et la surface déterminée conformément à l'article 18. ".
5. Aux termes de l'article D. 615-38 du code rural et de la pêche maritime, dans sa rédaction applicable à l'aide en litige : " En application de l'article 52 du règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 susmentionné, sont mis en place les soutiens couplés aux productions végétales suivantes : / () 11° Une aide à la production de légumineuses fourragères, visant à enrayer la diminution des surfaces consacrées à la production de légumineuses fourragères et à favoriser l'indépendance protéique des exploitations d'élevage ; () ". Aux termes de l'article D. 615-39 du même code : " Un arrêté du ministre chargé de l'agriculture détermine les conditions d'application de l'article D. 615-38, notamment les critères d'éligibilité d'accès aux soutiens couplés aux productions végétales, et détermine la surface éligible aux soutiens couplés. / Il précise, en outre : / () 10° Pour l'aide à la production de légumineuses fourragères, les légumineuses fourragères éligibles ainsi que les modalités selon lesquelles le demandeur justifie destiner ses produits à une exploitation respectant un seuil minimal d'unité gros bovins qu'il définit ; () ".
6. Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 5 juin 2019 fixant les conditions d'accès aux soutiens couplés aux productions végétales mis en œuvre, à partir de la campagne 2019, dans le cadre de la politique agricole commune : " Aide à la production de légumineuses fourragères. / 1° Les cultures éligibles à l'aide à la production de légumineuses fourragères sont : la luzerne, le trèfle, le sainfoin, la vesce, le mélilot, la jarosse, la seradelle, le pois, le lupin, la féverole, le lotier et la minette. / Un mélange composé d'espèces de légumineuses fourragères mentionnées au premier alinéa du présent article est éligible à l'aide. / Un mélange composé d'une ou plusieurs espèces de légumineuses fourragères mentionnées au premier alinéa du présent article avec une ou plusieurs espèces de céréales ou d'oléagineux est éligible si la légumineuse fourragère est prédominante dans le couvert présent sur la parcelle. / () L'éligibilité d'un mélange est établie lors d'un contrôle sur place. ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. En premier lieu aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 2° Infligent une sanction ; / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Selon les termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
8. Il ressort des termes mêmes de la décision en litige, en tant qu'elle inflige une pénalité financière à la société requérante, qu'elle est motivée en droit par la mention de l'article 19 du règlement (UE) n° 640/2014 de la Commission du 11 mars 2014 et en fait par la circonstance selon laquelle sur aucune des surfaces déclarées comme cultivées en légumineuses fourragères en mélange avec des oléagineux ou des céréales, les légumineuses fourragères n'étaient prédominantes sur le couvert présent sur la parcelle. Dès lors, cette décision, en tant qu'elle inflige une pénalité financière, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit être, pour ce motif, écarté.
9. En deuxième lieu, d'une part, il résulte des dispositions précitées que le soutien couplé n'a pas pour objectif de soutenir la production agricole de manière générale, mais vise à créer une incitation à maintenir les niveaux actuels de production dans les secteurs ou dans les régions spécifiques d'un État membre dans lesquels des types particuliers d'agriculture ou des secteurs agricoles spécifiques, particulièrement importants pour des raisons économiques et sociales, rencontrent des difficultés qui peuvent conduire à l'abandon ou au recul de la production et avoir des conséquences négatives sur l'équilibre économique, social ou environnemental de la région ou du secteur concerné. Il s'ensuit que l'objectif du soutien couplé est de soutenir la production afférente à certains secteurs agricoles ou à certaines productions spécifiques qui rencontrent des difficultés, afin d'éviter l'abandon ou le recul de cette production ainsi que l'impact négatif qui en découlerait pour l'équilibre économique, social ou environnemental de la région ou du secteur concerné. D'autre part, le soutien couplé constitue un régime d'aide dérogatoire par rapport aux autres régimes d'aides régis par le règlement (UE) n° 1307/2013, qui sont découplés de la production et qui, en principe, ne concernent pas spécifiquement des secteurs ou des productions agricoles qui rencontrent des difficultés. Il s'ensuit que, eu égard à ce caractère dérogatoire du soutien couplé, ses conditions d'application doivent faire l'objet d'une interprétation stricte.
10. La France a choisi de mettre en œuvre, notamment au titre de la campagne 2021, une aide couplée à la production de légumineuses fourragères, le cas échéant en mélange avec une autre culture en raison de la baisse continue et significative des surfaces en légumineuses fourragères. L'article 4 de l'arrêté du 5 juin 2019 précité prévoit que l'aide couplée est notamment subordonnée à ce qu'un mélange composé d'une ou plusieurs espèces de légumineuses fourragères avec une ou plusieurs espèces de céréales ou d'oléagineux est éligible si la légumineuse fourragère est prédominante dans le couvert présent sur la parcelle.
11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Yonne a considéré, à l'issue du contrôle par télédétection et du contrôle sur place dont a fait l'objet la société civile d'exploitation agricole des Bergeries, que l'écart calculé entre les surfaces déclarées cultivées en légumineuses fourragères en mélange avec du tournesol ou du maïs et les surfaces déterminées ainsi cultivées est supérieur à 50 %, et que sur les surfaces litigieuses, les légumineuses fourragères n'étaient pas prépondérantes dans le couvert présent sur la parcelle.
12. Ce faisant, en évaluant visuellement lors du contrôle dont a fait l'objet la société civile, si le trèfle blanc et le lotier étaient prédominants par rapport au tournesol et au maïs, le contrôleur de l'Agence de services et de paiement, et par suite, le préfet de l'Yonne, n'ont commis aucune erreur de droit, mais se sont bornés à mettre en œuvre le critère défini par les dispositions précitées de l'article 4 de l'arrêté du 5 juin 2019.
13. En troisième lieu, en se bornant à soutenir qu'il établit avoir semé environ 98 % de graines de légumineuses fourragères et 2 % de graines de tournesol ou de maïs, sans contester explicitement ni le résultat du contrôle par télédétection ayant conclu à la présence prédominante de maïs ou de tournesol sur les parcelles litigieuses ni le résultat du contrôle visuel ayant amené à constater la prédominance visuelle du maïs et du tournesol sur le trèfle et le lotier, la société civile requérante ne démontre pas que le préfet de l'Yonne aurait inexactement appliqué les dispositions de l'article 4 de l'arrêté du 5 juin 2019 en lui refusant le bénéfice de l'aide couplée aux légumineuses fourragères et en lui infligeant une sanction à raison de la prédominance du tournesol et du maïs sur les légumineuses fourragères dans le couvert présent sur la parcelle pour la totalité des surfaces déclarées en mélange de ces deux cultures. Par suite, ce moyen doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la société civile d'exploitation agricole des Bergeries n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 décembre 2022 par laquelle le préfet de l'Yonne lui a refusé le bénéfice de l'aide couplée à la production de légumineuses fourragères au titre de la campagne 2021 et lui a appliqué une pénalité financière, eu égard à un taux d'écart de 100 %. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la société civile d'exploitation agricole des Bergeries, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société civile d'exploitation agricole des Bergeries demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société civile d'exploitation agricole des Bergeries est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile d'exploitation agricole des Bergeries et à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt.
Copie en sera adressée au préfet de l'Yonne et à l'Agence de services et de paiement.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
Mme Hascoët, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026