jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 février 2023 et un mémoire enregistré le
19 août 2023, M. C B demande au tribunal d'annuler la décision de refus implicite opposée par l'université de Bourgogne à sa demande de reconnaissance de son doctorat en droit obtenu en 2004 à l'université de Lomé.
Il soutient que :
- par une récente décision de justice, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a considéré que les doctorats étaient exclus de la procédure de validation d'études supérieures qui avait été appliquée par erreur lors de sa demande en 2013 ;
- il est par suite fondé à demander que lui soit appliquée la procédure légale pour que son doctorat soit reconnu équivalent à un doctorat français par une autre voie que la validation d'études supérieures ou la validation des acquis de l'expérience.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2023, l'université de Bourgogne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive et par suite irrecevable ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
-
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques ;
- le décret n° 82-183 du 18 février 1982 portant publication des accords de coopération entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République togolaise, signés à Lomé le 23 mars 1976 ;
- l'arrêté du 7 août 2006 relatif à la formation doctorale ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique ;
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui a obtenu un doctorat de 3ème cycle en droit de l'université de Lomé au Togo en 2004, a demandé la reconnaissance de ce doctorat en France. Dans ce but, il a notamment adressé une demande auprès de l'université de Bourgogne. Il a été convoqué le
2 avril 2013 par le jury de validation des études supérieures de l'université de Bourgogne afin de présenter ses travaux de thèse ; après examen de son dossier, le jury a rejeté la demande de M. B par une décision notifiée le 31 mai 2013. M. B a ensuite demandé son inscription à l'école des avocats du barreau du Sud-Est à Avignon en vue de se présenter à un centre de formation professionnelle à la formation d'avocat. La décision de refus opposée par cette école a été portée devant le juge judiciaire. Par arrêt du 24 mai 2022, la cour d'appel d'Avignon a rejeté le recours de M. B. En se prévalant d'une interprétation de cet arrêt, M. B a de nouveau demandé à l'université de Bourgogne de reconnaitre l'équivalence de son diplôme et a adressé à cet effet un courrier le 11 octobre 2022 à l'un des membres du jury qui avait examiné sa précédente demande afin que soit convoqué un nouveau jury. Cette demande est demeurée sans réponse. Par sa requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision de refus implicite opposée par l'université de Bourgogne à sa demande de reconnaissance de son doctorat en droit avec un doctorat français par une voie autre que la procédure de validation des études supérieures (VES) ou de la procédure de validation des acquis de l'expérience (VAE).
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. A l'appui de ses conclusions, M. B se prévaut de l'arrêt de la cour d'appel d'Avignon du 24 mai 2022 qui indique qu'il résulte des pièces versées " que le courrier du
5 juillet 2021 produit et invoqué au soutien de sa demande par M. B et portant l'en-tête de l'université d'Avignon, signé par le directeur du service de la formation tout au long de la vie, conclut, contrairement à ses allégations, que sa demande de reconnaissance du diplôme de doctorat " spécialité droit " délivré par l'université de Lomé (Togo) par la VES ne pourra pas être satisfaite dans la mesure où le diplôme de doctorat n'est pas accessible par cette procédure ". Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des mentions de cet arrêt que la cour d'appel a jugé que le diplôme de doctorat n'est pas accessible par la procédure de validation des études supérieures.
3. En outre, cet arrêt de la cour d'appel d'Avignon concerne le refus opposé à M. B par l'école des avocats du barreau du Sud-est dans sa décision du 13 décembre 2021, alors que la décision contestée porte sur un refus de reconnaissance du diplôme de M. B par l'université de Bourgogne, et a dès lors un autre objet. Le requérant n'est dès lors pas fondé à se prévaloir de l'autorité de la chose jugée par cet arrêt à l'encontre de la décision attaquée.
4. Au surplus, M. B ne précise pas par la voie de quelle procédure et sur le fondement de quelles dispositions il entend obtenir la reconnaissance de son doctorat par l'université de Bourgogne. Sa requête n'est sur ce point pas assortie des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il ne peut pour le reste se prévaloir utilement des difficultés rencontrées pour présenter sa candidature à l'université d'Avignon.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à l'université de Bourgogne.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
M-E A
Le président,
O. B
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026