LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2300618

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2300618

mardi 14 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2300618
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mars 2023, M. C A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 février 2023 par lequel le préfet de l'Yonne a prononcé son expulsion du territoire français.

Il doit être regardé comme soutenant que la décision d'expulsion est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'il a démontré sa volonté de se réinsérer en travaillant lors de sa détention, qu'il a effectué un travail de réflexion grâce au suivi psychologique dont il a bénéficié lors de sa détention, que son épouse et ses trois enfants résident sur le territoire français et sont venus régulièrement lui rendre visite lors de sa détention, et qu'il a contribué à l'entretien de ses enfants en adressant à son épouse des vêtements quand sa situation financière le lui permettait.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2023, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure avocats, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de Mme Desseix, rapporteure publique,

- et les observations de Me Coquillon, représentant le préfet de l'Yonne, qui conclut au rejet de la requête par les mêmes moyens que ceux exposés dans le mémoire en défense.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant haïtien né le 12 juin 1975, déclare être entré sur le territoire français en 2005. Il a été convoqué devant la commission d'expulsion qui a émis, le 14 février 2023, un avis favorable à son expulsion. Par un arrêté du 27 février 2023, le préfet de l'Yonne a notamment prononcé son expulsion du territoire français. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3. ". Aux termes de l'article L. 631-2 du même code : " Ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion que si elle constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique et sous réserve que l'article L. 631-3 n'y fasse pas obstacle : / 1° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins un an ; / 2° L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un conjoint de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage et que le conjoint ait conservé la nationalité française ; / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été pendant toute cette période titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ; / () / Par dérogation au présent article, l'étranger mentionné aux 1° à 4° peut faire l'objet d'une décision d'expulsion en application de l'article L. 631-1 s'il a été condamné définitivement à une peine d'emprisonnement ferme au moins égale à cinq ans. () ".

3. Le requérant, en détention depuis le 8 novembre 2014, a été condamné le 20 septembre 2016 par la Cour d'assises de la Guadeloupe à une peine de douze ans de réclusion criminelle pour des faits de viol commis au domicile conjugal, à une fréquence de trois à quatre fois par semaine, sur une période de plus de quatre ans, du 29 juin 2008 au 31 décembre 2012, sur la fille de son épouse, mineure de 15 ans jusqu'au 29 juin 2012, en recourant à la violence et à la contrainte, en l'espèce en menaçant de se suicider si la jeune fille révélait les faits, lesquels se sont poursuivis en dépit de la vaine intervention de la sœur du requérant qui avait, lors d'une visite, exhorté son frère à cesser ses agissements. Au regard de l'extrême gravité de ces faits, de la longue période durant laquelle ils ont été commis, de la personnalité du requérant, décrit par l'expert psychiatre, dans le cadre du procès pénal, comme un " pervers de proximité ", et de l'absence de tout élément permettant de considérer que la dangerosité de l'intéressé n'est désormais raisonnablement plus établie, les circonstances que le requérant aurait démontré sa volonté de se réinsérer en travaillant lors de sa détention, qu'il a effectué un travail de réflexion grâce au suivi psychologique dont il a bénéficié lors de sa détention, que son épouse et ses trois enfants résident sur le territoire français et sont venus régulièrement lui rendre visite lors de sa détention, et qu'il aurait contribué à l'entretien de ses enfants en adressant à son épouse des vêtements quand sa situation financière le lui permettait, ne sont pas de nature à établir, en l'espèce, que le préfet de l'Yonne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle en prenant à son encontre la décision contestée d'expulsion du territoire français.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de l'Yonne.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,

M. Hugez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.

Le président-rapporteur,

P. B

L'assesseur le plus ancien,

N. Zeudmi Sahraoui

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

lc

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions