jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300620 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | WEBER KIM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 mars 2023 et le 3 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Weber, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 28 mars 2023 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon a rejeté le recours administratif préalable qu'il a formé à l'encontre de la décision du 7 mars 2023 par laquelle le président de la commission de discipline lui a infligé une sanction de quatre jours de cellule disciplinaire et a révoqué le sursis prononcé le 2 novembre 2022 à hauteur de quatre jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il a formé un recours administratif préalable ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission de discipline était irrégulièrement composée ; il n'est pas établi que le premier assesseur n'est pas le rédacteur du compte rendu d'incident ;
- la sanction est disproportionnée ; son état de santé ne permet pas son placement en cellule disciplinaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions du requérant doivent être dirigées contre la décision du 28 mars 2023 prise à la suite de son recours administratif préalable ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Hascoët,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, détenu à la maison d'arrêt de Dijon, a fait l'objet d'un compte rendu d'incident le 27 février 2023 en raison de la découverte d'un téléphone portable dans sa cellule. Par une décision du 7 mars 2023, le président de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Dijon a, d'une part, prononcé une sanction de quatre jours de cellule disciplinaire, d'autre part, révoqué le sursis de quatre jours de cellule disciplinaire qui avait été octroyé le 2 novembre 2022 dans le cadre d'une précédente procédure disciplinaire. Le 7 mars 2023, M. B a formé un recours administratif préalable contre la décision de sanction qui a été rejeté par une décision du directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon le 28 mars 2023. Par sa requête, il demande l'annulation de la décision du directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon du 28 mars 2023, qui s'est substituée à la décision du 7 mars 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 234-2 du code pénitentiaire : " La commission de discipline comprend, outre le chef de l'établissement pénitentiaire ou son délégataire, président, deux membres assesseurs ". Aux termes de l'article R. 234-12 du même code : " En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l'agent présent lors de l'incident ou informé de ce dernier. L'auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline ".
3. Il résulte de ces dispositions que la présence dans la commission de discipline d'un assesseur, qui ne peut être ni l'auteur du compte rendu établi à la suite d'un incident, ni l'auteur du rapport établi à la suite de ce compte rendu, constitue une garantie reconnue au détenu, dont la privation est de nature à vicier la procédure, alors même que la décision du directeur interrégional des services pénitentiaires, prise sur le recours administratif préalable obligatoire exercé par le détenu, se substitue à celle du président de la commission de discipline.
4. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du registre de la commission de discipline, que ni le rédacteur du compte rendu d'incident, qui est un surveillant dont les initiales sont MD, ni le rédacteur du rapport d'enquête, n'ont siégé lors de la commission de discipline en tant qu'assesseur. Par suite le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 232-4 du code pénitentiaire : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / () 10° D'introduire ou tenter d'introduire au sein de l'établissement tous objets, données stockées sur un support quelconque ou substances de nature à compromettre la sécurité des personnes ou de l'établissement, de les détenir ou d'en faire l'échange contre tout bien, produit ou service () ". Aux termes de l'article R. 234-32 du même code : " Le président de la commission de discipline prononce celles des sanctions qui lui paraissent proportionnées à la gravité des faits et adaptées à la personnalité de leur auteur. / Les sanctions collectives sont prohibées ". Enfin, aux termes de l'article R. 235-12 de ce code : " La durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré () ".
6. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un détenu ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
7. Il n'est pas contesté que l'intéressé était en possession d'un téléphone portable, qui a été découvert le 27 février 2023 dans sa cellule, comme cela ressort notamment du compte rendu d'incident. M. B fait valoir que la sanction est disproportionnée compte tenu notamment de son état de santé. Si M. B produit un certificat médical d'un médecin du centre hospitalier universitaire de Dijon indiquant qu'il bénéficie de soins réguliers pour plusieurs pathologies, aucun document produit par le requérant ne permet d'établir que son état de santé serait incompatible avec le placement en cellule disciplinaire. Il ressort au contraire d'un certificat médical du 9 mars 2023 d'un médecin du centre hospitalier universitaire de Dijon, produit en défense, que l'état de santé de M. B ne présente pas de contre-indication à une détention au quartier disciplinaire. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. B a fait l'objet en 2022 de plusieurs sanctions disciplinaires, notamment pour des faits de même nature. Compte tenu de la faute commise, alors que l'intéressé fait l'objet d'une interdiction judiciaire de communiquer, et de ses antécédents disciplinaires, M. B n'est pas fondé à soutenir que la sanction prise à son encontre, dont le quantum est de quatre jours de cellule disciplinaire, auxquelles s'ajoutent quatre autres jours résultant de la révocation du sursis prononcé le 2 novembre 2022 à l'occasion d'une précédente procédure disciplinaire, est disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dans la fixation du quantum de la sanction doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Doivent également être rejetées par voie de conséquence les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Weber et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Nicolet, président,
Mme Pauline Hascoët, première conseillère,
M. Hamza Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.
La rapporteure,
P. Hascoët
Le président,
P. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026