mercredi 15 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300643 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mars 2023, M. D B, représenté par la SCP Clemang, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 mars 2023 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département de la Côte-d'Or, sur le territoire de la commune de Dijon.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est dépourvu de base légale ;
- la décision portant retrait de son titre de séjour apparait manifestement illégale ;
- la décision d'éloignement apparaît manifestement disproportionnée au regard des conséquences qu'elle entrainera pour sa société et les salariés qu'il emploie ;
- son assignation à résidence apparait inutile ;
- les obligations qui lui sont assignées apparaissent également inopportunes et disproportionnées dès lors qu'il présente toutes les garanties de stabilité et une adresse fixe.
Par un mémoire en défense, enregistré 14 mars 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête de M. B et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant retrait du titre de séjour est inopérant à l'encontre de la décision portant assignation à résidence ;
- le requérant ne peut plus contester, par la voie de l'exception, la décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors que cette décision est devenue définitive ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus lors de l'audience publique du 14 mars 2023 :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Clemang, représentant M. B, qui a notamment indiqué que contrairement à ce que mentionne l'arrêté portant retrait de son titre de séjour, il n'exerce aucune activité en intérim, qu'il est contraint de se présenter tous les jours au commissariat de police alors qu'il a une entreprise de livraison et doit être en mesure de se déplacer y compris en dehors de la ville de Dijon ;
- les observations de M. A, représentant le préfet de la Côte-d'Or, qui a notamment indiqué que le requérant ne dispose d'aucune autorisation de travail et qu'il ne peut dès lors se prévaloir de sa situation professionnelle à l'encontre de l'arrêté attaqué.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience à 15h35.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, demande l'annulation de l'arrêté du 8 mars 2023 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours sur le territoire de la ville de Dijon.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le préfet de la Côte-d'Or a régulièrement donné délégation, par arrêté du 30 janvier 2023, publié le 2 février 2023 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, à M. Frédéric Carre, secrétaire général de la préfecture, et en cas de son absence ou empêchement, à Mme Amelle Ghayou, secrétaire générale adjointe, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat à l'exception des déclinatoires de compétences et arrêtés de conflits. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 13 janvier 2023, le préfet de la Côte-d'Or a prononcé le retrait de la carte de séjour pluriannuelle dont M. B était titulaire en qualité de salarié et qui était valable du 13 juillet 2021 au 12 juillet 2025 et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Le pli qui contenait cet arrêté a été présenté au domicile de M. B le 17 janvier 2023, puis, en l'absence de l'intéressé, mis en instance au bureau de poste. Le requérant n'ayant pas retiré ce pli, l'arrêté du 13 janvier 2023 est réputé avoir été régulièrement notifié à l'intéressé le 17 janvier 2023. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté portant assignation à résidence de M. B serait dépourvu de base légale doit être écarté.
5. En troisième lieu, M. B qui soutient que la décision portant retrait de son titre de séjour apparait manifestement illégale, doit être regardé comme excipant de l'illégalité de cette décision à l'encontre de l'arrêté par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence. Toutefois, l'arrêté attaqué n'a pas été pris pour l'application de la décision portant retrait du titre de séjour de l'intéressé et celle-ci n'en constitue pas la base légale. Dès lors, le moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 13 janvier 2023, portant notamment obligation de quitter le territoire français a été régulièrement notifié à M. B le 17 janvier 2023 et mentionnait les voies et délai de recours de sorte que cette décision est devenue définitive. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la mesure d'éloignement notifiée au requérant ne peut qu'être écarté.
7. Enfin, aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ". Les obligations de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative en vertu de ces dispositions doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent et ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir.
8. D'une part, M. B soutient que son assignation à résidence n'est pas utile et que l'obligation qui lui est faite de se présenter quotidiennement au poste de police est également inopportune et disproportionnée dès lors qu'il présente des garanties de stabilité et une adresse fixe. Toutefois, en application des articles L. 731-1 et L. 731-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la circonstance que l'étranger présente des garanties de représentation suffisantes permet à celui-ci de faire l'objet d'une assignation à résidence en lieu et place d'une mesure de rétention administrative. Dès lors, la circonstance que M. B présenterait de telles garanties n'est pas de nature à établir que la décision portant assignation à résidence serait illégale. Par ailleurs, le requérant, qui s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui a été accordé par l'arrêté du 13 janvier 2023, ne conteste pas que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Dès lors, le préfet pouvait, en application des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, assigner à résidence l'intéressé.
9. D'autre part, le requérant conteste les modalités d'application de la mesure d'assignation à résidence en soutenant que l'obligation qui lui est faite de se présenter au commissariat de police tous les jours entre 8h et 9h et de demeurer sur le territoire de la ville de Dijon est disproportionnée dès lors que l'activité de sa société de livraison implique qu'il puisse se rendre en dehors de Dijon. Toutefois, outre que le requérant ne justifie pas de l'exercice régulier de cette activité de livraison, il n'établit pas que ces livraisons ne pourraient être réalisées par un salarié de son entreprise. Dès lors, le moyen tiré du caractère disproportionné des modalités de l'assignation à résidence doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 8 mars 2023 pris par le préfet de la Côte-d'Or.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par le préfet de la Côte-d'Or au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le préfet de la Côte-d'Or sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Clemang.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle.
Rendu public par mis à dispositions au greffe le 15 mars 2023.
La magistrate désignée,
N. CLa greffière,
L. LELONG
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026