mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300745 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | CH 1 JU |
| Avocat requérant | LETINAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 22 mars 2023, le président du tribunal administratif de Nantes a transmis au tribunal administratif de Dijon la requête de Mme A B enregistrée au greffe de cette juridiction le 16 mars 2023.
Par cette requête, désormais enregistrée au greffe du tribunal administratif de Dijon le 22 mars 2023, Mme B, représentée par Me Letinaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 octobre 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande tendant à 1'échange de son permis de conduire canadien contre un titre de conduite français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'échanger son permis de conduire canadien contre un titre de conduite français à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 20 octobre 2022 est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet ne l'a pas mise à même de présenter préalablement ses observations en application des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision du 20 octobre 2022 est insuffisamment motivée ;
- la décision du 20 octobre 2022 est entachée d'une erreur de fait dès lors que la date d'acquisition de sa résidence en France correspond au 8 avril 2021, de sorte que sa demande d'échange de permis de conduire présentée le 14 mars 2022 n'était pas tardive.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 12 avril 2023 la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- l'arrêté ministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- l'arrêté ministériel du 13 février 2019 relatif à la validation du visa long séjour valant titre de séjour ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Rousset a seul été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante canadienne, est entrée en France sous couvert d'un visa de long séjour valable du 8 avril 2020 au 8 avril 2021. Par la suite, elle a bénéficié de cartes de séjour temporaire valables jusqu'au 7 avril 2023. Mme B a sollicité le 14 mars 2022 l'échange de son permis de conduire canadien contre un titre de conduite français. Le préfet de la Loire-Atlantique a, par une décision du 20 octobre 2022, refusé de procéder à cet échange au motif que la demande était tardive et rejeté implicitement le recours gracieux formé par l'intéressée. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 20 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le vice de procédure résultant de l'absence d'invitation à présenter des observations :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
3. La décision du 20 octobre 2022 ayant été prise à la suite de la demande déposée par Mme B, le préfet n'était pas tenu de recueillir ses observations avant de refuser l'échange de permis de conduire sollicité. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire préalable doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision du 20 octobre 2022 :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En vertu de l'article
L. 211-5 du même code, la motivation doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision.
5. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 20 octobre 2022 attaquée mentionne les dispositions de l'article R. 222-3 du code la route et de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen dont le préfet de la Loire-Atlantique a entendu faire application. Elle précise également que le rejet de la demande est fondé sur sa tardiveté, la requérante ayant attendu plus d'un an après l'acquisition de sa résidence en France avant de solliciter l'échange de son permis de conduire. Il s'ensuit que la décision attaquée énonce de manière suffisamment circonstanciée l'ensemble des considérations de droit et de fait qui la fonde pour mettre Mme B en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
En ce qui concerne l'erreur de fait :
6. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de la Communauté européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article R. 221-2. Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé des transports, après avis du ministre de la justice, du ministre de l'intérieur et du ministre des affaires étrangères () ". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 susvisé : " I. - Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. II. ' A. ' Pour les ressortissants étrangers non- ressortissants de l'Union européenne, la date d'acquisition de la résidence normale est celle de la remise du premier titre de séjour.B. ' Pour les ressortissants étrangers bénéficiant d'un visa long séjour valant titre de séjour, la date d'acquisition de la résidence normale est la date de validation du visa au moyen du téléservice prévu par l'arrêté du 13 février 2019 relatif à la validation du visa long séjour valant titre de séjour, ou à défaut celle de la vignette apposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le premier visa long séjour valant titre de séjour ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'un ressortissant étranger possédant un visa de long séjour dispose, pour demander l'échange de son permis de conduire, d'un délai d'un an à compter de la date de validation du visa au moyen du téléservice prévu par l'arrêté du 13 février 2019 relatif à la validation du visa de long séjour valant titre de séjour ou de la date d'apposition sur son passeport de la vignette par l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la copie d'écran AGDREF relative à la situation de Mme B, que son visa de long séjour valant titre de séjour, valable du 8 avril 2020 au 8 avril 2021, lui a été remis le 21 août 2020. Dans ces conditions, la validation dudit visa a nécessairement été effectuée antérieurement à cette date. Dès lors, le préfet de la Loire-Atlantique a pu, sans commettre d'erreur de fait, considérer que la requérante avait acquis sa résidence normale en France le 21 août 2020 et qu'elle avait jusqu'au 20 août 2021 pour solliciter l'échange de son titre de conduite. Or il est constant que Mme B n'a formé sa demande d'échange que le 14 mars 2022, soit après l'expiration du délai d'un an suivant l'acquisition de sa résidence normale en France. Par suite, le préfet de la Loire-Atlantique était fondé à refuser d'échanger le permis de conduire canadien de
Mme B au motif que sa demande avait été déposée tardivement.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision du 20 octobre 2022 du préfet de la Loire-Atlantique doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
O. RoussetLa greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026