jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301060 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DENISE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 avril, 22 avril et 26 mai 2023, Mme C A B, représentée par Me Denise, demande au tribunal :
1°) d'ordonner à l'administration de produire le rapport médical confidentiel au vu duquel le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rendu un avis sur son état de santé ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 mars 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office ;
3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- elle lève le secret médical pour que le tribunal ordonne à l'administration de produire le rapport médical destiné au collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une " erreur de droit " dans l'application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation ;
- il a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours est insuffisamment motivée ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle entre dans les catégories d'étrangers prévues au 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne pouvant faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;
- cette décision est entachée d'une " erreur de droit ", dès lors qu'elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
La procédure a été communiquée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui a produit à l'instance le dossier médical de Mme A B.
Par une décision du 9 mai 2023, Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 21 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
8 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Viotti, conseillère,
-les observations de Me Denise, représentant Mme A B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante gabonaise née le 21 novembre 1977 à Libreville, est entrée régulièrement en France le 20 juillet 2011 sous couvert d'un visa de court séjour à entrées multiples, avant de quitter le sol national quelques mois plus tard. Entrée à nouveau en France, elle a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 10 août 2012 au 9 août 2013. Après avoir regagné le Gabon, elle déclare être entrée une nouvelle fois en France en mars 2015, munie d'un visa de court séjour à entrées multiples. Elle a ensuite bénéficié d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 10 janvier 2016 au 9 janvier 2017, puis à nouveau du 12 décembre 2019 au 11 juin 2021 pour raisons de santé. Par un arrêté du 5 janvier 2022, la préfète de l'Orne a refusé de renouveler ce titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français. Le tribunal administratif de Caen a, par un jugement n° 2201411 du 13 mars 2023, rejeté le recours formé par l'intéressée à l'encontre de cet arrêté, rejet confirmé par une ordonnance n° 23NT01065 du 21 juin 2023 de la cour administrative d'appel de Nantes. Parallèlement, Mme A B a déposé, le 7 décembre 2021, une demande de renouvellement de son titre de séjour auprès des services de la préfecture de Saône-et-Loire. Par un arrêté du 27 mars 2023, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office. Mme A B en demande l'annulation.
Sur les conclusions tendant à la production du rapport médical :
2. L'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant produit le dossier médical de Mme A B, dont le rapport médical confidentiel destiné au collège des médecins, les conclusions présentées à ce titre sont devenues sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, la décision en litige vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, notamment les dispositions de son article L. 425-9. Elle retrace le parcours migratoire de Mme A B et rappelle l'objet de sa demande de titre de séjour. Elle indique ensuite que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé, dans son avis du 11 octobre 2021, que si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut néanmoins effectivement bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, où elle peut voyager sans risque. Après avoir rappelé que cet avis ne liait pas le préfet, ce dernier a indiqué qu'il apparaît que l'intéressée ne peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'absence d'autres éléments mis en avant par la requérante, et eu égard à l'obligation pour le préfet de respecter le secret médical, cette décision est suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ". Selon l'article R. 425-11 de ce code, anciennement l'article R. 313-22, le préfet délivre le titre de séjour " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins ".
5. Pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.
6. Pour rejeter la demande dont il était saisi, le préfet de Saône-et-Loire s'est approprié le sens de l'avis médical émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 11 octobre 2021, selon lequel l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'elle peut néanmoins effectivement bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, où elle pourra voyager sans risque.
7. Selon le rapport médical du médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, Mme A B souffre de la maladie de Cushing, d'hypertension artérielle, d'hypothyroïdie, et de diabète de type 2 et bénéficie d'un traitement médicamenteux à base de " Levothyrox ", d'hydrocortisone, de " Flucortac " et de lansoprazole. Il ressort des certificats médicaux versés aux débats, notamment le certificat du 5 septembre 2022, que ce traitement ne peut être substitué par d'autres hormones. Pour établir que le " Flucortac " et l'hydrocortisone sont indisponibles dans son pays d'origine, le Gabon, la requérante produit une liste des médicaments remboursés par la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale du Gabon datant de 2021, sur laquelle ne figure pas la fludrocortisone, générique du " Flucortac ", ni le " Panotile ". Toutefois, outre qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le traitement de la requérante requiert la prise du médicament " Panotile ", le fait que de telles substances ne seraient pas remboursées dans son pays d'origine ne signifie pas en soi qu'elles n'y sont pas accessibles. La requérante produit également la capture d'écran d'une recherche infructueuse pour l'hydrocortisone sur le site internet d'une pharmacie gabonaise, un certificat médical du 11 février 2022 émanant de l'unité de diabétologie-endocrinologie qui la suit selon lequel la fludrocortisone " ne semble pas être commercialisée dans son pays d'origine ", ainsi qu'un certificat médical du 2 mai 2023 émanant du directeur du service de santé de la gendarmerie nationale du Gabon, qui atteste seulement que le " Flucortac " n'est " actuellement pas commercialisé " dans ce pays. Toutefois, ces seuls documents ne sauraient suffire à établir l'absence de toute commercialisation, d'une part, de l'hydrocortisone, laquelle figure au demeurant dans la liste des médicaments remboursés par la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale produite par la requérante elle-même, d'autre part, du " Flucortac " dans sa version générique, la fludrocortisone. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, et quand bien même la requérante avait précédemment bénéficié de deux titres de séjour pour raisons de santé, il n'est pas établi qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du Gabon, Mme A B ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut être accueilli.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
9. Il ressort des pièces du dossier que si Mme A B a fait plusieurs voyages en France à compter de l'année 2011 et qu'elle y réside de manière habituelle au moins depuis le 10 janvier 2016, il est constant qu'elle est célibataire et sans charge de famille. La seule circonstance qu'une de ses cousines, chez qui elle est hébergée, réside sur le territoire français ne lui donne pas par principe un droit au séjour, alors en outre qu'il n'est pas établi qu'elle serait isolée en cas de retour au Gabon, où elle a vécu l'essentiel de son existence et a nécessairement conservé des attaches. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 7, il n'est pas démontré qu'elle ne pourrait y bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé. Compte tenu de ses conditions de séjour en France, Mme A B n'est pas fondée à soutenir que la décision lui refusant un titre de séjour méconnaît les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut être accueilli.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour ayant été écartés, Mme A B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".
12. Après avoir constaté que Mme A B ne pouvait se voir délivrer un titre de séjour, le préfet de Saône-et-Loire a rappelé les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, la décision par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a rejeté la demande de titre de séjour de Mme A B mentionne avec suffisamment de précision les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, compte tenu des dispositions citées au point précédent, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Par suite, le moyen doit être écarté.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
14. Compte tenu de ce qu'il a été dit au point 7 et pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
15. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs qu'énoncés aux points 7 et 9 du présent jugement.
En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire :
16. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
17. La décision accordant à la requérante un délai de départ volontaire reproduit les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que l'intéressée ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Dans la mesure où le délai de trente jours accordé à Mme A B pour exécuter spontanément la mesure d'éloignement prise à son encontre correspond au délai de droit commun fixé à l'article précité, la décision attaquée n'avait pas à faire l'objet d'une motivation particulière. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
18. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français ".
19. La décision attaquée, qui vise les dispositions de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, indique que Mme A B, de nationalité gabonaise, n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, le préfet de Saône-et-Loire a suffisamment motivé la décision fixant le pays de destination.
20. Compte tenu de sa situation privée et familiale telle que retracée au point 9 du présent jugement, la décision en litige n'a pas porté au droit de Mme A B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise.
21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 27 mars 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse quelque somme que ce soit à Mme A B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Denise.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.
La rapporteure,
O. ViottiLe président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2301060
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026