LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2301089

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2301089

jeudi 6 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2301089
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantASTERIO AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I/ Par une requête enregistrée le 21 avril 2023 sous le n° 2301089, et des mémoires enregistrés le 27 juin 2024 et le 25 septembre 2024, M. A L, Mme N L,

M. R X, représentant unique, Mme AA AC, M. Y V,

Mme O AH, M. AE F, M. B J, M. S P, Mme Z P, M. et Mme AF et N Q,

M. et Mme D et G H, Mme T AG, M. I E,

Mme AB C, M. W U et Mme M K, représentés par Me AD, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 25 octobre 2022 de la communauté d'agglomération

Le Grand Chalon approuvant la révision générale du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) en tant que, sur le territoire de la commune de Fontaines, d'une part, elle classe la parcelle cadastrée AM 146 en zone 1AU et crée l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP)

Clos Saint-Nicolas sur son emprise et, d'autre part, elle classe la parcelle AM 226 en zone 1AU et crée l'OAP Les Cressonnières sur son emprise, ensemble, la décision du 22 février 2023 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Le Grand Chalon la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête est recevable ;

- les modifications du projet approuvé par rapport au projet arrêté ne procèdent pas de l'enquête publique, en violation de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme et ces modifications ont un caractère substantiel, qui aurait justifié une nouvelle enquête publique ;

- le règlement et les OAP ne sont pas cohérents et sont incompatibles avec le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) ;

- le classement et la création des OAP contestées sont en contradiction avec le programme local de l'habitat annexé au PLUi ;

- la délibération est contraire aux objectifs généraux de la réglementation de l'urbanisme fixés à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme qui vise à modérer la consommation foncière d'espaces naturels et agricoles ;

- l'ouverture à l'urbanisation de la parcelle AM n°146 et la création sur cette parcelle de l'OAP Clos Saint-Nicolas est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, eu égard à ses caractéristiques, à son insuffisante desserte par les réseaux et à la présence de vestiges archéologiques ;

- l'ouverture à l'urbanisation de la parcelle AM n°226 et la création sur cette parcelle de l'OAP Les Cressonnières est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, eu égard à ses caractéristiques, à son insuffisante desserte par les voies et réseaux et à sa vocation agricole.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 juin 2023, le 29 août 2024 et le

10 octobre 2024, la communauté d'agglomération Le Grand Chalon représentée par Me Bracq conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II/ Par une requête enregistrée le 21 avril 2023 sous le n° 2301090, et des mémoires enregistrés le 27 juin 2024 et le 25 septembre 2024, M. A L, Mme N L,

M. R X, représentant unique, Mme AA AC, M. Y V,

Mme O AH, M. AE F, M. B J, M. S P, Mme Z P, M.et Mme AF et N Q,

M. et Mme D et G H, Mme T AG, M. I E,

Mme AB C, M. W U et Mme M K, représentés par Me AD, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 25 octobre 2022 de la communauté d'agglomération

Le-Grand-Chalon portant approbation de la modification n°1 de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) devenue site patrimonial remarquable (SPR) de Fontaines en tant qu'elle déclasse les secteurs Les Cressonnières et Clos Saint-Nicolas de secteurs d'espaces naturels et agricoles en secteurs de quartiers récents et, à l'inverse, reclasse le secteur du

Pré Robelin de secteur quartiers récents en secteur espaces naturels et agricoles, avec en outre une protection en " doigt de gant " pour les parties agricoles et de " cœur d'îlot et de jardins protégés " pour les jardins, ensemble, la décision du 22 février 2023 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Le Grand Chalon la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les modifications apportées à l'AVAP relevaient d'une procédure de révision et non d'une simple modification ;

- la délibération est entachée d'un vice de procédure en raison de la consultation irrégulière de la commission locale du site patrimonial remarquable, et dès lors que celle-ci n'a émis aucun

avis ;

- le rapport d'enquête publique est insuffisamment motivé ;

- les conseillers communautaires n'ont pas disposé d'une information suffisante ;

- les modifications de l'AVAP n'ont été décidées que pour coller aux orientations du PLUi et non dans un but de protection du patrimoine, et sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;

- le déclassement des secteurs Les Cressonnières et du Clos Saint Nicolas est entaché d'erreur manifeste d'appréciation eu égard à leurs caractéristiques et leur intérêt patrimonial ou paysager.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 juillet 2023 et le 29 août 2024, la communauté d'agglomération Le Grand Chalon représentée par Me Bracq conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

-les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;

-les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code du patrimoine ;

- la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme S,

- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique ;

- les observations de Mme AD, représentant M. X et autres et de

Me Hakes représentant la communauté d'agglomération Le Grand Chalon.

Considérant ce qui suit :

1. La communauté d'agglomération Le Grand Chalon a approuvé la révision générale du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) par délibération du 25 octobre 2022. Ce PLUi couvre notamment la commune de Fontaines. Par délibération du même jour, elle a approuvé la modification n°1 de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) devenue site patrimonial remarquable (SPR) de Fontaines. M. X et autres demandent, par leur requête n° 2301089, l'annulation de la délibération du 25 octobre 2022 approuvant la révision générale du PLUi en tant que, sur le territoire de la commune de Fontaines, d'une part, elle classe la parcelle cadastrée AM 146 en zone 1AU et crée l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) Clos Saint-Nicolas sur son emprise et, d'autre part, elle classe la parcelle AM 226 en zone 1AU et crée l'OAP Les Cressonnières sur son emprise, ensemble, la décision du 22 février 2023 rejetant leur recours gracieux. Par leur requête n° 2301090, ils demandent l'annulation de la délibération du 25 octobre 2022 portant approbation de la modification n°1 de l'AVAP du site patrimonial remarquable de Fontaines en tant qu'elle classe les secteurs Les Cressonnières et Clos Saint- Nicolas en secteurs de quartiers récents et classe le secteur du

Pré Robelin en secteur espaces naturels et agricoles, avec une protection en " doigt de gant " pour les parties agricoles et de " cœur d'îlot et de jardins protégés " pour les jardins, ensemble, la décision du 22 février 2023 rejetant leur recours gracieux.

2. Il y a lieu de joindre ces deux requêtes, qui portent sur deux délibérations du même jour de la communauté d'agglomération Le Grand Chalon relatives à des questions de classement et de protection de parcelles dans la commune de Fontaines, pour qu'il y soit statué par un jugement unique.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 25 octobre 2022 approuvant la révision générale du PLUi :

3. En premier lieu, aux termes de l'article de l'article L. 153-43 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête publique, ce projet, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ou du conseil municipal ".

4. Il résulte de l'article L. 153-43 du code de l'urbanisme que le projet de PLU ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire ou de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.

5. En l'espèce, les requérants soutiennent que des modifications ont été apportées au PLUi après enquête publique, en ce qui concerne notamment les zones naturelles et agricoles dont certaines ont été supprimées, d'autres ajoutées, de même que pour les espaces boisés classés, les emplacements réservés, certains éléments protégés, des OAP, et le règlement. Ils se bornent toutefois à dénombrer ces modifications sans identifier de manière précise celles qui auraient selon eux pour effet de remettre en cause l'économie générale du projet, et ne soulèvent sur ce point qu'une argumentation générale qui ne saurait tenir lieu d'une démonstration suffisante. S'ils font également valoir que certaines modifications procèdent des avis des personnes publiques, et que

" au regard de la chronologie de la procédure", ni le public ni les personnes publiques associées n'ont pu se prononcer sur les modifications résultant de ces avis, il n'est pas contesté que l'ensemble des avis exprimés sur le projet préalablement à l'enquête publique était joint au dossier d'enquête, ce qui a permis au public et à l'ensemble des personnes et organismes intéressés d'en prendre connaissance et de faire valoir leurs observations.

6. En deuxième lieu, pour apprécier la cohérence exigée au sein du PLU entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durable (PADD), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du PLU à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.

7. Les requérants soutiennent que l'ouverture à l'urbanisation des parcelles AM 146 et AM 226 est en contradiction avec le PADD notamment l'axe 1.-3 " Préserver et valoriser la diversité des activités agricoles ", et à ce titre : " 1. Préserver au maximum les terres agricoles. Les terres agricoles seront préservées au maximum de l'urbanisation, afin de ne prélever que le strict nécessaire " et "3. Préserver strictement de toute construction certaines zones à enjeux. () Au regard de l'enjeu économique et paysager de ce secteur d'activité, les terres en AOC plantées en vignes ou présentant un potentiel de plantation seront strictement protégées d'une urbanisation future. () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle AM 226, correspondant au secteur

Les Cressonnières était classée en zone A dans le précédent document d'urbanisme, et la parcelle AM 146, correspondant au secteur du Clos Saint-Nicolas, était classée pour sa part en zone N, cette parcelle relevant, par ailleurs, d'une zone classée en AOC viticole.

9. La seule circonstance que ces deux parcelles soient désormais classées en zone AU1 ne permet pas, à elle seule, d'établir, à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, une incohérence avec le PADD, qui n'exclut pas tout changement d'affectation des parcelles situées en zone agricole ou naturelle. Ces deux parcelles forment actuellement des espaces libres au sein de l'enveloppe englobant les zones déjà construites, ce qui en rend l'exploitation agricole difficile. La parcelle AM 226 n'est plus exploitée et est utilisée comme pré pour des chevaux et des ovins. Quand à la parcelle AM 146, elle n'est actuellement pas plantée de vignes, depuis plus de deux cents ans, selon les éléments produits par les requérants et, si elle est incluse dans une zone d'AOC, ce classement ne porte pas, contrairement aux villages voisins de Mercurey ou de Rully sur une zone de grands crus, de premiers crus, ou d'appellation village, mais sur des appellations régionales de Bourgogne, Bourgogne aligoté, Bourgogne Côte Chalonnaise, Bourgogne mousseux, Bourgogne passe-tout-grain, Côteaux Bourguignons, Bourgogne grand ordinaire, Bourgogne ordinaire et Crémant de Bourgogne. Ce terrain ne présente pas, dès lors, un réel potentiel de plantation affectant son classement en zone AU d'incohérence avec le PADD.

10. Les requérants soutiennent également que le classement en litige est en contradiction avec le point 3.2 du PADD " Mettre en œuvre un développement urbain maîtrisé et cohérent () ", qui prévoit notamment d'"- urbaniser en priorité à l'intérieur des enveloppes bâties existantes ; - donner la priorité au renouvellement urbain (valoriser le potentiel foncier des friches, favoriser la reprise et le changement d'usage des constructions) et à la réhabilitation des espaces bâtis existants ; () ". Toutefois, il ne s'agit pas de bâtir l'intégralité des espaces libres. Certains espaces libres au sein des villages seront conservés car ils participent à l'aération du tissu bâti et à la qualité du cadre de vie. Ils créent des espaces de respiration. () ", et avec le point 3.3 du PADD " Préserver et valoriser les paysages " qui indique que : " Afin de préserver le cadre de vie des habitants et l'attractivité économique, touristique et résidentielle du territoire, le PLUi va : () • maintenir des respirations vertes dans le tissu bâti ".

11. Ces orientations, qui visent à rechercher un équilibre entre la densification du tissu urbain existant, et la préservation d'espaces libres au sein du bâti, n'apparaissent pas compromises par le classement en zone AU des deux parcelles en litige, qui, ainsi qu'il été dit au point 9, se trouvent déjà incluses dans l'enveloppe bâtie. Ce classement permettra d'ouvrir des zones d'habitat récent en complément des possibilités de construction au sein des espaces dits en dents creuses ou des possibilités de réhabilitation de logements existants. Les OAP instaurées sur ces parcelles ne portent que sur une douzaine de logements individuels pour Les Cressonnières et une dizaine pour le Clos Saint Nicolas, ce qui ne représente pas une urbanisation particulièrement dense, et elles prévoient le maintien d'espaces libres. Il est en outre prévu pour l'OAP Les Cressonnières de préserver et renforcer les éléments paysagers.

12. Enfin, ce classement n'apparait pas davantage en incohérence avec le point 3.4 du PADD, qui vise à " Préserver les ressources naturelles et protéger les populations ", et prévoit de " réduire d'au moins 10 % la consommation d'espaces agricoles et naturels par rapport à la tendance passée ", dès lors qu'il n'est pas démontré que le maintien de ces parcelles en zone non constructible serait nécessaire au respect de cette orientation à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : () 4° Les programmes locaux de l'habitat prévus à l'article L. 302-1 du code de la construction et de l'habitation. /Le plan local d'urbanisme n'est pas illégal du seul fait qu'il autorise la construction de plus de logements que les obligations minimales du programme local de l'habitat n'en prévoient ".

14. Il ressort des pièces du dossier que le plan local d'habitat (PLH) prévoit, pour la commune de Fontaines, 88 logements à l'échéance 2030, et que les OAP prévues dans cette commune représentent au total 35 logements, en plus des 95 logements possibles par mobilisation des dents creuses, soit un total supérieur aux besoins. Cette seule circonstance n'est toutefois pas de nature à rendre le PLUi incompatible avec le PLH. Les requérants ne démontrent pas, pour le reste, par leur argumentation très générale, que la création de logements neufs à Fontaines, notamment dans les deux OAP contestées, serait incompatible avec la réalisation des objectifs du PLH.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain, le développement urbain et rural maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; () 6° bis La lutte contre l'artificialisation des sols, avec un objectif d'absence d'artificialisation nette à terme ;() ".

16. Ces dispositions imposent seulement aux auteurs des documents d'urbanisme d'y faire figurer des mesures tendant à la réalisation des objectifs qu'elles énoncent. En conséquence, le juge administratif exerce un simple contrôle de compatibilité entre les règles fixées par ces documents et les dispositions précitées de l'article L. 101-2 du code l'urbanisme. Pour exercer le contrôle de l'objectif d'une utilisation économe des sols, il y a lieu d'intégrer, à la consommation d'espaces passée, des secteurs non encore artificialisés mais qui font l'objet d'opérations d'aménagement et de construction déjà autorisées, indépendamment de leur degré d'exécution, notamment les terrains compris dans une zone d'aménagement concerté et des projets portés par une association foncière urbaine autorisée.

17. Si les requérants soutiennent que la commune de Fontaines " dispose d'un véritable potentiel identifié de dents creuses et bâtis existants mobilisables, qu'elle omet volontairement d'utiliser " et que le PLUi est " particulièrement gourmand en termes de construction neuves sur la commune de Fontaines, en témoigne le nombre d'OAP sectorielle sur cette commune plus élevé qu'à Chalon-Sur-Saône ", ces seules considérations ne permettent pas de considérer que la création des OAP en litige serait, à elle seule, de nature à rendre le PLUi incompatible avec les objectifs d'utilisation économe et de préservation des espaces naturels des sols et de lutte contre l'artificialisation des sols qui résultent des dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme. Il ressort à cet égard du rapport de présentation du PLUi que la consommation d'espaces agricoles a été réduite par rapport aux documents d'urbanisme antérieurs et que des secteurs précédemment urbanisables sont désormais inconstructibles, notamment sur le territoire de la commune de Fontaines.

18. En cinquième lieu, selon l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone ".

19. Il résulte de ces dispositions que les secteurs à caractère naturel de la commune peuvent être ouverts à l'urbanisation selon des modalités différentes en fonction du caractère suffisant ou insuffisant des voies publiques et des réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate de la zone à urbaniser - dite zone AU - pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone. Lorsque les voies et réseaux existant à la périphérie immédiate des terrains ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de la zone, celle-ci (dite " 1AU ") est ouverte à l'urbanisation et les constructions y sont autorisées dans les conditions fixées par le deuxième alinéa de l'article R. 123-6. Seuls les voies et réseaux existants à la périphérie, et non les travaux projetés, peuvent être pris en compte pour classer une zone comme ouverte à l'urbanisation. Au cas contraire, en application du troisième alinéa du même article, le plan local d'urbanisme peut soit subordonner l'ouverture à l'urbanisation de la zone (dite " 2AU ") à une modification ou à une révision de ce plan, soit fixer immédiatement les règles de constructibilité applicables dans la zone en subordonnant la possibilité d'autoriser des constructions à la réalisation des voies et réseaux nécessaires à la périphérie immédiate de la zone.

20. En l'espèce, les deux parcelles AM 146 et AM 226 sont classées par le PLUi en zone 1AU, définie comme une zone destinée à accueillir, à court et moyen terme, une urbanisation à vocation principale résidentielle, et chacune fait l'objet d'une OAP ; un tel classement suppose que des équipements d'une capacité suffisante existent, non sur le terrain même, mais en périphérie.

21. Les requérants soutiennent, d'abord, que le Grand Chalon n'a pas respecté les assurances données lors de l'enquête publique quant au phasage des deux opérations, le

Clos Saint-Nicolas ne devant être ouvert à l'urbanisation qu'après l'urbanisation du secteur des Cressonnières. A supposer que de telles considérations soient de nature à entacher d'illégalité le classement de ces parcelles, il ressort des indications portées dans la partie relative aux OAP du PLUi que l'OAP Les Cressonnières est classée en rang 1 au titre du phasage communal, et l'OAP

Le Clos Saint-Nicolas en rang 2.

22. Ensuite, en ce qui concerne la parcelle AM 146 et l'OAP Le Clos Saint Nicolas, la parcelle est, contrairement à ce qui est soutenu, classée en secteur d'assainissement collectif. Si elle n'est pas actuellement desservie par le réseau d'eau potable, celui-ci se trouve en périphérie immédiate et il n'est apporté aucun élément permettant de considérer que ces réseaux ne seraient pas d'une capacité suffisante. A cet égard, la seule circonstance que le maire de Fontaines n'ait pas répondu dans les délais à une demande de certificat d'urbanisme opérationnel sur cette parcelle, présentée par l'un des requérants parallèlement à sa requête, ce qui a fait naître un simple certificat d'urbanisme d'information qui ne se prononce pas sur la desserte de la parcelle, ne saurait être regardée comme une preuve de l'absence d'équipements d'une capacité suffisante.

23. Il ressort également des pièces du dossier que cette parcelle AM 146 forme un vaste pré, planté de quelques arbres fruitiers, entouré de murs en pierre, sur lequel ont été identifiés des vestiges archéologiques, qui seront soumis avant toute opération de construction aux dispositions applicables en matière d'archéologie préventive. L'OAP prévoit de préserver les murs en pierre et le portail existant, et les accès ne paraissent pas inadaptés à l'opération envisagée, le portail étant suffisamment large pour permettre le passage de véhicules, moyennant si nécessaire des travaux d'élargissement.

24. Enfin, en ce qui concerne la parcelle AM 226 et l'OAP Les Cressonnières, celle-ci est également classée en secteur d'assainissement collectif, et le réseau d'eau potable se trouve en périphérie immédiate. Il n'est pas démontré que ces réseaux seraient de capacité insuffisante. Si cette parcelle est desservie par un chemin de terre, elle est aussi accessible par une rue, qui est d'une largeur suffisante pour les besoins de l'opération, quand bien même son enrobé serait vieillissant. Si les requérants soutiennent que cette parcelle est au bord d'un cours d'eau qui a connu des épisodes d'inondation lors d'événements orageux de forte intensité, ils ne produisent à l'appui de leurs allégations que des photographies non datées, prises depuis d'autres points de la commune, la seule photographie permettant d'identifier le champ formé par la parcelle montrant seulement des flaques d'eau stagnante et non une réelle inondation. Quant à l'étude du ruissellement des eaux pluviales réalisée sur le territoire de la commune, elle fait état d'inondations à proximité de cette parcelle, mais pas sur la parcelle même. En outre, la commune indique avoir fait réaliser des travaux pour détourner les eaux de ruissellement du village, et il est prévu, dans le cadre de l'OAP, des prescriptions visant à limiter l'artificialisation des sols et, l'aménagement, le long de la voie interne d'une bande végétalisée de type noue afin de recueillir les eaux de ruissellement. Le risque d'inondation sur ce terrain n'apparait dès lors pas tel que ces mesures ne seraient pas suffisantes à le prévenir. Enfin, cette parcelle, si elle présente actuellement un caractère rural, n'est plus exploitée, le pré accueillant seulement en pâture des moutons et les chevaux d'une association. L'OAP prévoit des aménagements paysagers pour préserver la qualité paysagère et l'identité rurale des abords.

25. Il résulte de ce qui précède que le classement en zone AU1 et la création d'OAP sur les parcelles en litige n'apparaissent pas entachés d'erreur manifeste d'appréciation. L'ensemble des moyens soulevés par les requérants doivent être écartés, et, par conséquent, leurs conclusions en annulation de la délibération du 25 octobre 2022 approuvant la révision générale du PLUi doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 25 octobre 2022 approuvant les modifications de l'AVAP :

26. Les aires de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) ont été instituées par la loi Grenelle II du 12 juillet 2010 en remplacement des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP). Elles sont devenues des " sites patrimoniaux remarquables " (SPR) depuis la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine. La même loi prévoit que le règlement de l'AVAP est maintenu en vigueur jusqu'à ce qu'y soit substitué un plan de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé (PSMV).

27. En premier lieu, aux termes de l'article 112 de la loi du 7 juillet 2016 : " II.-() Les secteurs sauvegardés, les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager et les aires de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine créés avant la publication de la présente loi deviennent de plein droit des sites patrimoniaux remarquables, au sens de l'article L. 631-1 du code du patrimoine, et sont soumis au titre III du livre VI du même code. Le plan de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé applicable à la date de publication de la présente loi est applicable après cette date dans le périmètre du site patrimonial remarquable. III.-Le règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine ou de la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager applicable avant la date de publication de la présente loi continue de produire ses effets de droit dans le périmètre du site patrimonial remarquable jusqu'à ce que s'y substitue un plan de sauvegarde et de mise en valeur ou un plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine. /Le règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine ou de la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager peut être modifié lorsqu'il n'est pas porté atteinte à ses dispositions relatives à la protection du patrimoine bâti et des espaces. Cette modification est prononcée par l'autorité compétente en matière de plan local d'urbanisme, de document en tenant lieu ou de carte communale, après enquête publique réalisée dans les formes prévues au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement, après consultation de l'architecte des Bâtiments de France et après accord du représentant de l'Etat dans la région ".

28. En l'espèce, la modification du règlement de l'APAV a été menée conjointement à la révision du PLUi pour reclasser les deux parcelles AM 146 et AM 226, qui étaient répertoriées comme des " secteurs naturels et agricoles " en " quartiers récents ". A l'inverse, le secteur du

Pré Robelin a été reclassé de " quartier récent " en " espace naturel et agricole ". Les requérants soutiennent que ces modifications portent atteinte à la protection du patrimoine bâti et des espaces, et ne pouvaient dès lors intervenir que par la voie d'une révision et de l'adoption d'un plan de sauvegarde et de mise en valeur.

29. Selon les termes de l'article L. 642-1 du code du patrimoine, en vigueur jusqu'au

9 juillet 2016, l'AVAP a pour objet de : " promouvoir la mise en valeur du patrimoine bâti et des espaces dans le respect du développement durable. Elle est fondée sur un diagnostic architectural, patrimonial et environnemental, prenant en compte les orientations du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme, afin de garantir la qualité architecturale des constructions existantes et à venir ainsi que l'aménagement des espaces. L'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine a le caractère de servitude d'utilité publique. ". Selon les dispositions de l'article L. 642-2 du même code applicables jusqu'au 9 juillet 2016 : " Le dossier relatif à la création de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine comporte : ' un rapport de présentation des objectifs de l'aire. Ces objectifs sont fondés sur le diagnostic mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 642-1 et déterminés en fonction du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme s'il est entré en vigueur ; ' un règlement comprenant des prescriptions ; ' et un document graphique faisant apparaître le périmètre de l'aire, une typologie des constructions, les immeubles protégés, bâtis ou non, dont la conservation est imposée et, le cas échéant, les conditions spéciales relatives à l'implantation, à la morphologie et aux dimensions des constructions./ Le règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine contient des règles relatives : ' à la qualité architecturale des constructions nouvelles ou des aménagements de constructions existantes ainsi qu'à la conservation ou à la mise en valeur du patrimoine bâti et des espaces naturels ou urbains ; ' à l'intégration architecturale et à l'insertion paysagère des constructions, ouvrages, installations ou travaux visant tant à l'exploitation des énergies renouvelables ou aux économies d'énergie qu'à la prise en compte d'objectifs environnementaux ".

30. L'AVAP du site de Fontaines comprend un document graphique, qui répertorie les différents secteurs, et un règlement écrit, qui fixe des règles de protection du patrimoine communes, et des règles différentes selon les secteurs. Si les modifications apportées au document graphique par la délibération attaquée entrainent ainsi une application de règles de protection différentes, ces modifications sont, en elle-même, sans conséquence sur le caractère constructible ou non des parcelles. Le changement de secteur, s'il a pour conséquence l'application de mesures de protection différentes, n'a pas pour effet de supprimer toute mesure protectrice. Pour le reste, les modifications du règlement de l'AVAP sont mineures puisqu'elles se bornent à permettre l'élargissement à 3 m contre 2,5 m auparavant les possibilités d'ouverture dans un mur protégé, à apporter quelques ajustements sur l'implantation des bâtiments ou sur l'utilisation de volets roulants et à corriger quelques incohérences. La modification en litige ne porte pas ainsi atteinte aux dispositions relatives à la protection du patrimoine bâti et des espaces.

31. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en raison du recours à la procédure de modification doit être écarté.

32. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 631-3 du code du patrimoine : " II. - A compter de la publication de la décision de classement d'un site patrimonial remarquable, il est institué une commission locale du site patrimonial remarquable, composée de représentants locaux permettant d'assurer la représentation de la ou des communes concernées, de représentants de l'Etat, de représentants d'associations ayant pour objet la protection, la promotion ou la mise en valeur du patrimoine et de personnalités qualifiées. Elle est consultée au moment de l'élaboration, de la révision ou de la modification du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine et, le cas échéant, sur le projet de plan de sauvegarde et de mise en valeur et assure le suivi de sa mise en œuvre après son adoption. Elle peut également proposer la modification ou la mise en révision du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine ou du plan de sauvegarde et de mise en valeur ".

33. Il ressort des pièces du dossier que la commission du site patrimonial remarquable de Fontaines s'est réunie, le 10 février 2022, pour examiner le projet de modification en litige. Cette commission pouvait valablement siéger quand bien même l'architecte des Bâtiments de France, membre de droit de cette commission, dûment convoqué, n'était pas présent. Par ailleurs, il ressort du compte-rendu de cette réunion, que si les membres de cette commission n'ont pas été invités à donner un avis formel, ils ont été mis en mesure de débattre et de s'exprimer, et n'ont pas fait état d'un désaccord sur la modification présentée. Par suite, à supposer que cette commission soit tenue d'émettre un avis explicite, l'absence d'avis formellement exprimé n'apparait pas, dans les circonstances de l'espèce, de nature à avoir exercé une influence sur le sens de la délibération en litige ; il n'apparait pas davantage que les participants à cette réunion ou le public auraient ainsi été privés d'une garantie.

34. En troisième lieu, le rapport de la commission d'enquête publique comporte une partie propre à la modification de l'AVAP, qui se conclut par un avis suffisamment motivé sur cette modification. Si les requérants soutiennent que la commission d'enquête a indiqué à tort qu'aucune observation du public n'avait été enregistrée, alors que " de nombreux riverains ont dirigé leurs observations en cours d'enquête sur la modification de l'AVAP ", il ressort en réalité des pièces du dossier que seules deux observations recueillies lors de l'enquête publique mentionnaient la modification de l'AVAP, sans pour autant faire part d'observation propre à ce document, l'essentiel des développements portant sur des considérations d'urbanisme. Dès lors, la commission d'enquête, qui n'est pas tenue de répondre à chacune des observations du public, a pu estimer qu'elle n'était pas saisie d'observation portant spécifiquement sur la modification de l'AVAP.

35. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que les avis du préfet et de l'architecte des Bâtiments de France n'ont été transmis aux membres du conseil communautaire que, au plus tôt, le 21 octobre 2022, soit quatre jours avant la séance au cours de laquelle a été adoptée la délibération en litige, ce qui ne leur aurait pas permis de disposer d'une information suffisante. Ces avis se bornent toutefois à mentionner leur sens, qui est favorable, sans autre commentaire ni observation. L'ajout tardif de ces avis au dossier transmis aux conseillers communautaires n'a dès lors pu les priver d'une information suffisante.

36. En cinquième lieu, aux termes de l'article D. 631-11 du code du patrimoine :

" () Lorsque le territoire concerné est couvert par un plan local d'urbanisme, un document d'urbanisme en tenant lieu ou une carte communale, la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent y annexe le plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine dans les conditions prévues aux articles L. 153-60 ou L. 163-10 du code de l'urbanisme ". Il est soutenu que les modifications de l'AVAP n'ont été décidées que pour coller aux orientations du PLUi et non dans un but de protection du patrimoine, et sont entachées d'erreur d'appréciation. Ainsi qu'il a été dit au point 30., l'AVAP n'a pas en elle-même pour objet de décider de l'utilisation des sols. S'il est vrai qu'eu égard à leur finalité différente, les prescriptions de l'AVAP peuvent légalement s'écarter des règles fixées par le document d'urbanisme, la modification de l'AVAP en litige ne peut pour autant être regardée comme illégale du seul fait qu'elle a été décidée afin de tenir compte des dispositions du PLUi. Cette modification permettra d'appliquer au sein des zones AU les règles de protection attachées aux " Quartiers récents " adaptées à leur nouvelle vocation.

37. Par ailleurs, cette modification a également pour objet de reclasser le secteur du Pré Robelin de quartiers récents en espaces naturels et agricoles, avec en outre une protection en " doigt de gant " pour ces parties agricoles s'imbriquant au sein du bourg, qui caractérisent Fontaines, et de " cœur d'îlot et de jardins protégés " pour les jardins, que le règlement entend protéger en tant qu'espaces libres à dominante végétale.

38. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que les secteurs Les Cressonnières et Le Clos Saint-Nicolas constituent des espaces libres, insérés au sein de l'enveloppe bâtie de Fontaines. Ils se trouvent toutefois en périphérie du centre historique, et sont entourés de zones construites, à vocation résidentielle, dont il n'est pas démontré qu'elles seraient particulièrement riches sur le plan patrimonial, architectural ou paysager. Il n'est pas établi, ni même allégué, que l'application des règles protectrices au sein des quartiers récents ne serait pas suffisante pour permettre la préservation du site remarquable dans lequel ils s'insèrent.

39. Par suite, les moyens tirés des erreurs de droit et d'appréciation qui entacheraient ces modifications doivent être écartés.

40. Il résulte de ce qui précède que les moyens soulevés contre la délibération du

25 octobre 2022 approuvant les modifications de l'AVAP doivent être écartés, et par suite, les conclusions d'annulation présentées par M. X et autres contre cette délibération doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.

Sur les frais liés au litige :

41. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la communauté d'agglomération Le Grand Chalon, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement aux requérants d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. X et autres la somme totale de 1 500 euros dans chacune des requêtes au titre des frais exposés par la communauté d'agglomération Le Grand Chalon et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : Les requêtes n°2301089 et n° 2301090 de M. X et autres sont rejetées.

Article 2 : M. X et autres verseront une somme totale de 1 500 euros à la communauté d'agglomération Le Grand Chalon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans chacune des deux requêtes.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. R X, désigné représentant unique en application de l'article R. 411-5 du code de justice administrative, et à la communauté d'agglomération Le Grand Chalon.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Céline Frey, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.

La rapporteure,

M-E S

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

2 N° 2301090

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions