jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301131 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | NERAUD |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boissy,
- et les observations de M. A B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né en 1988 et entré en France rapidement après sa naissance, a bénéficié de plusieurs cartes de séjour temporaire entre 2006 et 2012 et a ensuite obtenu une carte de résident valable du 21 novembre 2012 au 20 novembre 2022. Par une décision du 19 décembre 2022, le préfet de Saône-et-Loire a rejeté la demande présentée par l'intéressé le 20 septembre 2022 tendant au renouvellement de cette carte de résident. Le recours gracieux exercé par l'intéressé contre cette décision a été implicitement rejeté. Par un arrêté du 6 avril 2023, le préfet de Saône-et-Loire a ensuite obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi. M. A B demande au tribunal d'annuler cette décision du 19 décembre 2022 et cet arrêté du 6 avril 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 13 mars 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de Saône-et-Loire a délégué sa signature à Mme C, directrice de la citoyenneté et de la légalité, pour ce qui concerne, notamment, les décisions d'éloignement et fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de ce que Mme C n'était pas compétente pour signer l'arrêté du 6 avril 2023 manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté du 6 avril 2023 comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il n'a dès lors pas méconnu les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier des termes mêmes de l'arrêté du 6 avril 2023, que le préfet de Saône-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l'intéressé et aurait ainsi commis une erreur de droit.
5. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'" erreur manifeste d'appréciation " commise par le préfet au regard de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel est relatif à certaines modalités de délivrance des titres de séjour, est inintelligible et en tout état de cause inopérant à l'encontre des décisions d'éloignement et fixant le pays de renvoi contenues dans l'arrêté du 6 avril 2023.
6. En cinquième lieu, l'arrêté du 6 avril 2023 n'a pas le caractère d'une décision d'expulsion. Le moyen tiré de la violation du 2° de l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est donc inopérant.
7. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Tout d'abord, s'il ressort des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas contesté que M. A B a vécu l'essentiel de sa vie en France et que, depuis 2016, il est marié avec Mme A D avec laquelle il a eu trois enfants respectivement nés en 2016, 2018 et 2022, le requérant n'a cependant produit aucun document d'état civil prouvant que ses enfants sont nés en France et y auraient effectivement séjourné, avec leur mère, depuis leur naissance.
9. Ensuite, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des éléments produits par la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or et le recteur de l'Académie de Dijon que, au moins depuis 2021, les trois enfants et l'épouse de M. A B vivent tous en Tunisie.
10. Enfin, il ressort des éléments produits par le préfet de Saône-et-Loire, qui ne sont pas sérieusement contestés, que M. A B, au cours de la période allant de mai 2021 à septembre 2022, n'a été présent sur le territoire national qu'une centaine de jours contre près de trois-cent-cinquante jours en Tunisie.
11. Compte tenu de ce qui vient d'être dit aux points 8 à 10, même si l'intéressé a conclu, le 19 décembre 2022, un contrat de travail, le centre de ses intérêts moraux et familiaux se trouve actuellement en Tunisie et non en France. La décision d'éloignement n'a dès lors pas porté au droit de M. A B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
13. Le requérant, en se bornant à indiquer qu'il " existe des risques manifestes d'atteinte à sa vie et à son intégrité physique en cas de retour en Tunisie ", n'établit pas la réalité ou l'actualité de risques qu'il serait selon lui susceptible d'encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen qu'il invoque à ce titre, et qui doit être regardé comme tiré de la violation de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande M. A B au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B et au préfet de Saône-et-Loire.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
M. DesseixLe président,
L. BoissyLa greffière,
E. Herique
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026