LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2301242

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2301242

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2301242
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationREFERE
Avocat requérantSI HASSEN MYRIAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 mai 2023, M. E D, représenté par Me Si Hassen, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les arrêtés du 5 mai 2023 par lesquels le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans et l'a assigné à résidence pendant une durée quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la mesure d'éloignement doit être regardée comme entachée d'un vice d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de fait sur sa date de naissance ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application du 1° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est mineur isolé en France ;

- la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public, qu'il est, en vertu de l'article préliminaire du code de procédure pénale, présumé innocent, qu'aucun risque de fuite n'est avéré et qu'il ne s'est jamais soustrait à une précédente mesure d'éloignement ;

- les décision fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dans la mesure où, en vertu de l'article préliminaire du code de procédure pénale, il est présumé innocent, et qu'il ne s'est pas soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;

- la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée ;

- l'arrêté portant assignation à résidence est illégal en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- cet arrêté est insuffisamment motivé ;

- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en fixant les modalités de cette assignation à résidence ;

- il se trouve dans l'impossibilité de communiquer sans délai l'adresse des locaux où il réside dès lors qu'il est sans domicile fixe.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure pénale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 11 mai 2023 à 15 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viotti, conseillère,

- les observations de Me Si Hassen, représentant M. D, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans sa requête et qui a en outre précisé que le requérant soutient ne jamais avoir déclaré aux forces de l'ordre être né le 1er septembre 1998 ;

- et celles de Mme F, représentant le préfet de la Côte-d'Or, qui a repris ses écritures en défense en indiquant que les suites de la procédure de placement du requérant auprès des services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Côte-d'Or ne sont pas connues.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, se disant M. D, ressortissant de nationalité algérienne, déclare être entré en France au cours du mois de juillet 2021. A la suite de son interpellation et de sa garde à vue pour des faits d'offre, de cession, d'acquisition, d'usage, de détention et de transport de stupéfiants, il s'est vu notifier deux arrêtés du préfet de la Côte-d'Or datés du 3 mai 2023 portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans et assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. D en demande l'annulation.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la signataire de la décision attaquée, Mme Amelle Ghayou, secrétaire générale adjointe de la préfecture de la Côte-d'Or, a été investie par le préfet de la Côte-d'Or d'une délégation à cet effet en vertu d'un arrêté du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 2 février suivant, du reste visé par la décision en litige et aisément consultable en ligne. Cet arrêté prévoit que la délégation de signature conférée à Mme B joue en cas d'absence ou d'empêchement du délégataire de premier rang et le requérant ne conteste pas que cette situation fût effectivement constituée à la date de l'arrêté attaqué. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision de refus de séjour doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision attaquée relève que M. D est né le 1er septembre 1998, alors qu'il soutient être né le 27 janvier 2006 et donc mineur à la date de la décision en litige. Au soutien de ses allégations, le requérant, qui ne justifie d'aucun document d'identité quel qu'il soit, verse aux débats un procès-verbal de présentation devant le procureur de la République et de saisine du tribunal pour enfants daté du 5 mai 2023 à 18 heures 38 ainsi qu'un procès-verbal de notification des obligations qui lui ont été imposées par une ordonnance du juge des enfants portant placement sous contrôle judiciaire pour des faits d'offre, de cession, d'acquisition, d'usage, de détention et de transport de stupéfiants, ces procès-verbaux étant, au demeurant, postérieurs à la notification de la décision attaquée, intervenue quant à elle à 14 heures le 5 mai 2023. S'il ressort de ces documents que M. D a déclaré devant le procureur de la République être né le " 27 janvier 2006 ", qu'il a été considéré, de ce fait, comme " mineur isolé non accompagné sur le territoire national " et que le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a été désigné comme représentant légal, le préfet de la Côte-d'Or fait valoir, sans être contredit, que M. D bénéficie seulement d'un accueil provisoire d'urgence d'une durée de cinq jours auprès des services du conseil départemental en application de l'article R. 221-11 du code de l'action sociale et des familles, afin qu'il soit procédé aux investigations nécessaires à l'évaluation de sa situation, notamment de son âge. En outre, il ressort du formulaire de renseignement administratif produit en défense, qui retrace l'audition de M. D, assisté d'un interprète en langue arabe, que ce dernier a expressément déclaré aux forces de l'ordre être né le " 1er septembre 1998 ", être marié en Algérie et avoir un enfant d'un an et demi, ces éléments rendant peu vraisemblable sa minorité alléguée. Il s'ensuit que les seuls procès-verbaux dont se prévaut M. D ne sauraient suffire, dans les circonstances de l'espèce, à tenir pour établie sa minorité. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écartée.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / 1° L'étranger mineur de dix-huit ans ; () ".

7. Ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, M. D n'apporte aucun élément probant sur sa minorité alléguée. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire :

8. Les moyens invoqués à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

9. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 dudit code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".

10. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. D, le préfet de la Côte-d'Or s'est fondé sur la circonstance que son comportement représente une menace à l'ordre public puisqu'il a été placé en garde à vue pour des faits d'offre, de cession, d'acquisition, d'usage, de détention et de transport de stupéfiants, et qu'il présente un risque de fuite, dans la mesure où il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, et qu'il n'est pas en mesure de justifier de la possession de documents d'identité et de voyage en cours de validité.

11. M. D, qui se borne à soutenir qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public et que le risque de fuite n'est pas caractérisé, ne critique pas sérieusement les motifs qui lui sont opposés, ni la matérialité des faits qui lui sont reprochés. La circonstance que ces faits soient susceptibles de fonder une action répressive et que le juge pénal ne se soit pas encore prononcé à ce sujet ne fait pas obstacle à ce que le préfet de la Côte-d'Or les prenne en compte pour lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. En outre, M. D ne peut utilement se prévaloir de l'article préliminaire du code de procédure pénale à l'encontre de la décision attaquée, ni davantage de la présomption d'innocence. Dès lors qu'il est constant que l'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, qu'il n'a pas sollicité la régularisation de sa situation et qu'il est dépourvu de documents d'identité et de voyage en cours de validité, le préfet de la Côte-d'Or pouvait, pour ces seuls motifs et quand bien l'intéressé ne se serait pas soustrait à une précédente mesure d'éloignement, refuser, sur le fondement des 1° et 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de lui accorder un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision obligeant M. D à quitter le territoire français n'est pas entachée des illégalités alléguées. Par suite, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, ne peut qu'être écartée.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. M. D n'établissant pas que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait illégale, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, ne peut qu'être écartée.

14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

15. Il résulte des dispositions précitées que, lorsque le préfet prend à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

16. M. D, qui s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter la mesure d'éloignement prise à son encontre, ne fait valoir aucune circonstance humanitaire pouvant justifier que le préfet de la Côte-d'Or ne prononçât pas une interdiction de retour sur le territoire français. Par ailleurs, M. D a déclaré, durant son audition, être entré en France en juin 2021 et que ses parents, son épouse et son enfant résident encore en Algérie. Il ne fait valoir aucun lien d'une particulière intensité sur le territoire français, ni d'une insertion sociale ou professionnelle particulière. Enfin, le comportement du requérant représente une menace à l'ordre public, dès lors que, ainsi qu'il a été dit, la matérialité des infractions qui lui sont reprochées, telles que rappelées au point 10, n'est pas sérieusement remise en cause. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, et quand bien même il n'aurait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée par le préfet de la Côte-d'Or pour une durée de trois mois n'apparaît pas disproportionnée.

17. Enfin, ainsi qu'il a déjà été dit, M. D ne saurait se prévaloir de la présomption d'innocence et de l'article préliminaire du code de procédure pénale à l'encontre de la décision attaquée.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. D excipe en vain de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui des conclusions dirigées contre la décision l'assignant à résidence.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Selon l'article L. 732-3 de ce code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée ". Aux termes de l'article L. 732-1 du même code : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".

20. L'arrêté en litige, qui vise les dispositions du 1° de l'article L. 731-1 et celles de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle que M. D a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par arrêté du 5 mai 2023, notifiée le même jour. Elle indique ensuite que l'exécution de cette mesure demeure une perspective raisonnable mais que l'intéressé ne peut pas quitter immédiatement le territoire français, dans la mesure où il est démuni de documents d'identité et de voyage et qu'il est nécessaire d'obtenir un laissez-passer consulaire et de prévoir l'organisation matérielle de son départ. Par suite, et alors que le préfet de la Côte d'Or n'était pas tenu de justifier les modalités de présentation aux services de police qu'il a retenues, cette décision est suffisamment motivée.

21. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

22. En dernier lieu, l'article 1er de l'arrêté attaqué oblige M. D à " communiquer sans délai l'adresse des locaux où il réside aux services mentionnés à l'article 2 ". Si ce dernier fait valoir qu'il est sans domicile fixe et qu'il est dès lors dans l'impossibilité de satisfaire à cette obligation, cette circonstance, qui relève de l'exécution de l'arrêté attaqué, est sans incidence sur sa légalité.

23. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés préfectoraux du 5 mai 2023.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

25. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par le préfet de la Côte-d'Or.

D É C I D E :

Article 1er : M. D est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Si Hassen.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer ainsi qu'au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.

La magistrate désignée,

O. CLe greffier,

J. TESTORI

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

No 2301242

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions