mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301316 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | JOLET INGRID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mai 2023, M. A C, représenté par Me Jolet, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés, en date du 11 mai 2023, par lesquels le préfet de la Côte-d'Or, d'une part, lui a assigné l'obligation de quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office et a prescrit à son encontre une interdiction de retour d'une durée de trois ans, d'autre part, l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune de Dijon pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) de faire injonction au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans les quinze jours suivant la notification du jugement à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- le préfet n'a pas suffisamment justifié la décision portant obligation de quitter le territoire français et celle portant interdiction de retour ;
- ces décisions ont été prises en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté d'assignation à résidence est insuffisamment motivé ;
- cette mesure est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens invoqués par M. C sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Jolet, représentant M. C, ainsi que de ce dernier ;
- les observations de Mme D, représentant le préfet de la Côte-d'Or.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né en 1996 et de nationalité malienne, demande au tribunal d'annuler les arrêtés, en date du 11 mai 2023, par lesquels le préfet de la Côte-d'Or, d'une part, lui a assigné l'obligation de quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office et a prescrit à son encontre une interdiction de retour d'une durée de trois ans, d'autre part, l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune de Dijon pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté d'éloignement :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, retrace la situation administrative de M. C et indique, avec un degré de précision suffisant, les raisons pour lesquelles est prise chacune des décisions qu'il contient, notamment l'obligation de quitter le territoire français et l'interdiction de retour. Il a ainsi été satisfait par le préfet de la Côte-d'Or à l'exigence de motivation fixée par les articles L. 613-1 et L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
3. En second lieu, en vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance " et " il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. M. C fait valoir qu'il a en France l'essentiel de ses attaches, qu'il est bien intégré dans la société française, où il vit depuis longtemps et a obtenu un diplôme. Toutefois, il est sans charge de famille et ne conteste aucunement le motif de l'arrêté attaqué selon lequel le concubinage avec une ressortissante de nationalité française, allégué lors de son interpellation et pas même mentionné dans ses écritures contentieuses, n'est corroboré par aucun commencement de preuve. Par ailleurs, si M. C est entré en France en 2012, alors qu'il était encore mineur, et semble ainsi vivre en France depuis environ onze ans, cette ancienneté de séjour résulte, pour l'essentiel, du fait qu'il s'est soustrait à l'exécution de mesures d'éloignement prises à son encontre le 27 septembre 2016 et le 30 avril 2018, en se tenant dans la clandestinité et sans entamer de démarches à l'effet de régulariser sa situation. A cet égard, l'allégation du requérant, formulée oralement lors de l'audience, selon laquelle il a tenté de déposer une demande de titre de séjour en région parisienne sans cependant obtenir de rendez-vous n'est corroborée par aucun commencement de preuve. Il n'est par ailleurs pas justifié, par la seule production d'un parrainage républicain, d'une promesse d'embauche et de quelques attestations, d'une insertion significative dans la société française. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué, que ce soit en tant qu'il assigne à M. C l'obligation de quitter le territoire français ou en tant qu'il prescrit à son encontre une interdiction de retour pour une durée de trois ans, ne saurait être regardé comme portant une atteinte excessive aux intérêts privés et familiaux de l'intéressé, en violation des stipulations conventionnelles citées au point précédent.
En ce qui concerne l'arrêté d'assignation à résidence :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions applicables ainsi que l'arrêté d'éloignement pris le même jour, retrace la situation de M. C et indique que si ce dernier ne peut immédiatement quitter le territoire français, étant démuni de documents d'identité et de voyage en cours de validité et si, en conséquence, les modalités d'organisation matérielles de son départ, exigeant un laissez-passer consulaire, ne sont pas encore fixées, son éloignement demeure néanmoins une perspective raisonnable. Il a ainsi été satisfait à l'exigence de motivation prescrite en la matière par l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En deuxième lieu, l'arrêté d'éloignement n'encourant pas l'annulation, ainsi qu'il résulte de ce qui a été exposé aux points précédents, M. C n'est pas fondé à exciper de son illégalité au soutien des conclusions visant la mesure d'assignation à résidence.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
8. M. C fait valoir que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, cette allégation est sans portée utile sur sa contestation de l'arrêté d'assignation à résidence, lequel, s'il mentionne que l'intéressé a été placé le 11 mai 2023 en garde à vue dans le cadre d'une plainte pour tentative de viol, n'en fait manifestement pas un motif de la décision en litige. Ce moyen est donc inopérant, tandis que ne sont en rien discutés les motifs retracés au point 5 ci-dessus, non plus que les modalités de l'assignation à résidence.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du préfet de la Côte-d'Or du 11 mai 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C, n'appelle aucune mesure d'exécution, de sorte que les conclusions en injonction ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentée sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative par le préfet de la Côte-d'Or, lequel, au demeurant, ne justifie d'ailleurs pas avoir exposé, pour les besoins du litige, des dépenses excédant les charges de fonctionnement normales de ses services.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du préfet de la Côte-d'Or tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Côte-d'Or.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023
Le président-rapporteur,
D. B
La greffière,
L. LELONG
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026