jeudi 16 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301358 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BLANCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2023 et un mémoire enregistré le 16 août 2023,
M. A C représenté par Me Laillet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel le maire de Varennes-Vauzelles a délivré à la société " RC Dagonneau " un permis de construire portant sur le changement de destination d'une habitation existante en bureaux, la construction d'un entrepôt de stockage et l'aménagement de parkings ;
2°) à titre subsidiaire, de sursoir à statuer sur la requête en application de l'article
L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Varennes-Vauzelles la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant et comporte des incohérences ;
- le permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme (PLU) relatives aux aires de stationnement à l'air libre, à la végétation, à l'aspect de la toiture et des bâtiments, et à l'accès des véhicules de secours ;
- il a été délivré en méconnaissance des objectifs d'aménagement et de programmation (OAP) ;
- il a été délivré en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme eu égard aux risques pour la sécurité publique qu'il comporte ;
- il a été délivré en violation de de l'article L. 411-1 du code de l'environnement ;
- dans l'hypothèse où des irrégularités pourraient être régularisées, il y aura lieu de sursoir à statuer.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 juillet 2023 et le 17 novembre 2023, la société RC Dagonneau, représentée par Me Blanchard, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. C la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. C ne justifie pas de son intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 juillet 2023 et le 20 décembre 2023, la commune de Varennes-Vauzelles représentée par Me Tissot, conclut au rejet de la requête ou à titre subsidiaire, à surseoir à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et demande au tribunal de mettre à la charge de M. C la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. C ne justifie pas de son titre de propriété ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 26 octobre 2022, le maire de Varennes-Vauzelles a délivré à la société RC Dagonneau un permis de construire en vue du changement de destination d'une habitation existante en bureaux, de la construction d'un entrepôt de stockage et de l'aménagement de parkings sur les parcelles cadastrées n°278, n°279, n°54, n°280 et n°55. M. C, voisin immédiat du terrain d'assiette du projet, demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la recevabilité
2. D'une part, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.
4. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet.
5. En l'espèce, le permis de construire autorise la construction d'un entrepôt d'une surface de 450 mètres carrés, ainsi que l'aménagement de places de stationnement, sur une partie du terrain actuellement arborée, et sur lequel le requérant a une vue directe depuis sa maison d'habitation. La construction de cet entrepôt est de nature à affecter les conditions de jouissance de son bien par M. C.
6. D'autre part, aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant.() ". M. C a produit son titre de propriété en cours d'instance et sa requête a dès lors été régularisée.
7. Les fins de non-recevoir opposées en défense doivent par suite être écartées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
8. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. . Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. ". Et aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche, () ".
9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
10. Le dossier de demande de permis de construire en litige comporte des éléments suffisants pour apprécier l'environnement du projet, ainsi que son insertion dans cet environnement, tant en ce qui concerne les travaux portant sur la maison existante qu'en ce qui concerne la construction de l'entrepôt en arrière de cette maison. Les plans de masse et de façade comportent les cotes nécessaires pour apprécier la régularité des travaux au regard des règles d'implantation et de hauteur fixées par plan local d'urbanisme (PLU) communal. Il n'était pour le reste pas nécessaire de connaître la hauteur des mezzanines intérieures ou encore des bennes, ni la hauteur des places de stationnement, dont aucun élément ne permet de considérer qu'elles seraient implantées à un niveau différent de celui du sol. S'agissant de la surface des places de parking, celle-ci, à supposer qu'elle ne puisse être calculée par mesure sur le plan, est clairement précisée sur le plan de masse.
11. Contrairement à ce qui est soutenu, ce dossier ne comporte aucune incohérence entre le dossier de demande, qui mentionne la surface de plancher de l'entrepôt, incluant celle de mezzanines intérieures, et le plan de masse, qui mentionne la surface d'emprise au sol.
12. S'agissant de la végétation, la comparaison de l'état existant et de l'état projeté permet de déterminer quels arbres seront conservés, soit treize arbres, la circonstance que l'implantation de deux arbres en fond de parcelle ne soit pas tout à fait identique d'un plan à l'autre étant insuffisante pour faire naître un doute sur ce point.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le moyen tiré des insuffisances du dossier du permis de construire doit être écarté, dans toutes ses branches.
14. En deuxième lieu, selon le règlement de la zone UC du règlement du PLU : " Les aires de stationnement à l'air libre devront être arborées à raison d'un arbre minimum pour 100 m²". En l'espèce, la superficie totale des aires de stationnement à l'extérieur est de 646,08 m² ce qui représente sept arbres à planter. Si treize arbres sont maintenus sur le terrain d'assiette du projet, ils sont tous éloignés des aires de stationnement, et ne peuvent par suite être pris en considération pour apprécier le respect des dispositions du PLU, dont l'objectif est de permettre que les surfaces de stationnement soient arborées. Si ces dispositions n'imposent pas de règles précises d'implantation, un tel objectif ne peut être regardé comme satisfait par le projet en litige, qui fait disparaitre la plupart des arbres présents sur le site et n'en conserve que treize en fond de parcelle, à une distance éloignée des aires de stationnement.
15. En troisième lieu, selon le règlement du PLU : " Les bâtiments à caractère utilitaire (hangar, appentis, entrepôts, etc.) et les dépôts doivent être dissimulés par des écrans de verdure, sauf quand les constructions sont édifiées sur les limites séparatives ".
16. Le permis de construire comporte une prescription indiquant que : " l'entrepôt devra être dissimulé par un écran de verdure ". Il n'apparait pas que cette prescription serait insuffisante ou impossible à mettre en œuvre sans modifier le projet : elle n'oblige pas à réaliser un écran de verdure à l'intérieur du terrain d'assiette mais seulement sur les limites avec les parcelles voisines, ce qui parait réalisable sans modification de l'implantation de l'entrepôt.
17. En quatrième lieu, selon le règlement du PLU : " Les toitures sont soit en pente, soit en terrasse. / Les toitures composées de pans doivent présenter une couleur de type terre cuite ou ardoise. / La couverture transparente est autorisée pour les annexes arrières. / L'installation de systèmes domestiques solaires, thermique ou photovoltaïque ou de tout autre dispositif individuel de production d'énergie renouvelable, est autorisée dès lors qu'elles ne nuisent ni à la qualité architecturale du projet, ni à la qualité urbaine des lieux () " et " les bâtiments doivent présenter une qualité d'aspect, de couleur et de matériaux en harmonie avec l'environnement bâti ".
18. En l'espèce, la toiture de l'entrepôt est en bac acier, de couleur ardoise, et l'un des pans est couvert de panneaux solaires. Si les deux bâtiments les plus proches de l'entrepôt sont de type traditionnel, l'environnement bâti comporte aussi divers bâtiments et entrepôts commerciaux, et ne présente pas de sensibilité paysagère notable. S'agissant d'un bâtiment situé à l'arrière de la construction existante, peu visible de la voie publique, la présence de panneaux solaires n'apparait pas susceptible de nuire à la qualité architecturale du projet ou à la qualité urbaine des lieux.
19. En cinquième lieu, selon le règlement du PLU : " les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées, dans des conditions répondant à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles à édifier, notamment en ce qui concerne la commodité, la sécurité de la circulation des accès, ainsi que les moyens d'approche permettant une lutte efficace contre l'incendie ".
20. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les accès au terrain d'assiette du projet, qui sont d'une largeur de quatre mètres, seraient inadaptés aux véhicules lourds, et notamment aux véhicules de lutte contre l'incendie, qui disposeront sur ce terrain de suffisamment de place pour faire demi-tour, eu égard à l'importance des espaces libres existants.
21. En sixième lieu, la compatibilité d'une autorisation d'urbanisme avec les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) d'un plan local d'urbanisme (PLU) s'apprécie en procédant à une analyse globale des effets du projet sur l'objectif ou les différents objectifs d'une OAP, à l'échelle de la zone à laquelle ils se rapportent. Selon l'OAP : entrée d'agglomération Nord - RD907 ", applicable à la parcelle assiette du projet, " l'aménagement des abords de l'axe de la RD907 contribue au renforcement de la trame végétale en milieu urbain. Il présente des alignements arborés d'essences diversifiées et contribue à la désimpermabilisation des sols en prévoyant des espaces de pleine terre plantés ou dédiés à la gestion des eaux de ruissellement. Le traitement de la voie et des abords affirme une organisation séquentielle du paysage urbain le long de l'axe en proposant des ambiances différenciées. Enfin un accompagnement paysager des voies de desserte prolonge, par effet de gradation, la trame végétale à l'intérieure des tissus bâtis périphériques. (). L'évolution des tissus bâtis bordiers contribue à l'élévation de la qualité paysagère et urbaine des perceptions, à l'affirmation d'une urbanité et à l'organisation séquentielle de l'entrée d'agglomération. La section Sud délimitée par la limite communale Sud et l'intersection avec les rues Henri Choquet et Louise Michel : - renforce une vocation résidentielle associant services et commerces s'insérant facilement en tissu urbain mixte. - accueille des opérations résidentielles denses (type R+2) proposant des logements collectifs et des pieds d'immeuble dédiés aux activités () ".
22. La maison en front de rue, d'aspect traditionnel, est conservée et restaurée, et si une partie de la végétation présente à l'intérieur de la parcelle est supprimée, il est prescrit la plantation d'une haie végétale destinée à dissimuler l'entrepôt, lequel sera très peu visible depuis la voie publique. Par suite, le projet en litige n'apparait pas incompatible avec les objectifs de l'OAP.
23. En septième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
24. Il ne ressort des pièces du dossier, ni que le projet aura pour conséquence d'accroître de manière significative le trafic de véhicules lourds sur la voie publique qui le dessert, l'essentiel de la flotte de véhicules de l'entreprise étant des véhicules utilitaires légers, ni que cette voie, qui est une voie large, aménagée et offrant une bonne visibilité, serait d'une dangerosité particulière. Par suite, le moyen tiré de la violation de de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
25. En dernier lieu, le requérant se borne à mentionner la présence, sur le terrain d'assiette du projet, d'arbres d'un certain âge, ainsi que d'oiseaux dans les arbres. Il n'établit pas sérieusement la présence sur ce terrain d'espèces présentant un intérêt scientifique particulier, essentiel dans l'écosystème ou nécessaires à la préservation du patrimoine naturel. Le moyen tiré de la violation de l'article L. 411-1 du code de l'environnement doit par suite être écarté.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
26. Aux termes de l'article L 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire (), estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux () ".
27. L'illégalité relevée au point 14 tirée de la méconnaissance des dispositions du règlement du PLU de Varennes-Vauzelles applicables à la zone UC qui imposent que les aires de stationnement à l'air libre soient arborées à raison d'un arbre minimum pour 100 m² est susceptible d'être régularisée sans apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de limiter au vice retenu la portée de l'annulation prononcée et de fixer à deux mois le délai dans lequel la société RC Dagonneau pourra en demander la régularisation.
Sur les frais d'instance :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de M. C, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance ; dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de la commune de Varennes-Vauzelles la somme de 1 000 euros à verser à M. C au titre des frais que celui-ci a exposés.
DÉCIDE :
Article 1er : L'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel le maire de Varennes-Vauzelles a délivré à la société " RC Dagonneau " un permis de construire est annulé en tant qu'il ne respecte pas les dispositions du règlement du PLU de Varennes-Vauzelles applicables à la zone UC qui imposent que les aires de stationnement à l'air libre soient arborées à raison d'un arbre minimum pour 100 m².
Article 2 : Le délai imparti à la société RC Dagonneau pour solliciter la régularisation de son projet en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme est fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Varennes-Vauzelles versera une somme de 1 000 euros à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Varennes-Vauzelles et à la société RC Dagonneau.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2025.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne à la préfète de la Nièvre en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026