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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2301442

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2301442

jeudi 16 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2301442
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantMIFSUD ELODIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 mai et 8 septembre 2023, Mme B C, représentée par Me Mifsud, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à défaut de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délais et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour doit être regardée comme entachée d'un vice d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à son signataire ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- il appartient au préfet de produire l'avis du collège des médecins et la copie du rapport médical, d'établir que ledit rapport a été établi, que le médecin qui l'a rédigé n'a pas siégé au sein de ce collège et que ce dernier a apprécié si les structures, équipements et médicaments ainsi que les personnels compétents lui permettaient de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et qu'elle pouvait y voyager sans risque ;

- cette décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- les décisions relative au délai de départ volontaire et fixant le pays de destination sont illégales du fait de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Par une ordonnance du 8 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viotti, conseillère,

- les observations de Me Mifsud, représentant Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante algérienne née le 18 avril 1953 à Ouled Derradj, est entrée en France le 18 janvier 2020 sous couvert d'un passeport algérien muni d'un permis de séjour italien valable du 23 décembre 2020 au 26 mai 2023. Le 29 juin 2022, elle a sollicité un titre de séjour sur le fondement du 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien pour raisons de santé et subsidiairement en qualité de membre de la famille d'un ressortissant de l'Union européenne. Par l'arrêté du 25 avril 2023 dont il est demandé l'annulation, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Mme C n'ayant pas déposé une demande d'aide juridictionnelle, sa demande d'aide juridictionnelle provisoire ne peut qu'être rejetée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

3. En premier lieu, par un arrêté du 13 mars 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à Mme A G, directrice de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer notamment les arrêtés portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué, qui manque en fait, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté en litige mentionne les textes dont il fait application, notamment les stipulations du 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ainsi que l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il indique en outre les raisons pour lesquelles Mme C ne remplit pas les conditions prévues par ces articles. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ". Aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ".

6. Si l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régit de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de validité des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, il n'a toutefois pas entendu écarter, sauf dispositions contraires expresses, l'application des dispositions de procédure qui s'appliquent à tous les étrangers en ce qui concerne la délivrance, le renouvellement ou le refus de titres de séjour. La procédure de délivrance des certificats de résidence portant la mention " vie privée et familiale " prévue par ces stipulations, est régie par les dispositions des articles R. 425-11 à R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'arrêté du 27 décembre 2016, en vertu desquelles, notamment, le préfet se prononce au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir, en particulier, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office.

7. En outre, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article L. 425-9 : " L'avis du collège de médecins de l'OFII est établi sur la base du rapport médical élaboré par un médecin de l'office selon le modèle figurant dans l'arrêté du 27 décembre 2016 mentionné à l'article 2 ainsi que des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays dont le demandeur d'un titre de séjour pour raison de santé est originaire. / Les possibilités de prise en charge dans ce pays des pathologies graves sont évaluées, comme pour toute maladie, individuellement, en s'appuyant sur une combinaison de sources d'informations sanitaires. / L'offre de soins s'apprécie notamment au regard de l'existence de structures, d'équipements, de médicaments et de dispositifs médicaux, ainsi que de personnels compétents nécessaires pour assurer une prise en charge appropriée de l'affection en cause. / L'appréciation des caractéristiques du système de santé doit permettre de déterminer la possibilité ou non d'accéder effectivement à l'offre de soins et donc au traitement approprié. () ".

8. D'une part, la décision attaquée a été prise au vu d'un avis rendu le 20 décembre 2022 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que le préfet de Saône-et-Loire a versé à l'instance, qui s'est prononcé sur la base d'un rapport médical établi le 4 novembre 2022 par un médecin qui n'a pas siégé au sein du collège. Ces éléments sont corroborés par le bordereau de transmission du même jour, également versé aux débats et signé par le directeur général de l'Office. Mme C, qui n'a tiré aucune conséquence des productions faites en défense afin d'étayer son moyen d'un commencement de démonstration, ne produit quant à elle aucun élément permettant de douter de la véracité des mentions portées sur le bordereau.

9. D'autre part, il résulte des dispositions citées au point 5 que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont l'avis est requis préalablement à la décision du préfet relative à la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit accomplir sa mission dans le respect des orientations générales définies par l'arrêté du ministre chargé de la santé du 5 janvier 2017 et émettre son avis dans les conditions fixées par l'arrêté du 27 décembre 2016 des ministres chargés de l'immigration et de la santé. S'il appartient au préfet, lorsqu'il statue sur la demande de carte de séjour, de s'assurer que l'avis a été rendu par le collège de médecins conformément aux règles procédurales fixées par les dispositions précitées, il ne saurait en revanche porter d'appréciation sur le respect, par le collège des médecins, des orientations générales définies par l'arrêté du 5 janvier 2017, en raison du respect du secret médical qui interdit aux médecins de donner à l'administration, de manière directe ou indirecte, une information sur la nature des pathologies dont souffre l'étranger.

10. Ainsi, il résulte de ce qu'il a été dit précédemment qu'il n'appartient pas au préfet de Saône-et-Loire de démontrer que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rendu son avis en se conformant aux orientations générales définies par l'arrêté du 5 janvier 2017 et notamment son article 3.

11. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté en toutes ses branches.

12. En quatrième lieu, il ne ressort ni de cette motivation ni des autres pièces du dossier que le préfet de Saône-et-Loire aurait négligé de procéder à un examen attentif et complet de la situation de Mme C. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; () ". Selon l'article L. 233-2 de ce code : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. / Il en va de même pour les ressortissants de pays tiers, conjoints ou descendants directs à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées au 3° de l'article L. 233-1 ".

14. En l'espèce, si Mme C fait valoir que son fils, M. D C, est de nationalité italienne et qu'elle remplit les conditions pour avoir un titre de séjour en qualité de membre de famille d'un citoyen européen sur le fondement de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'apporte aucun élément de nature à justifier qu'il satisfait aux conditions énoncées au 1° ou 2° de l'article L. 233-1 précité. Enfin, la circonstance, à la supposer avérée, qu'elle soit prise en charge par sa fille, Mme E C épouse F, épouse d'un ressortissant français, n'est pas de nature à lui conférer par elle-même un droit au séjour sur le fondement de ces mêmes dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

15. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

16. En l'espèce, Mme C est arrivée en France à l'âge de soixante-huit ans, après avoir vécu l'essentiel de son existence en Algérie. Si elle fait valoir qu'elle est prise en charge par sa fille, Mme F, titulaire d'un certificat de résidence algérien valable dix ans, la seule attestation qu'elle produit à l'instance ne suffit pas à en justifier. De surcroît, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé, dans son avis du 20 décembre 2022, que si son état de santé nécessite une prise en charge, son défaut ne devrait pas pour autant entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il n'est dès lors pas démontré que l'état de santé de Mme C exigeât une assistance que sa fille serait seule à même de lui procurer, ni qu'une telle assistance ne pourrait être apportée par des structures médico-sociales dans son pays d'origine. En outre, bien que son veuvage ne soit pas contesté, elle ne donne aucune information sur le lieu de résidence de ses sept autres enfants. Ainsi, il n'est pas établi qu'elle serait isolée dans son pays d'origine, où elle a nécessairement conservé des attaches. En outre, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, l'intéressée disposait d'un permis de séjour italien, de sorte qu'il n'existait aucun obstacle à ce qu'elle rejoigne l'Italie, pays dont l'un de ses fils, M. D C, a la nationalité. Compte tenu de sa durée de séjour et de ses conditions de séjour en France, l'arrêté en litige n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'a donc pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

17. En septième lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour ayant été écartés, Mme C n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

18. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme C excipe en vain de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui des conclusions dirigées contre les décisions lui accordant un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination.

19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoind'ordonner la production du rapport médical, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 25 avril 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse quelque somme que ce soit à Mme C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Mifsud.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Océane Viotti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.

La rapporteure,

O. ViottiLe président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2301442

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