jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301512 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DE CHAZEAUX OLIVIER |
Vu les procédures suivantes :
I. - Par une requête enregistrée le 31 mai 2023 sous le n° 2301512 et des mémoires complémentaires produits le 12 juin 2023 puis, après l'audience, le 13 juin 2023, M. B A, représenté par Me Boulisset, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté, en date du 3 avril 2023, par lequel le maire de Messey-sur-Grosne a retiré le permis de construire qui lui avait été tacitement délivré le 8 janvier 2023 en vue de la transformation en maison d'habitation d'une grange sise rue de l'Abergement ;
2°) d'enjoindre au maire de Messey-sur-Grosne de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite, dans les quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de condamner la commune de Messey-sur-Grosne à lui verser la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision en litige compromet son projet familial et l'expose à un préjudice financier, des sommes importantes ayant déjà été investies et un emprunt ayant été souscrit ; en outre, cette décision menace l'immeuble litigieux, que les travaux projetés doivent conforter ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ; en effet :
•un permis de construire ne peut légalement être retiré au motif que la demande de permis aurait dû faire l'objet d'un sursis à statuer ;
•un tel sursis ne peut être décidé lorsque le plan local d'urbanisme a été approuvé, ce qui est le cas en l'espèce ;
•la commune ne se prévaut pas utilement de la décision portant sursis à statuer, qui ne lui a pas été notifié, ce d'autant que, dans sa demande de permis, il n'avait pas accepté les notifications par voie électronique ;
•le projet, d'ampleur modeste, n'est pas de nature à compromettre, au sens de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, l'exécution du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Sud Côte chalonnaise ;
•ce dernier est entaché d'illégalité, d'une part, en ce qu'il classe en zone agricole le terrain d'assiette du projet, sis dans un secteur urbanisé et qui ne répond pas aux critères de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme, d'autre part, à tout le moins, en ce qu'il n'identifie pas le bâtiment litigieux comme susceptible de faire l'objet d'un changement de destination, sans que soient utilement opposées, sur ce point, les dispositions de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime ;
•l'arrêté attaqué procède d'un détournement de pouvoir, le maire de la commune de Messey-sur-Grosne ayant manifesté l'intention d'acquérir le bien.
Par des mémoires en défense enregistrés les 12 et 13 juin 2023 puis, après l'audience, le 14 juin 2023, la commune de Messey-sur-Grosne, représentée par Me de Chazeaux, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. A à lui verser la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les circonstances invoquées par M. A ne sont pas de nature à caractériser l'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ce d'autant que le requérant conserve la faculté de solliciter un permis cette fois conforme aux dispositions du plan local d'urbanisme ; en outre, la situation financière dans laquelle il se trouve résulte de son imprudence, le certificat d'urbanisme délivré en juin 2022 mentionnant qu'un sursis à statuer pourrait être opposé ; il est fallacieusement argué d'un risque pour l'immeuble ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ; en effet :
•le permis de construire a été illégalement accordé alors qu'il avait été sursis à statuer sur la demande de M. A par un arrêté du 3 janvier 2023 porté à sa connaissance le surlendemain et devenu définitif ;
•le projet, qui ne saurait être regardé comme modeste, est de nature à compromettre l'exécution du plan local d'urbanisme intercommunal ;
•le classement du terrain en zone agricole ne méconnaît pas l'article L. 151-22 du code de l'urbanisme et est cohérent avec le parti d'aménagement retenu, les auteurs du plan n'étant pas liés, au demeurant, par les modalités d'utilisation des sols existantes ;
•le fait que la construction existante n'ait pas été identifiée comme étant au nombre de celles qui peuvent faire l'objet d'un changement de destination est justifié par la proximité d'un élevage bovin, impliquant l'application de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime ;
•l'arrêté attaqué n'est pas entaché de détournement de pouvoir ou de procédure.
II. - Par une requête enregistrée le 31 mai 2023 sous le n° 2301515 et des mémoires complémentaires produits le 12 juin 2023 puis, après l'audience, le 13 juin 2023, M. B A, représenté par Me Boulisset, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté, en date du 4 avril 2023, par lequel le maire de Messey-sur-Grosne a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de la transformation en maison d'habitation d'une grange sise rue de l'Abergement ;
2°) d'enjoindre au maire de Messey-sur-Grosne de lui délivrer le permis de construire demandé, dans les quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de condamner la commune de Messey-sur-Grosne à lui verser la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision en litige compromet son projet familial et l'expose à un préjudice financier, des sommes importantes ayant déjà été investies et un emprunt ayant été souscrit ; en outre, cette décision menace l'immeuble litigieux, que les travaux projetés doivent conforter ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ; en effet :
•l'arrêté attaqué, en cas d'annulation de la décision du 3 avril 2023 portant retrait du permis tacitement accordé le 8 janvier 2023, aurait lui-même pour effet de retirer ce permis, de sorte que, faute d'avoir donné lieu à une procédure contradictoire préalable, comme l'impose l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, il est entaché d'irrégularité ;
•en tout état de cause, pris après l'expiration du délai d'instruction, il est lié à celui du 3 avril et est tout aussi illégal que lui ;
•la commune ne se prévaut pas utilement de la décision portant sursis à statuer, qui ne lui a pas été notifié, ce d'autant que, dans sa demande de permis, il n'avait pas accepté les notifications par voie électronique ;
•le plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Sud Côte chalonnaise est entaché d'illégalité, d'une part, en ce qu'il classe en zone agricole le terrain d'assiette du projet, sis dans un secteur urbanisé et qui ne répond pas aux critères de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme, d'autre part, à tout le moins, en ce qu'il n'identifie pas le bâtiment litigieux comme susceptible de faire l'objet d'un changement de destination, sans que soient utilement opposées, sur ce point, les dispositions de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime ;
•l'arrêté attaqué procède d'un détournement de pouvoir, le maire de la commune de Messey-sur-Grosne ayant manifesté l'intention d'acquérir le bien.
Par des mémoires en défense enregistrés les 12 et 13 juin 2023 puis, après l'audience, le 14 juin 2023, la commune de Messey-sur-Grosne, représentée par Me de Chazeaux, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. A à lui verser la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les circonstances invoquées par M. A ne sont pas de nature à caractériser l'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ce d'autant que le requérant conserve la faculté de solliciter un permis cette fois conforme aux dispositions du plan local d'urbanisme ; en outre, la situation financière dans laquelle il se trouve résulte de son imprudence, le certificat d'urbanisme délivré en juin 2022 mentionnant qu'un sursis à statuer pourrait être opposé ; il est fallacieusement argué d'un risque pour l'immeuble ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ; en effet :
•l'arrêté du 3 avril 2023 portant retrait du permis tacite intervenu le 8 janvier 2023 n'est entaché d'aucune illégalité ; en tout état de cause, à suivre la logique du requérant, il s'en déduirait que l'arrêté attaqué n'est que l'accessoire de celui du 3 avril 2023, de sorte que la procédure contradictoire préalable menée pour celui-ci vaudrait pour celui-là ;
•aucun permis de construire tacite n'a pu intervenir dès lors que, par un arrêté du 3 janvier 2023, porté à la connaissance de M. A le surlendemain et devenu définitif, il avait été sursis à statuer sur sa demande ;
•le classement du terrain en zone agricole ne méconnaît pas l'article L. 151-22 du code de l'urbanisme et est cohérent avec le parti d'aménagement retenu, les auteurs du plan n'étant pas liés, au demeurant, par les modalités d'utilisation des sols existantes ;
•le fait que la construction existante n'ait pas été identifiée comme étant au nombre de celles qui peuvent faire l'objet d'un changement de destination est justifié par la proximité d'un élevage bovin, impliquant l'application de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime ;
•l'arrêté attaqué n'est pas entaché de détournement de pouvoir ou de procédure.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- les requêtes au fond n° 2301511 et 2301516, enregistrées le 31 mai 2023.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lelong, greffière d'audience :
- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;
- les observations de Me Boulisset, pour M. A, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans ses écritures ;
- les observations de Me de Chazeaux, pour la commune de Messey-sur-Grosne, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans ses écritures ;
Il a été décidé, à l'issue de l'audience, de différer la clôture de l'instruction, dans les deux affaires, jusqu'au 14 juin 2023 à 12 heures, et une ordonnance a été prise en ce sens sur le fondement de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a fait l'acquisition d'un bâtiment à usage d'habitation et de grange, avec terrain attenant, sis rue de l'Abergement à Messey-sur-Grosne, avec pour projet d'étendre, par changement de destination, sa partie actuellement habitable, la surface de plancher étant ainsi portée de 45,70 mètres carrés à 201,90 mètres carrés. Il a déposé une demande de permis de construire en ce sens, dont le dossier a été complété, à la demande du service instructeur, le 8 novembre 2022. Le maire a pris, le 3 janvier 2023, un arrêté portant sursis à statuer sur cette demande, au motif que le projet était de nature à compromettre l'exécution du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de commune Sud Côte chalonnaise, alors approuvé mais dont la prise d'effet avait été différée au 13 février 2023. Concédant néanmoins l'intervention, le 8 janvier 2023, d'un permis de construire tacite, le maire de Messey-sur-Grosne en a décidé le retrait par arrêté du 3 avril 2023. Puis, le lendemain, il a pris un nouvel arrêté refusant la délivrance du permis de construire sollicité par M. A. Ce dernier demande au juge des référés, par les requêtes n° 2301512 et 2301515 visées ci-dessus, d'ordonner la suspension de l'exécution de ces deux derniers arrêtés.
2. Les requêtes n° 2301512 et 2301515 sont relatives au même projet immobilier, présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, en conséquence, de les joindre afin qu'il y soit statué par une seule ordonnance.
Sur les demandes de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article R. 522-1 du même code dispose, en son premier alinéa : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
4. En premier lieu, sans en tirer elle-même de claires conséquences quant à la portée des actes en litige et quant à la recevabilité des conclusions dirigées contre eux, la commune de Messey-sur-Grosne entend se prévaloir de l'arrêté de son maire du 3 janvier 2023 portant sursis à statuer sur la demande de permis de construire de M. A. Si la notification régulière d'un tel arrêté avant l'expiration du délai d'instruction de la demande de permis, tel qu'il est déterminé par les articles R. 423-23 et suivants de l'urbanisme, fait nécessairement échec à l'intervention, au terme de ce délai, d'un permis de construire tacite, il ressort en l'espèce des pièces du dossier que l'arrêté du 3 janvier 2023 a été simplement envoyé par courriel du surlendemain à M. A. En admettant même que l'intéressé en ait pris connaissance avant l'expiration, le 8 janvier 2023, du délai d'instruction de sa demande, cette transmission, en tout état de cause, ne répond pas à l'exigence d'une notification par lettre recommandée, fixée par l'article R. 424-10 du code de l'urbanisme. Ainsi, l'existence même du permis tacitement accordé le 8 janvier 2023 ne saurait être remise en cause. Il s'ensuit que l'arrêté attaqué du 3 avril 2023, qui en opère le retrait, a bien le caractère d'un acte faisant grief.
5. En deuxième lieu, il résulte des dispositions citées au point 2 que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A et sa compagne, qui comptent faire de la construction litigieuse leur résidence principale, ont souscrit un prêt immobilier sur 17 ans, avec une échéance de remboursement mensuel de 627 euros, afin d'en faire l'acquisition, laquelle ne présente pour eux un intérêt que s'ils sont en mesure d'y étendre la surface à usage d'habitation, actuellement limitée à environ 45 mètres carrés. Ils ont en outre engagé des dépenses non négligeables en vue de la réalisation de leur projet. Par ailleurs, M. A verse aux débats un rapport technique décrivant les désordres et déformations dont le gros-œuvre de la bâtisse est atteint, du fait notamment de l'absence d'harpage et du mauvais état de sa couverture, et concluant à la nécessité de réaliser les travaux prévus au projet afin de le consolider. La sincérité et la validité des conclusions de ce document n'ont pas à être remises en cause du seul fait qu'il émane de l'architecte qui a par ailleurs établi le projet architectural. Dans ces conditions, et quand bien même le requérant avait été avisé, par un certificat d'urbanisme délivré en juin 2022, du risque de se voir opposer un sursis à statuer du fait de la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
7. En troisième lieu, M. A soutient, dans l'instance 2301512 visant l'arrêté du maire de Messey-sur-Grosne du 3 avril 2023, que son projet n'est pas de nature à compromettre l'exécution du plan local d'urbanisme intercommunal, de sorte que, contrairement à ce qu'indique cet arrêté, le permis de construire tacite intervenu le 8 janvier 2023 n'était pas entaché de l'illégalité relevée, tenant à ce que la demande aurait dû faire l'objet d'un sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme. Ce moyen, compte tenu des termes de l'article L. 424-5 du même code, qui subordonne le retrait du permis de construire au constat de son illégalité, apparaît, en l'état de l'instruction, propre à susciter un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 3 avril 2023 portant retrait du permis tacite dont M. A était titulaire. Par voie de conséquence, se révèle de même propre à faire naître un tel doute, dans l'instance n° 2301515, le moyen tiré du défaut de base légale de l'arrêté du maire de Messey-sur-Grosne du 4 avril 2023, le refus de permis de construire opposé après l'expiration du délai d'instruction et la naissance du permis tacite procédant nécessairement du retrait de celui-ci.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués par M. A n'est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité des deux arrêtés en litige.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander la suspension de l'exécution des arrêtés du maire de Messey-sur-Grosne des 3 et 4 avril 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. La suspension de l'arrêté du 3 avril 2023 portant retrait du permis de construire tacitement accordé le 8 janvier 2023 a pour effet de remettre ce dernier en vigueur et implique dès lors nécessairement que le maire de Messey-sur-Grosne délivre à M. A, à titre provisoire, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours au fond n° 2301511, le certificat prévu par l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme. Il y a lieu d'adresser au maire de Messey-sur-Grosne une injonction en ce sens et de lui impartir à cet effet un délai de quinze jours. Il n'apparaît pas nécessaire, en revanche, d'assortir cette mesure d'exécution d'une astreinte.
11. Le permis de construire tacite étant, ainsi qu'il vient d'être dit, remis en vigueur par la suspension l'arrêté du 3 avril 2023, celle de l'arrêté du lendemain portant refus de permis n'implique pas la délivrance, dès lors inutile, d'un permis de construire provisoire. Les conclusions en ce sens présentées dans l'instance n° 2301515 doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. A tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La demande présentée sur le même fondement par la commune de Messey-sur-Grosne, partie perdante, ne peuvent quant à elles qu'être également rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution des arrêtés du maire de Messey-sur-Grosne des 3 et 4 avril 2022 portant respectivement retrait du permis de construire tacitement accordé à M. A le 8 janvier 2023 et refus de permis de construire est suspendue.
Article 2 : Il est fait injonction au maire de Messey-sur-Grosne de délivrer à M. A, suivant les prévisions de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme et dans les quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, un certificat constatant l'existence du permis de construire tacite intervenu le 8 janvier 2023.
Article 3 : Le surplus des requêtes nos 2301512 et 2301515 est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Messey-sur-Grosne tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune de Messey-sur-Grosne.
Fait à Dijon, le 15 juin 2023.
Le président du tribunal,
juge des référés,
D. ZUPAN
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Nos 2301512-2301515
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026