mercredi 21 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301553 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | NERAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Neraud, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision, en date du 15 mars 2023, par laquelle le directeur départemental de la sécurité publique de la Côte-d'Or l'a placée sous le régime de l'autorisation spéciale d'absence et de la décision, en date du 28 mars 2023, par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux et refusé sa réintégration effective dans le service ;
2°) de faire injonction au ministre de l'intérieur et des outre-mer de la réintégrer dans les quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que les décisions attaquées la privent d'une partie substantielle de ses revenus, alors qu'elle doit faire face à des charges familiales importantes, et ont de graves répercussions psychologiques ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de ces décisions, lesquelles :
•sont entachées d'un vice d'incompétence, sauf à justifier d'une délégation conférée à leur signataire ;
•ne sont aucunement motivées, alors qu'elles ont été prises contre sa volonté et en considération de sa personne ;
•sont entachées d'irrégularité et méconnaissent les droits de la défense, en l'absence de procédure contradictoire préalable ;
•sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
•sont entachées d'erreur de droit au regard des articles L. 622-1 à L. 622-7 du code de la fonction publique, qui énumère limitativement les cas dans lesquels un fonctionnaire peut bénéficier d'autorisations spéciales d'absence ;
•méconnaissent les articles L. 531-1 et L. 531-2 du même code régissant la suspension et le rétablissement dans ses fonctions du fonctionnaire suspendu ;
•procèdent d'un détournement de pouvoir ou de procédure en ce qu'elles visent à poursuivre la suspension au-delà de sa durée maximale.
La requête a été communiquée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2300921, enregistrée le 6 avril 2023.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lelong, greffière d'audience,
- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;
- les observations de Me Neraud, pour Mme B, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans le mémoire introductif d'instance.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, capitaine de police affectée à la tête de l'unité d'atteinte aux biens de la direction départementale de la sécurité publique de la Côte-d'Or, a été suspendue de ses fonctions par un arrêté du ministre de l'intérieur et des outre-mer notifié le 16 novembre 2022. A l'approche du terme de la durée maximale de quatre mois de cette suspension, aucune procédure pénale n'ayant été diligentée contre elle, elle a sollicité sa reprise de fonctions. Par courriel du 15 mars 2023, le directeur départemental de la sécurité publique de la Côte-d'Or lui a signifié qu'elle serait ultérieurement affectée sur un nouveau poste et que, dans l'attente, elle était " placée en autorisation spéciale d'absence ". Mme B a contesté cette mesure et a reçu en réponse, le 28 mars 2023, un nouveau courriel de la même autorité lui confirmant qu'elle était placée sous le régime de l'autorisation spéciale d'absence et qu'il " n'est pas question de revenir au service cette semaine ". Mme B demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution des décisions contenues dans ces courriels.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article R. 522-1 du même code dispose, en son premier alinéa : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
4. Si les décisions attaquées maintiennent à Mme B le bénéfice de son traitement indiciaire, elles la privent cependant des compléments de rémunération liés à l'exercice effectif de ses fonctions et, ainsi, d'une part non négligeable des ressources de son foyer. En outre, alors que, ainsi qu'il n'est pas démenti par l'administration, sa suspension ne s'est accompagnée d'aucune procédure disciplinaire, elle demeure éloignée du service et de l'exercice des fonctions et prérogatives afférentes à son grade, cela pour une durée indéterminée et sous le régime de l'autorisation spéciale d'absence, lequel ne peut légalement résulter que d'une demande de l'agent et dont elle n'a pourtant jamais sollicité le bénéfice. Dans ces circonstances, compte tenu de l'atteinte portée aux droits et prérogatives statutaires de l'agent, et alors que le ministre de l'intérieur et de l'outre-mer, qui n'a pas défendu, n'oppose aucun intérêt public s'attachant au maintien des décisions contestées, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
5. En second lieu, les moyens tirés de la violation des articles L. 622-1 et suivants du code général de la fonction publique et du détournement de procédure se révèlent, en l'état de l'instruction, propres à susciter un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander la suspension de l'exécution des décisions contenues dans les courriels du directeur départemental de la sécurité publique de la Côte-d'Or des 15 et 28 mars 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. La présente ordonnance implique nécessairement, à titre provisoire dans l'attente du jugement à rendre sur le fond, que le ministre de l'intérieur assure à Mme B la reprise effective de fonctions en rapport avec son grade au sein de la direction départementale de la sécurité publique de la Côte-d'Or. Il y a lieu de lui adresser une injonction en ce sens et de lui impartir un délai de quinze jours pour y satisfaire. Il n'y a pas lieu en revanche d'assortir cette mesure d'exécution d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le paiement à Mme B de la somme de 1 300 euros en remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution des décisions contenues dans les courriels du directeur départemental de la sécurité publique de la Côte-d'Or des 15 et 28 mars 2023, plaçant Mme B sous le régime de l'autorisation spéciale d'absence et lui interdisant de reprendre le service est suspendue.
Article 2 : Il est fait injonction au ministre de l'intérieur et des outre-mer de permettre à Mme B, à titre provisoire dans l'attente du jugement au fond, de reprendre de manière effective des fonctions en rapport avec son grade au sein de la direction départementale de la sécurité publique de la Côte-d'Or, cela dans les quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 300 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Dijon, le 21 juin 2023.
Le président du tribunal,
juge des référés,
D. ZUPAN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026