jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301652 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | WEIGEL GRÉGOIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2023 et un mémoire enregistré le 6 juillet 2023,
Mme C A, représentée par Me Weigel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Villeperrot du 13 avril 2023, portant opposition à une déclaration préalable de travaux relative à la réfection de la toiture d'un garage ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villeperrot la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-l'arrêté attaqué ne respecte pas l'obligation de motivation prescrite à l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;
-la décision d'opposition attaquée devait lui être notifiée au plus tard, le 10 avril 2023 et non pas le 13 avril suivant ;
- l'arrêté est entaché d'erreur d'appréciation et d'erreur de droit dès lors que la commune a cru qu'elle pouvait proroger d'un mois le délai d'instruction de la déclaration de travaux au motif que l'immeuble se trouvait dans le périmètre d'un monument historique alors même que l'avis de l'architecte des Bâtiments de France n'était pas requis ; conformément aux dispositions combinées des articles R. 423-23 et R. 424-1 du code de l'urbanisme, une décision implicite de non-opposition est née, au plus tard, le 17 mars 2023 ;
- l'arrêté attaqué vaut retrait d'une décision tacite de non opposition, intervenue sans respect de l'article L .242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
-il est entaché d'erreur de fait, la demande portant sur la réfection du toit d'un garage et non pas du chalet d'habitation ;
- il est entaché d'erreur de droit dès lors que rien ne prouve que le chalet aurait été construit irrégulièrement, et que ce n'est pas parce que le chalet d'habitation aurait été construit sans permis de construire que l'irrégularité qui en résulte peut-être opposée à la demande concernant la réfection de la toiture du garage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2023, la commune de Villeperrot, représentée par son maire, demande au tribunal de rejeter la requête et de mettre à la charge de
Mme A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'arrêté attaqué a été retiré et remplacé par un arrêté du 3 juillet 2023 ayant le même objet ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé le 10 février 2023 une déclaration préalable pour la réfection de la toiture d'un garage, sur un terrain de la commune de Villeperrot où elle possède aussi un chalet. Une deuxième déclaration ayant le même objet a été déposée le 16 février 2023, à la demande de la commune. Il a été accusé réception de cette déclaration du 16 février 2023, puis, par courrier du
23 février 2023, le maire a informé Mme A que le délai d'instruction était majoré d'un mois, le terrain étant inclus dans le périmètre d'un monument protégé. Le 13 avril 2023, le maire de Villeperrot a notifié à Mme A une décision d'opposition à sa déclaration préalable.
Mme A a déposé une requête contre cette décision, et en cours d'instance, le maire de Villeperrot a, par arrêté du 3 juillet 2023, retiré cette décision pour la remplacer par une autre opposition à déclaration préalable.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 13 avril 2023 :
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet.
3. En l'espèce, l'arrêté du maire de Villeperrot du 13 avril 2023, portant opposition à une déclaration préalable de travaux déposée par Mme A a été retiré et remplacé par un arrêté du
3 juillet 2023 ayant le même objet. Ce retrait n'a pas été contesté et est ainsi devenu définitif. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 13 avril 2023 qui a perdu son objet et il y a lieu de regarder les conclusions et moyens de la requérante comme étant dirigés contre la décision du 3 juillet 2023.
Sur la légalité de l'arrêté du 3 juillet 2023
4. En premier lieu, l'arrêté du 3 juillet 2023 vise le code de l'urbanisme et le plan de prévention des risques naturels prévisibles de Villeperrot, ainsi que les avis émis sur le projet ; il mentionne que la demande de déclaration préalable concerne la réfection de la toiture du garage et ajoute qu'aucune demande d'autorisation n'a été déposée pour la construction dudit garage, et poursuit en indiquant que " les travaux d'entretien () notamment la réfection des toitures des constructions illégalement édifiées ne sont pas autorisées ". Cet arrêté est ainsi suffisamment motivé.
5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 423-17 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R*421-14 à *R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : a) Les travaux ayant pour effet de modifier l'aspect extérieur d'un bâtiment existant, à l'exception des travaux de ravalement ;() ". Aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " " Le délai d'instruction de droit commun est de : Un mois pour les déclarations préalables ; () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article R. 423-1 du même code : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés. ". Aux termes de l'article R. 423-3 du même code : " Le maire affecte un numéro d'enregistrement à la demande ou à la déclaration et en délivre récépissé dans des conditions prévues par arrêté du ministre chargé de l'urbanisme ". Aux termes de l'article
R. 423-19 : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. ". Enfin, aux termes de l'article A. 431-1 du même code , alors applicable : " La déclaration préalable portant sur un projet de construction prévue aux articles R. 421-9 à R. 421-12 et R. 421-17, R. 421-17-1 est établie conformément au formulaire enregistré par le secrétariat général pour la modernisation de l'action publique sous le numéro Cerfa 13404./Lorsque les travaux portent sur une maison individuelle ou ses annexes, la déclaration préalable peut être établie conformément au formulaire enregistré par le secrétariat général pour la modernisation de l'action publique sous le numéro Cerfa 13703 ".
7. Il ressort en l'espèce des pièces du dossier que Mme A a déposé une première demande établie sur un imprimé Cerfa portant, selon les pages le n°13404 ou le n° 13703. Cet imprimé porte le cachet de la commune avec la date du 10 février 2023 et un numéro d'enregistrement qui est celui figurant sur la décision d'opposition à déclaration préalable. La commune produit en défense un autre imprimé Cerfa n° 13404, portant un cachet au 16 février 2023, et explique que c'est à sa demande que Mme A a déposé cette deuxième déclaration préalable, car elle n'avait pas utilisé le bon imprimé Cerfa. Pour autant, il ressort des pièces du dossier que l'imprimé Cerfa utilisé le 10 février 2023 porte un numéro conforme à ceux mentionnés à l'article
R. 423-19 du code de l'urbanisme, et il n'est pas allégué que des pièces ou des renseignements auraient été manquants lors du dépôt de cette déclaration. Si l'accusé de réception délivré à Mme A mentionne la date du 16 février 2023, la date à prendre en considération est celle du premier dépôt de sa demande complète, soit le 10 février 2023.
8. Enfin, aux termes de l'article R.423-24 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun prévu par l'article R. 423-23 est majoré d'un mois : () c) Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques ; () ". Aux termes de l'article R. 424-3 : " Par exception au b de l'article R*424-1, le défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction vaut décision implicite de rejet lorsque la décision est soumise à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France et que celui-ci a notifié, dans les délais mentionnés aux articles R. * 423-59 et R. * 423-67, un avis défavorable ou un avis favorable assorti de prescriptions ".
9. Il résulte de la combinaison des dispositions qui précèdent que Mme A était titulaire, au plus tard le 10 avril 2023, d'une décision tacite de non-opposition à sa déclaration préalable. Par conséquent, l'arrêté du 3 juillet 2023 vaut décision de retrait de cette décision tacite de non opposition.
10. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire () ".
11. L'arrêté du 3 juillet 2023 a bien été prononcé dans le délai de trois mois mentionné à l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, qui déroge sur ce point à l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration invoqué par la requérante. Mme A n'est par suite pas fondée à soutenir, en se prévalant de ces seules dispositions, que cette décision de retrait est entachée d'un vice de procédure.
12. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4., l'arrêté mentionne que la demande de déclaration préalable concerne la réfection de la toiture du garage et non celle du chalet. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit par suite être écarté, de même que le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise la commune de Villeperrot pour avoir considéré qu'aucune demande d'autorisation n'a été déposée pour la construction dudit chalet, alors que ce motif de refus mentionne explicitement le garage.
13. Pour le reste, Mme A ne conteste pas que le garage présent sur sa parcelle a été irrégulièrement édifié, et ne conteste pas davantage le motif du refus tiré de ce que les travaux de réfection des toitures des constructions illégalement édifiées ne sont pas autorisées.
14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 3 juillet 2023 faisant opposition à sa déclaration préalable.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Villeperrot, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à Mme A d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de
Mme A la somme que demande la commune de Villeperrot au titre des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 13 avril 2023.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Villeperrot au titre des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, et à la commune de Villeperrot
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Céline Frey, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026