mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301745 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juin et 13 septembre 2023, M. A B, désormais représenté par la société civile professionnelle Clémang, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 avril 2023, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a décidé de procéder au classement sans suite de sa demande d'acquisition de la nationalité française, ensemble la décision du 8 juin 2023 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de statuer sur sa demande de naturalisation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il a transmis, par un courriel du 31 décembre 2022, tous les documents qui lui ont été réclamés par la mise en demeure du 20 décembre 2022 et qu'il a renvoyé les mêmes pièces, par prudence, par un second courriel du 5 janvier 2023 ;
- la décision est entachée d'un détournement de procédure.
La requête a été communiquée le 21 juin 2023 au préfet de la Côte-d'Or, qui n'a pas produit de mémoire en défense, malgré une mise en demeure, qui lui a été adressée le 25 septembre 2023.
Par une ordonnance du 2 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 décembre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 98-170 du 16 mars 1998 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hugez,
- et les observations de Me Clémang, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant ivoirien, née le 12 novembre 1988 à Koumassi en Côte-d'Ivoire, a formé le 8 juin 2022, auprès de la plateforme interdépartementale de la naturalisation de la préfecture de la Côte-d'Or une demande de naturalisation, dont il a été délivré récépissé le 20 décembre 2022. Par lettre recommandée du même jour, constituant mise en demeure, ce service de la préfecture de la Côte-d'Or lui a demandé de compléter son dossier en produisant huit documents, qu'il énumérait, avant le 3 janvier 2023. Par une seconde lettre du même jour, ce même service a demandé à M. B de bien vouloir lui faire connaître ses observations sur quatre procédures judiciaires engagées à son encontre entre 2013 et 2018, dans un délai d'un mois. Par une décision du 24 avril 2023, le préfet de la Côte-d'Or a décidé de procéder au classement sans suite de son dossier de demande d'acquisition de la nationalité française au motif de l'absence de production, à cette date, de l'ensemble des documents et observations demandés. Par un courriel du 8 juin 2023, le préfet de la Côte-d'Or a rejeté pour le même motif le recours gracieux non daté de l'intéressé. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 24 avril 2023 et la décision explicite de rejet de son recours gracieux.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ". En vertu de ces dispositions, d'une part, une mise en demeure peut être adressée à la partie appelée à produire un mémoire dans le cadre de l'instruction qui n'a pas respecté le délai qui lui a été imparti à cet effet et, d'autre part, si malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les écritures du requérant. Néanmoins, cette circonstance ne dispense pas le tribunal, d'une part, de vérifier que les faits allégués par le requérant ne sont pas contredits par les pièces versées au dossier, d'autre part, de se prononcer sur les moyens de droit qu'il invoque.
3. En l'espèce, le préfet de la Côte-d'Or a été mis en demeure de produire ses observations le 25 septembre 2023. Cette mise en demeure est restée sans effet. Dans ces conditions, cette autorité administrative est réputée, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6, avoir admis l'exactitude matérielle des faits allégués par M. B et non contredits par les pièces du dossier.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait : " L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ".
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a été destinataire le mardi 20 décembre 2022 de deux lettres. La première de ces lettres constituant mise en demeure lui demandait de produire avant le 3 janvier 2023, par voie postale ou par courriel, l'acte de naissance de son fils, copie de son " nouveau " récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, une attestation d'inscription en crèche, une attestation récente de la caisse d'allocations familiales, la copie des avis d'imposition des revenus des années 2019 et 2020 de sa concubine, la copie des trois derniers bulletins de salaire de sa concubine, sa quittance de loyer du mois de septembre 2022 et un justificatif de domicile récent. La seconde lettre lui demandait de produire, dans un délai d'un mois, ses observations sur quatre procédures dont il a fait l'objet, dont trois constitutives d'infractions routières et la quatrième d'une infraction à la législation sur les stupéfiants. M. B produit dans la présente instance la copie d'un courriel, adressé par sa concubine, en date du 31 décembre 2022, à 12 heures 44 minutes, revêtu de son nom, de celui de sa concubine et de son numéro d'identification au sein de la plateforme interdépartementale de la naturalisation, dont la préfecture de la Côte-d'Or a accusé réception le même jour à 13 heures 15 minutes, faisant apparaître seize pièces jointes, dont les titres correspondent aux pièces attendues. En outre, l'intéressé joint à sa requête la copie des pièces demandées par le préfet, qu'il soutient avoir jointes à son courriel. Le préfet, qui a acquiescé aux faits, ne conteste pas avoir reçu l'ensemble des pièces demandées. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le motif de la décision attaquée du 24 avril 2023, tiré du défaut de production, à la date de cette décision, de l'ensemble des documents sollicités du requérant le 20 décembre 2022, est entaché d'une erreur de fait. Dès lors, tant cette décision que la décision de rejet de son recours gracieux doivent être annulées.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 24 avril 2023, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a procédé au classement sans suite de son dossier de demande d'acquisition de la nationalité française et de la décision par laquelle ce préfet a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Les motifs du présent jugement impliquent seulement qu'il soit enjoint au préfet de la Côte-d'Or de reprendre l'examen de la demande de naturalisation de M. B, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 24 avril 2023, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a procédé au classement sans suite du dossier de demande d'acquisition de la nationalité française de M. B est annulée.
Article 2 : La décision du 8 juin 2023, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a rejeté le recours gracieux de M. B est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Côte-d'Or de reprendre, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, l'instruction du dossier de demande d'acquisition de la nationalité française de M. B.
Article 4 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026