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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2301789

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2301789

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2301789
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLOUIS JOANES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juin 2023, M. A C et Mme B E représentés par Me Louis demandent au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1) de suspendre la décision du 14 juin 2023 du commandant du lycée militaire d'Autun prononçant l'exclusion définitive de leur fille D pour l'année scolaire 2023-2024 ;

2) en cas de non-exécution de l'ordonnance à venir dans les quinze jours suivant sa notification, condamner le ministère des armées à une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence telle qu'elle résulte de l'arrêt du Conseil d'Etat du 19 janvier 2001 Confédération nationale des radios libres est remplie ; la décision d'exclusion en litige cause un préjudice suffisamment grave et immédiat à D dans la mesure où il est impossible de trouver un établissement scolaire remplissant les critères lui permettant de poursuivre sa scolarité à la rentrée scolaire 2023-2024 et qu'il existe de fortes chances pour qu'elle soit alors déscolarisée ; la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public dès lors que le conseil de discipline du lycée militaire d'Autun était seul compétent pour prononcer son exclusion ;

- la décision d'exclusion en litige porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'éducation de D garanti par la convention internationale relative aux droits de l'enfant, le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 et le code de l'éducation, au droit d'accès à un avocat, au droit de saisir la justice pour faire cesser une infraction pénale garanti par l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et au droit de la défense d'une enfant mineure garanti par l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- la décision d'exclusion en litige est illégale dès lors qu'il n'est fait état d'aucune violation du règlement intérieur du lycée militaire d'Autun ou de l'arrêté du 22 août 2019 régissant le fonctionnement des lycées militaires.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 14 juin 2023, le commandant du lycée militaire d'Autun a informé M. C et Mme E que leur fille D, actuellement scolarisée en classe de seconde au sein de l'établissement, ne serait pas autorisée à y poursuivre sa scolarité au cours de l'année scolaire 2023-2024. Par la présente requête M. C et Mme E demandent au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une

demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures

nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit

public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans

l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

4. En l'espèce, les requérants soutiennent que la condition d'urgence telle qu'elle résulte de l'arrêt du Conseil d'Etat du 19 janvier 2001 Confédération nationale des radios libres est remplie dès lors que la décision d'exclusion en litige cause un préjudice suffisamment grave et immédiat à D qui, faute de trouver un établissement susceptible de l'accueillir à la rentrée scolaire 2023-2024 sera déscolarisée et préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public dès lors que le conseil de discipline du lycée militaire d'Autun était seul compétent pour prononcer son exclusion. Toutefois, les requérants ne justifient par aucune des pièces qu'ils produisent que D serait exposée à un risque sérieux de ne pas être scolarisée au cours de l'année 2023-2024 alors que la rentrée scolaire interviendra dans plus de deux mois et qu'il ressort des termes mêmes de la requête que le recteur de l'académie de Dijon a proposé à M. C de l'accompagner pour trouver un autre établissement dans l'hypothèse où sa fille déciderait de ne pas poursuivre sa scolarité au lycée militaire d'Autun. Par ailleurs, la circonstance alléguée que la décision contestée aurait été prise, en méconnaissance de l'article 15-5 de l'arrêté du 22 août 2019 régissant le fonctionnement des lycées militaires, sans que D ait été préalablement entendue par le conseil de discipline ne saurait, en tout état de cause, caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Dans ces conditions, M. C et de Mme E, ne justifient pas d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C et de Mme E est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à Mme B E.

Fait à Dijon, le 27 juin 2023.

Le juge des référés,

O. Rousset

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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