jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ROTHDIENER GAËTAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juillet 2023, Mme D B, représentée par Me Rothdiener, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 juin 2023 par laquelle la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir à son profit, et de manière rétroactive, les conditions matérielles d'accueil pour demandeurs d'asile sous astreinte de 150 euros par jour de retard, dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- en mettant fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour demandeurs d'asile au motif qu'elle se trouvait en fuite, l'administration a entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
L'OFII a produit un mémoire enregistré le 10 janvier 2025, après clôture de l'instruction fixée au 18 décembre 2024.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du
2 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
A été seulement entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Laurent, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante biélorusse, a présenté, le 23 novembre 2022, une demande d'asile qui a été regardée comme relevant de la responsabilité des autorités espagnoles. Par arrêté du 23 janvier 2023, le préfet du Doubs a prononcé son transfert en Espagne et, par un arrêté du même jour, l'a assignée à résidence. Par une décision du 14 juin 2023, la directrice territoriale de Dijon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait depuis le 23 novembre 2022. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors en vigueur : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'OFII a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil au profit de Mme B, au motif que l'intéressée a refusé, le 31 mai 2023, de suivre les gendarmes en vue de son transfert à destination de l'Espagne. Il est toutefois établi par les pièces versées à l'instance que la fille de Mme B, âgée de 4 ans, était alors en crise allergique se manifestant par un œdème au visage et nécessitant des soins pendant plusieurs jours ; en outre, Mme B a indiqué que son fils n'était pas au domicile familial mais en route pour le lycée et qu'elle ne pouvait dès lors, dans une telle situation, suivre les forces de l'ordre. Il n'est pas contesté qu'elle a, par la suite, continué à respecter les modalités de contrôle dont son assignation à résidence était assortie, jusqu'à ce que les forces de l'ordre lui indiquent qu'elle n'était plus astreinte à une obligation de pointage. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce, et eu égard en particulier à la nécessité de poursuivre les soins dispensés à sa fille, Mme B est fondée à soutenir que la décision du 14 juin 2023 est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 551-16 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés,
Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision de l'OFII du 14 juin 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5.D'une part, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'OFII rétablisse Mme B dans l'intégralité de ses droits aux conditions matérielles d'accueil à compter du 14 juin 2023, et ce jusqu'à la date à laquelle elle a cessé de remplir les conditions pour en bénéficier. Il y a ainsi lieu d'enjoindre à l'OFII de procéder à un tel rétablissement, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6.Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme B tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision de l'OFII du 14 juin 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'OFII de rétablir Mme B dans l'intégralité de ses droits aux conditions matérielles d'accueil à compter du 14 juin 2023, et ce jusqu'à la date à laquelle elle a cessé de remplir les conditions pour en bénéficier, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à l'Office français de l'immigration de l'intégration et à Me Rothdiener.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Céline Frey, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La rapporteure,
M-E Laurent
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026